A Paris et dans le monde, les inquiets de l'intelligence artificielle appellent à une pause
Marine Protais
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Ils sont moins d'une dizaine réunis à la sortie d'un métro parisien du 7ème arrondissement - et presqu'autant de journalistes pour suivre la manifestation. « Stop à la course au suicide », peut-on lire sur une pancarte laissée au sol. « Arrêtons l'IA, parce que vous n'embarqueriez pas sur un vol avec un risque d'accident de 14% », brandit de son côté Salim Boujaddi, 18 ans, affublé d'un t-shirt orange aux couleurs de Pause AI, l'organisme à l'origine de la mobilisation. Cet étudiant en mathématiques, inquiet de la course à « une IA toujours plus puissante » réclame une pause temporaire du développement de la technologie « avant de savoir ce que l'on en fait ». Il imagine un traité international similaire à celui existant pour préserver la couche d'ozone. Comme d'autres développent une éco-anxiété face au changement climatique, Salim comme ces autres jeunes activistes craignent de voir leur futur mis en danger par l'intelligence artificielle.
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Ils n'étaient qu'une poignée à se rassembler à Paris, mais 9 autres manifestations ont eu lieu le même jour à Londres, Berlin, San Francisco, New York, Rome, La Haye, Stockholm, Oslo et Sydney. L'appel à se mobiliser a également été lancé par Pause AI, une organisation fondée par Joep Meindertsma, un ingénieur néerlandais. Sa branche française se lance timidement dans l'Hexagone et cette manifestation en est la première réunion. L'organisation demande aux dirigeants politiques, qui se réuniront le 20 mai à l'occasion d'un sommet à Séoul sur la sécurité de l'IA, d'"être des adultes responsables". Dans son communiqué Pause AI souhaite la mise en place d'un accord international contraignant mettant fin à la course aux armements dans les systèmes d'IA les plus dangereux, la création d'une agence internationale pour faire respecter cet accord et un référendum mondial sur le développement d'une intelligence artificielle surhumaine, qui est le but explicite des principaux laboratoires d'IA. Sur la petite place parisienne - et ailleurs dans le monde - les revendications sont bien plus hétéroclites. Certains réclament un contrôle des capacités de l'intelligence artificielle, d'autres plaident pour un équilibrage des investissements entre ceux accordés à la construction de data centers et ceux pour la recherche en éthique de l'IA. Quand d'autres encore préfèrent une pause pure et simple. Les sources de leurs angoisses diffèrent aussi d'un petit groupe à l'autre : allant des suppressions d'emplois jusqu'au bio-terrorisme, en passant par le déraillement d'une IA incontrôlable et meurtrière. Mais tous appellent à une prise de conscience globale des risques que représente la technologie.
Marine Protais