Affaire Bettencourt-Woerth : la police perquisitionne chez Patrice de Maistre

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(Crédits : Reuters)
La brigade financière perquisitionne depuis ce vendredi matin au domicile et dans les bureaux du gestionnaire de fortune Liliane Bettencourt.Marianne s'est procuré le carnet de l'ex-comptable des Bettencourt qui laisse apparaître des retraits en espèce plus importants dans les mois qui ont précédé l'élection présidentielle.

La brigade financière perquisitionne depuis ce vendredi matin au domicile et dans les bureaux de Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. L'information révélée ce matin par Le Monde a été confirmée de source policière.

Pascal Wilhelm, l'avocat de Patrice de Maistre, a estimé que ces perquisitions n'étaient pas étonnantes compte tenu de l'enquête ouverte par le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine). "A partir du moment où il y a une enquête large, plusieurs enquêtes, ce type de perquisition n'est pas étonnant. Il s'agit d'un ensemble de perquisitions", a-t-il dit à Reuters.

Tout en affirmant jeudi devant les policiers qu'elle n'avait pas mis directement en cause Nicolas Sarkozy, Claire Thibout, l'ex-comptable qui travaillait aux côtés de Patrice de Maistre a maintenu que ce dernier lui avait demandé de retirer 50.000 euros pour le financement de sa campagne présidentielle de 2007, selon le parquet de Nanterre.

388.000 euros ont été retirés en liquide dans les quatre mois qui ont précédé l'élection présidentielle

L'hebdo Marianne s'est d'ailleurs procuré l'un des carnets - justement celui portant sur l'année 2007 - dans lesquelles Claire Thibout consignait les retraits et les versements de l'argent en liquide qu'elle retirait sur les comptes des Bettencourt. Ce document confirme qu'elle "a dit vrai" aux enquêteurs sur les retraits en liquide et leur utilisation. Marianne souligne notamment que 388.000 euros ont été retirés en liquide dans les quatre mois qui ont précédé l'élection présidentielle de juin 2007.

Selon l'hebdomadaire, les mentions "Monsieur" ou "Monsieur Bettencourt" que l'ancienne comptable de la milliardaire dit avoir utilisé lorsqu'on lui demandait de l'argent pour des fins politiques "apparaissent à de nombreuses reprises". Et pose la question de savoir si Tracfin, la cellule de renseignements financiers du ministère des Finances, a été alertée de ces mouvempents par les banques.
 

Dans sa déposition, l'ex-comptable a par ailleurs confirmé qu'elle avait pour mission de retirer de fortes sommes en espèces destinées à des hommes politiques, sans avoir vu directement les remises de fonds.

Patrice de Maistre et Claire Thibout s'accusent mutuellement de mentir

Confrontée ensuite à Patrice de Maistre, qui nie ses dires, au siège de la Brigade financière à Paris, la comptable a maintenu sa déposition. "Les deux personnes sont restées sur leur position", a expliqué la porte-parole du procureur de Nanterre.

L'entourage de Nicolas Sarkozy a parlé de "tournant judiciaire", estimant que le témoin disculpait "totalement" et clairement le président de la République. Mais l'opposition de gauche constate que la comptable a maintenu l'essentiel, en particulier les accusations visant le ministre du Travail Eric Woerth, qui était le trésorier de la campagne de 2007 et garde aujourd'hui cette fonction à l'UMP.

L'avocat de Claire Thibout a cependant déploré les conditions d'audition de sa cliente à son domicile mercredi jusqu'après minuit, par des policiers dépêchés spécialement dans le sud de la France, qui l'ont ensuite emmenée jeudi à Paris. "Le mot pressions me semble tout à fait adapté. Je trouve absolument scandaleux l'acharnement du parquet à son encontre", a-t-il expliqué à l'agence Reuters.

 

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