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Nouvelle charge d'un ministre de François Hollande contre l'austérité et Merkel

latribune.fr

Publié le 28 avril 2013 à 17:39 - Mis à jour le 28 avril 2013 à 17:54

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Contestant à nouveau l'autorité du président de la République et du Premier ministre, Benoit Hamon, ministre chargé de la consommation et chef de file de l'aile gauche du PS, a lancé une nouvelle charge dans le journal britannique The Observer contre la politique d'austérité incarnée selon lui par la Chancelière allemande Angela Merkel. Une nouvelle attaque qui intervient alors que Jean-Marc Ayrault a du forcer le parti socialiste à modérer ses critiques.

La cacophonie règne de plus en plus entre le pouvoir et le parti socialiste sur la politique économique de la France. Au lendemain du rappel à l'ordre de Jean-Marc Ayrault contre un texte d'un virulence rare du PS contre l'austérité et l'Allemagne d'Angela Merkel, le ministre français chargé de la Consommation, le socialiste Benoît Hamon, a déclaré au journal britannique The Observer qu'il fallait "en finir avec les politiques d'austérité en Europe", dont la chancelière allemande Angela Merkel est, selon lui, l'une des rares à penser encore qu'elles marchent.

"Il est temps d'en finir avec les politiques d'austérité en Europe", a expliqué le ministre au quotidien dominical. "Seule Merkel, soutenue par quelques pays du nord, croit que l'austérité marche". La mise en cause de la politique d'austérité provoquerait "des tensions et des divergences politiques avec les Allemands", a reconnu le ministre. Mais "le rejet de l'austérité dans l'opinion est désormais partagé par la plupart des dirigeants et des économistes", a-t-il fait valoir. "L'Allemagne est la seule économie qui continue à résister, à s'y opposer, à mettre son véto".

Ces déclarations interviennent alors que le Parti socialiste français pousse le président François Hollande, confronté à un taux de chômage record et à une forte impopularité, au bras de fer avec la chancelière sur l'austérité. Les socialistes ont ainsi dévoilé vendredi un projet de texte sur l'Europe dans lequel ils s'en prennent à "l'intransigeance égoïste" d'Angela Merkel, "chancelière de l'austérité", qui "ne songe à rien d'autre qu'à l'épargne des déposants outre-Rhin, à la balance commerciale enregistrée par Berlin et à son avenir électoral".

Après être resté silencieux dans un premier temps, le Premier ministre Jean-Marc Ayraut a pris ses distances avec cette offensive. "L'amitié franco-allemande est indispensable (...) pour trouver les voies du retour à la croissance", a-t-il écrit sur son compte Twitter. La direction du PS a décidé ensuite d'édulcorer ses attaques au vitriol contre Angela Merkel, qualifiée de "chancelière de l'austérité".

L'autorité de François Hollande est de plus en plus contestée: il y a quinze jours, le chef de l'Etat avait demandé aux ministres de cesser de mettre en cause la politique économique du pays. Et de confondre austérité budgétaire et sérieux. Le président avait été agacé par les propos tenus par Arnaud Montebourg dans "Le Monde", qui s'en était pris à l'austérité européenne imposée par l'Allemagne. Depuis, le débat ne fait que gonfler et pose un sérieux problème de cohérence et de loyauté au sein de l'équipe gouvernementale et de la majorité.

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Mélenchon taxe les socialistes de "molletisme"

Le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a taxé dimanche les socialistes français de "molletisme" face à Angela Merkel, leur reprochant d'aboyer contre la chancelière allemande tout en faisant la même politique.

Les socialistes, "il ne faudrait pas qu'ils inventent un molletisme européen: ils aboient sur Mme Merkel de manière à ce qu'on ne regarde pas trop ce qu'ils sont en train de faire, c'est-à-dire du Merkel en France", a affirmé M. Mélenchon, invité de l'émission 12/13 Dimanche sur France 3.

Il faisait référence au socialiste Guy Mollet, ancien président du conseil sous la IVe République (1956-1957), accusé par ses détracteurs de tenir un discours à gauche tout menant une politique plutôt à droite, en particulier sur l'Algérie. Selon M. Mélenchon, il ne s'agit pas d'aller au "clash" avec Berlin mais d'instaurer "un rapport de force tranquille".

"Il y a 27 pays dans l'Union européenne, nous sommes la 2e économie du continent" et "nous sommes au coeur de l'économie de l'Europe du sud et de la façade maghrébine", a-t-il fait valoir. Par conséquent, "je pense qu'il y a moyen de faire comprendre aux Allemands que c'est bon cette fois ci, ça va, il faut changer de pied".

Selon M. Mélenchon, de surcroît, il faut être "très prudent" car "quand une situation se tend, les blessures se rouvrent sur les vieilles cicatrices. C'est la leçon de l'histoire". "Ils sont 80 millions, ils sont vieillissants et ils sont aux abois. Et nous, nous sommes plus de 65 millions, nous seront bientôt les plus nombreux, nous sommes jeunes et entreprenants. Je crains que le clash n'ait pas lieu entre gens raisonnables mais qu'il parte d'en bas, auquel cas tout serait perdu", a averti le leader du Front de gauche.

Claude Bartolone persiste et signe

Quand à Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale (PS), dont les déclarations contre la politique de la chancelière allemande Angela Merkel ont suscité la polémique jusqu'au sein de la majorité, il a regretté dimanche le manque de "sang-froid" de certains ministres qu'il a invités à "se concentrer un peu plus sur leurs dossiers".

Dans des interviews distinctes dimanche, les ministres Manuel Valls (Intérieur) et Michel Sapin (Travail) ont vivement critiqué l'usage du terme "confrontation" par le président de l'Assemblée nationale pour décrire la relation actuelle Paris-Berlin et les divergences économiques.

Et dans l'après-midi, dans un message sur son blog intitulé "Tempête dans un verre d'eau", M. Bartolone a réagi avec ironie, faisant remarquer que le terme pouvait aussi s'entendre par l'action de "comparer des choses en les opposant". Il a dénoncé une forme "d'emballement, de panique même" dans la classe politique après ses propos (dans Le Monde daté de vendredi), une "convulsion un peu loufoque", et formulé plusieurs recommandations.

"D'abord, le sang-froid", a-t-il dit. "Que les ministres qui s'offusquent des positions émanant des parlementaires, se concentrent un peu moins sur le commentaire de celles-ci et un peu plus sur l'état d'avancement de leurs dossiers. Beaucoup reste à faire", selon lui. Il en a appelé aussi au "courage" dont doivent faire preuve les responsables politiques dans la défense de leurs idées. "Moi, je ne me tairai plus", a-t-il prévenu, "je m'en suis fait la promesse depuis un certain 21 avril 2002, où nos silences assourdissants et nos petites lâchetés ont fait payer aux Français le prix fort : dix ans de droite".

À lire également

  • Le tandem franco-allemand à l'épreuve de la crise
  • Austérité : le Parlement européen dénonce lui aussi le jusqu'au-boutisme actuel
  • Hollande, "pas impressionné" par les critiques, maintient le cap

"Plus que tout, je veux la réussite de ce quinquennat. Je crois que certaines décisions sont de nature à la rendre possible. Aussi, je parlerai. Avec la loyauté et la liberté qui sont les miennes", a encore averti l'élu de Seine-Saint-Denis. Si François Hollande "appelle cela la +tension amicale+ (pour qualifier la relation franco-allemande actuellement, ndlr), pour moi c'est la tension tout court, et, s'il le faut, la confrontation", avait affirmé M. Bartolone dans Le Monde daté de vendredi.

latribune.fr

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