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Par Thierry Bisaga
En ce début d'année, les épargnants sont tentés d'attendre une meilleure visibilité, mais les conseillers suggèrent de se positionner, dans la perspective de jours meilleurs.
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Depuis quelques mois, les Français opèrent un véritable détournement de fonds ! La principale victime en est l'épargne de long terme. En effet, les professionnels de l'épargne et du patrimoine, banquiers et conseillers financiers, enregistrent des décollectes sur tous les fronts, notamment sur l'assurance-vie et les fonds d'investissement.
Même les livrets, pourtant historiquement très prisés des Français, font les frais d'une crise de confiance et enregistrent une baisse de la collecte.
Pourquoi une telle désaffectation sur les produits d'investissement et de placement traditionnels ? Les conseillers en gestion de patrimoine (CGP) estiment que ce mouvement est le résultat de plusieurs grandes tendances.
La principale cause de ce détournement est l'aversion au risque grandissante des investisseurs. De la décennie perdue dénoncée par les investisseurs en actions, aux dangers qui continuent de peser sur les emprunts d'État, les Français ne savent plus à quel saint se vouer et privilégient donc l'épargne de précaution.
La crise de confiance à l'égard des banques incite même de nombreuses personnes à conserver leurs économies bien au chaud dans leur bas de laine.
"Nous avons déjà connu cela en 2008 et 2009. Les clients indécis se contentent de conserver une partie de leurs économies sous le matelas", note un conseiller. Mais alors, comment expliquer que même les livrets, le livret A en tête, ne fassent plus recette ?
Les Français se désendettent
Il semble bien que les fêtes de fin d'année aient donné l'occasion de dépenser en partie l'argent qui n'a pas été investi. En effet, plutôt que d'épargner pour gagner peu, les ménages français ont décidé de mener à bien leurs projets et de réaliser enfin l'achat si souvent reporté.
Bref, alors que la morosité est de mise, les Français compensent en consommant, mais sans nécessairement s'endetter plus. Le montant global des crédits à la consommation accordés est d'ailleurs en baisse. Les conseillers en gestion de patrimoine observent même une nette tendance au désendettement.
L'heure est en effet au remboursement des dettes, au moins pour ceux qui en ont les moyens. Compte tenu de l'actualité forte sur l'endettement des États, et grâce aux effets de la loi Lagarde sur le crédit, les ménages français sont davantage conscients des dangers que fait peser sur la cellule familiale un recours trop important au crédit.
Dans ce contexte et au grand dam des conseillers en gestion de patrimoine, l'investissement à long terme, qui a tant déçu depuis dix ans, peine aujourd'hui à retrouver sa place dans les choix finaux d'allocation des clients.
Pourtant, la progression du début de l'année confirme que, aux niveaux actuels, les marchés boursiers ont, malgré le pessimisme ambiant, des ressources haussières. Les conseillers l'ont bien compris. Ils rappellent cependant qu'il ne faut pas "mettre tous ses oeufs dans le même panier" et orientent aujourd'hui leurs clients vers quatre grandes pistes d'investissement qui restent les piliers fondamentaux de l'épargne : l'assurance-vie, les livrets, l'immobilier et la Bourse par le biais du plan d'épargne en actions (PEA).
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Qautre pistes privilégiées par les conseillers
1 - L'assurance-vie, en perte de vitesse, reste incontournable
L'assurance-vie est le placement favori des Français et le restera durablement même si, comme le soulignait récemment dans nos colonnes le directeur exécutif de Suravenir, Bernard Le Bras, "les Français préfèrent aujourd'hui racheter partiellement leurs contrats d'assurance-vie que recourir au crédit à la consommation pour leurs besoins courants". Car, en période de crise, la liquidité prime.
Les incertitudes fin 2011 sur le respect des exigences réglementaires de solvabilité d'une grande société d'assurance ont pu par ailleurs susciter l'inquiétude des épargnants.
Mais les retraits effectués ne manifestent pas forcément un désamour pour le produit. "Certains rachats s'expliquent par des arbitrages opérés par des clients qui délaissent les contrats les plus coûteux en frais pour des contrats d'assurance-vie, tout aussi efficaces, mais bien moins onéreux", observe Yohan Boukobza, le fondateur du cabinet B&Z Associés, qui précise qu'il est ainsi possible de mieux diversifier ses avoirs tant du point de vue des actifs que de celui des contrats et des compagnies d'assurances.
L'assurance-vie reste donc le placement proposé en priorité par les conseillers, notamment pour ses atouts fiscaux et la diversité des supports d'investissement disponibles. Par ailleurs, au regard des modifications fiscales qui touchent les intérêts, priorité est donnée, dans le cadre de ces modifications, aux véhicules d'investissement qui permettent de capitaliser des plus-values sur la durée.
2 - Le livret au secours des épargnants en mal de repères
La baisse des indices boursiers au mois d'août dernier a bouleversé la donne pour les conseillers en gestion de patrimoine.
"Depuis l'été, le comportement des clients a effectivement changé. Ce fut probablement la baisse de trop. Ceux-ci sont devenus extrêmement frileux vis-à-vis du risque et beaucoup plus exigeants", observe ce conseiller parisien qui a par conséquent développé, au sein de son cabinet, une nouvelle activité de diversification.
Comme c'est le cas désormais chez la plupart de ses confrères depuis un an ou deux, des comptes sur livret sont proposés aux clients pour qui la liquidité et la sécurité priment sur le rendement.
Pourtant, les livrets ont globalement connu une fin d'année moins fructueuse que prévu. Comme le montrent les statistiques : les collectes mensuelles sur les livrets réglementés ont quasiment baissé de moitié entre l'été et l'automne.
Il faut dire que les versements de l'été avaient été impressionnants : pas moins de 6,2 milliards d'euros collectés au total en juillet, août et septembre, notamment du fait de la décollecte enregistrée en assurance-vie. Sur l'année, ce sont près de 20 milliards d'euros qui ont convergé sur ces comptes.
L'attrait des livrets pourrait se poursuivre d'autant que les taux de rendement vont prochainement progresser. Au 1er février, le taux du livret A est attendu en hausse. Il pourrait passer de 2,25 % à 2,5 %, voire à 2,75 %.
3 - L'immobilier : un marché à deux vitesses, toujours plébiscité
C'est bien connu, la résidence principale est le premier bien patrimonial des Français et l'immobilier s'impose à ceux-ci comme une valeur refuge. Il n'est dès lors pas surprenant que l'épargne s'oriente naturellement vers la pierre en période de crise.
Pour preuve, la production de crédits immobiliers est d'ailleurs en progression. "Non seulement, les rachats sur les contrats d'assurance-vie permettent, dans certains cas, de constituer un apport personnel, mais ils peuvent aussi financer l'intégralité d'une acquisition immobilière", a pu constater le conseiller en gestion de patrimoine Yohan Boukobza (B&Z Associés) en 2011.
Certes, globalement, les perspectives sur l'immobilier ne sont plus aussi positives que par le passé. Une baisse générale de l'ordre de 10 % n'est pas à exclure en 2012. Mais, comme le rappelle Hervé de la Tour d'Artaise, fondateur du cabinet A2PF, "l'emplacement fait tout" et le marché immobilier est désormais à deux vitesses. "Il y aura toujours de la demande pour les biens de qualité correctement situés", confirme le dirigeant de B&Z Associés qui souligne que, au cours des derniers mois, des appartements à Paris et à Boulogne (dispositif Scellier) ont été vendus au prix de 9.000 euros le mètre carré. "Ce qui est surprenant, c'est que ces lots n'ont fait l'objet d'aucune négociation", précise le conseiller qui mentionne également les nombreuses SCPI disponibles pour leur rendement, soit en direct, soit dans le cadre de l'assurance-vie.
4 - La Bourse, via un PEA, pour diversifier ses positions
"Au regard des niveaux de valorisation et dans une perspective de long terme, il est opportun aujourd'hui de penser à redynamiser son portefeuille en donnant un peu plus de poids aux actions", tel est le leitmotiv actuel des conseillers en gestion de patrimoine qui recommandent d'utiliser, lorsque c'est possible, l'enveloppe fiscale du plan d'épargne en actions (PEA).
Bien entendu, la part du portefeuille consacrée aux actions doit dépendre de l'horizon d'investissement choisi, mais, quoi qu'il en soit, "elle ne doit pas, pour le moment, excéder un quart de l'encours global du portefeuille du client", recommande de son côté Yohan Boukobza de B&Z Associés.
Quant aux pistes de diversification, telles que les marchés émergents, les mines d'or ou encore les matières premières, elles ne doivent pas être négligées. "On peut y allouer jusqu'à 5 % du portefeuille, estiment la plupart des conseillers. Ceux-ci sont également unanimes sur leur réticence à proposer à leurs clients des fonds structurés.
En cause, une trop faible lisibilité du fonctionnement de ces produits dont les clients ont de toute manière une perception défavorable après les mauvais résultats obtenus par la plupart d'entre eux.
"Leurs concepteurs ont donné l'impression de créer des machines qu'ils ont fini par ne plus contrôler dans la tourmente des marchés", souffle le dirigeant d'A2PF qui ajoute : "Le pire est probablement derrière nous."
alange a écrit le 08/01/2012 à 12:05 :
Trop tard ! Il faut bien considérer ne faire conscience qu'à soi-même, à condition d'être éclairé a minima évidemment. Les actions ? surtout ne pas les confier à quiconque mais spéculer soi-même si on en a envie. L'immobilier ? Investir en direct, c'est plus ardu mais au moins on a du réel à palper. L'assurance-vie ? Oui, bien sûr, toujours à retenir, mais à ne pas confier aux banques pures, elles vont se cacher ou ignorer elles-mêmes l'emploi des fonds. Que reste-t'il ? Toute la gamme des livrets et super-livrets, à fonds garantis, sans spéculation, disponibles, aisés à gérer soi-même, imposables pour partie, certes, mais le taux d'imposition étant faible, la pénalité est faible...Et quelle tranquillité d'être autonome, de ne pas discutailler avec un tiers, de ne pas écouter les sirènes de malheur, de gérer soi-même pour ne s'en prendre qu'à soi-même, de ne pas rendre compte, quel confort de vie...!
Bastien a écrit le 08/01/2012 à 11:11 :
J'aurais un conseiller patrimonial qui me proposerait ces produits, soit je le giflerais, soit je lui ferai cuire les pieds. Les quatre "placements" de l'article sont ceux qui seront directement impactés par toutes les décisions prises prochainement, sans même parler de la possibilité qu'ont les Etats de confisquer purement et simplement l'argent placé sur les assurance-vies en cas de nécessité. Des quatre, seul l'immobilier est le moins bête, à ces grandes nuances que les prix sont totalement déconnectés des valeur des biens et que l'imposition va exploser, bien au delà de 2012.
Jean a écrit le 07/01/2012 à 13:46 :
Il faut bien voir que tous ces "experts" et "conseillers en patrimoins" se sont montrés totalement incompétents, alors pourquoi leur confier notre argent ? L'an dernier, ils prévoyaien le CAC 40 à 4200 points fin 2011, et en réalité il a fini à 3200... quelle perspicatité !!! ET rappelons qu'ils ont été totalement incapables de voir venir la crise des subprimes. Incompétence totale.
minou a répondu le 07/01/2012 à 20:56:
Peut être que le cristal est moins pure qu'autrefois.
Bastien a répondu le 08/01/2012 à 11:12:
Ce sont des professionnels qui lisent l'avenir dans les entrailles de leurs clients.
lucide a écrit le 07/01/2012 à 11:02 :
les personnes âgées puisent dans l'assurance vie pour les donations et aussi pour compenser la baisse de leur revenu il n'y a pas de désaffection seulement une utilisation normale de l'assurance vie et l'impossibilité financière de remettre au pot LUCIDE
ptitpère a écrit le 07/01/2012 à 01:15 :
L'or.
Bastien a répondu le 08/01/2012 à 11:12:
Rien que l'or !
vallandar a répondu le 08/01/2012 à 18:42:
Or et Argent ( il y a un bon coup a jouer a mon avis avec l'argent). N'ecouter surtout pas les brokers payes a la commission. Acheter de l'or et de l'argent (physique pas GLD ni SLV) quand il y a des chutes garder le tout, puis investir dans l'immobilier apres quand cela aura baisser car ca va se prendre une belle gamelle. Le PEA c'est mort. Les Futures, quand on voit MF Global pas besoin d'en parler. Les livrets? c'est bien beau mais l'inflation annuelle est a combien deja?
Le financier a écrit le 06/01/2012 à 19:51 :
Le PEA est mort avec les pertes des derniers mois, les investisseurs ont été lessivés. Une lessiveuse ou un matelas aurait eu un meilleur rendement.
Bastien a répondu le 08/01/2012 à 11:14:
Souvenons-nous que c'était l'outil dénoncé par Juppé en 1995 comme permettant de s'enrichir en dormant. Pas de doute, nous avons des visionnaires !
Numi a écrit le 06/01/2012 à 16:19 :
Achetez intelligemment des monnaies anciennes de collection. J'ai revendu un écu aux 3 couronnes de Louis XV de 1715 frappé à La Rochelle, 35 000 euros en octobre en salle des vente. Je l'avais achété 19 000 en 2008.
Le Conseiller en Investissement Financier masqué a écrit le 06/01/2012 à 16:00 :
Les conseillers conseillent les produits financiers sur lesquels ils sont personnellement le plus rétrocédés en commissions. Ces commissions, c'est vous qui les payez. En clair : ils vous vendent n'importe quelle daube pourvu qu'elle leur rapporte, à eux. .
tpe a répondu le 06/01/2012 à 16:32:
Que nenni! Ce qui rapporte le plus ce sont les crédits...
oter votre masque a répondu le 07/01/2012 à 00:30:
le conseiller en investissement financier masqué est votre banquier. ...Ses clients s'envont car il leur a fait perdre beaucoup d'argent, deplus il a bien chargé ses clients en produits bidons maison chargé en frais ; Alors aujourd'hui les clients sont partis et il est amer!
Photo73 a répondu le 07/01/2012 à 11:06:
A ma banque en "dur", certains placements ont des frais d'entrée de 4% (+ frais annuels de gestion). Avec un taux brut espéré de 3% (pour l'exemple), il faut déjà attendre plus d'un an voire deux pour compenser la mise si on enlève les contributions CSG/autres .... En ligne, frais d'entrée 0%, mais frais annuels, il faut bien vivre.Qui gagne à tout coup même quand tout baisse ? Le banquier, c'est son métier.
Ahbon a répondu le 08/01/2012 à 00:00:
Achetez une voiture de collection en bon état, ou des pièces de collections comme dit Numi, ou un appart ou une maison de qualité , ou améliorez la votre en l'isolant ... cela rapportera toujours plus que des produits financiers foireux et en plus cela suivra probablement l'inflation au cas ou a force de faire tourner la planche à billet elle finisse par exploser ....
Robert Blanc a écrit le 06/01/2012 à 14:50 :
Vous oubliez les comptes de trading gérés. Ce sont des produits flexibles en terme de durée et très diversifiés. L?argent est sécurisé chez un broker régulé. De nombreux acteurs de ces comptes de trading gérés visant la performance en période de hausse ou de baisse de la bourse sont des sociétés anglo-saxons comme Licorns Capital www.licornscapital.fr ou Permal.
vallandar a répondu le 08/01/2012 à 18:28:
"L?argent est sécurisé chez un broker régulé." Allez dire ca aux clients de MF Global!
bancopasillico a écrit le 06/01/2012 à 13:52 :
le pire est PROBABLEMENT derrière nous.. il veut rire non? ou il parle pas pour la majorité des gens qui détiennent un portefeuille en bon père de famille et qui ne joue pas au yoyo toute la sainte journée?? les gros requins de la finance, eux oui, le meilleur est à venir mais pour nous autres, petits epargnants, rien à attendre des marchés financiers avec les politiques financières menées actuellement.
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Génération Post 80 a écrit le 09/01/2012 à 01:59 :
Quand je lis certains articles puis commentaires, je comprends pourquoi le monde est devenu ainsi. Votre épargne ne doit servir à rien de ce que vous dîtes mais à une seule chose : rembourser vos dettes ! plus de 1600 milliards de PIB, voilà comment en France on a 57% de proprios qui font "mumuse" avec le marché immo. Au delà, c'est la liquidité pas cher depuis plus de 10 ans et l'inflation ras les pâquerettes (enfin, l'inflation calculée parce que l'inflation réelle, c'est autre chose...) Quand on voit comment sont utilisés les liquidités issues de la dette... Stop au rendement étatiques, stop aux investissements sans VA, bref, lâchons la grappe aux entrepreneurs et au travail, et à la limite, dégommons les stocks de capitaux acquis grâce à la mondialisation et à 40 ans d'endettements. A ce rythme là, à part dire à mes gamins que leurs grand parents n'étaient finalement qu'une bande d'égoïstes, il ne nous restera plus grand chose si ce n'est l'asservissement....
Argo_notre a répondu le 10/01/2012 à 13:26:
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