Comment ce printemps estival va jouer sur les prix des fruits et légumes

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Les températures élevées et le fort ensoleillement de ce début de printemps bouleversent les récoltes de fruits et légumes. La fin de saison risque d'arriver plus tôt, elle aussi, et les prix pourraient s'en ressentir.

Normalement, mai est le mois des fraises et du muguet, juin celui des cerises. Mais, cette année, dès le mois d'avril, fruits et fleurs ont mûri et poussé bien plus tôt que prévu en raison de la chaleur et de l'ensoleillement anormal pour la saison. Le beau temps a fait le bonheur des vacanciers, surtout pendant le week-end pascal. Mais les agriculteurs, eux, ont vu les choses d'un autre œil. La précocité des récoltes touche toutes les régions et, pour les primeurs, il risque de se concrétiser par des hausses de prix  - une fois les stocks vidés - elles aussi plus précoces qu'à l'ordinaire.

Mauvais temps pour les cerises

La cerise est particulièrement concernée. "Je vais commencer la récolte autour du 20 mai soit deux à trois semaines avant la date habituelle." raconte une productrice de cerises de Quenne, dans l'Yonne, l'un des principaux départements de production dans la moitié nord de la France. "Nous avons eu une période de froid en février et début mars. Du coup le fruit s'est mal formé et une partie est gachée." ajoute-t-elle. Du coup, les volumes produits seront moins importants que prévus. Guillaume Morvan, responsable des cerises à la chambre d'agriculture de l'Yonne confirme : "Le début de la floraison a été marqué par un temps maussade et frais qui n'a pas été favorable à la fécondation des fleurs par les abeilles. La fin a ensuite été bien meilleure. " 'Les prix vont flamber." conclut la productrice de cerises de Quenne.

Calculés à partir des cours du Sud de la France, notamment ceux observés dans le Vaucluse, le premier bassin national de production, le prix des cerises dépend aussi d'autres facteurs. "Le prix n'est pas uniquement dû à la météo. La qualité et la quantité des fruits importés compte aussi. Et puis est-ce que les récoltes du Nord et celles du Sud vont télescoper ? On ne peut pas le dire avant les récoltes. Certaines années les conditions sont réunies pour avoir des récoltes parfaites mais finalement ça se passe mal" note un agronome du Centre interprofessionnel des fruits et légumes de Saint-Rémy de Provence.

Fraises en stock

Pour la fraise, la situation est un peu différente. Cette baie qui pousse partout en Europe a surtout besoin de lumière. Dans le Lot-et-Garonne, où le soleil s'est montré nettement moins généreux qu'au dessus de la Loire, elle s'est faite rare. "Nous avons eu trois semaine de retard, mais le gros de la récolte est déjà passé, c'était mi-avril" indique une productrice de Marmande dont les fraises sont cultivées sous serre. En revanche, pour la fraise du Sud-Est, la gariguette qui pousse en plein champ est en avance d'une dizaine de jours : "Là, tout arrive en même temps. C'est en mai que les volumes vont diminuer" prévient Jean-Paul Charasse, responsable de la Confrérie de la fraise de Carpentras. Pour l'heure, la barquette est un peu moins onéreuse que l'an dernier indique la note conjoncturelle du ministère de l'Agriculture. En avril, elle coûte ainsi 5% de moins qu'en 2010 à la même période. Prendront donc le relais, les fraises importées d'Espagne, du Maroc... et d'Allemagne.

Asperges et muguet décalés

Même décalage pour les bottes d'asperges. "La production débute dans le Sud-Est et le Sud-Ouest, elle se poursuite dans le Centre et se termine en Alsace. Partout, elle est en avance. On essaie de la ralentir avec des plastiques pour freiner la pousse" explique Gregory Roy, responsable technique au CTIFL de Sologne. Selon ce dernier, les frigos sont pleins ce qui contribue à faire baisser les tarifs en ce moment. Mais, une fois la campagne terminée après 60 jours de récolte, là les prix risquent de grimper.

Enfin, symbole du printemps, le muguet subit lui aussi les conséquences de cette saison détraquée. Dans la région nantaise, l'un des premiers bassins de production, "la cueillette a débuté fin mars, beaucoup trop tôt" s'inquiète Régis Chevalier, de la fédération des maraîchers nantais. Le muguet doit donc être conservé en frigo, et ses clochettes égayent déjà les étals des fleuristes.
 

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a écrit le 13/05/2011 à 13:09 :
vivant dans un des greniers de la France, la beauce bien profonde avec ses céréalier bien gras qui quoiqu'ils disent s engraissent sur le dos de l europe (je vois ca tous le jours de ma fenetre, facon de parler): ca roule en gros 4*4 Mercedes, Pickup Ford ou Toyota, ca irrigue via arrosage ultra-puissant en plein midi donc efficacité moins de 50%, ca achetent de bn gros tracteur et moissonneuse John Deere....et ca touchent en plus des subvention de l europe quelque soit l etat de la recolte... Je comprend bien mieux pourquoi le RU ne veut pas y entrer, si je me souviens bien du chiffre la PAC absorbe plus de 65% du budget europeen, il est tant que ca cesse

Les Laitiers Francais ont abusé du meme systeme, aujourd hui ils sont concurrence par les laits nottaments des pays du nords qui eux ont investi dans l appereil de production, font du lait de bonne qualite et moins cher....

Alors stop a l hypocrisie, surement que certaines petites explotations ont des problemes mais les grosses "fermes industrielles" sont pareil a tous "ces assistés privilégiés" pour renvoyer ses termes a Mr Wauquiez... Alors eu aussi coupon l assistance avec nos impots
a écrit le 04/05/2011 à 17:49 :
Quelqu'un pourrait-il me dire si la récolte des cerises dans la vallée de la Saône, côté Ain (Feillens, Replonges, Bagé....) sera bonne ou pas pour cette année 2011 ? Merci de vos réponses.
a écrit le 30/04/2011 à 8:32 :
il fait trop chaud, été trop précoce, il faut augmenter les prix, trop de pluie, les fruits et légumes en pâtissent, il faut augmenter les prix, juste comme il faut, trop de production, trop de perte, il faut augmenter les prix, quelle serait le temps idéal pour les faire baisser, ces satanés prix?
a écrit le 29/04/2011 à 21:14 :
Cet été,vous continuerez à être les bonnes pommes que l'on prend pour des poires. Attention toutefois aux pruneaux fiscaux qui tomberont de toutes parts et qui ne vous permettront pas de ramener votre fraise :-)
a écrit le 29/04/2011 à 16:39 :
Il fait trop beau, c'est la misère!, il pleut, quel calamité pour l'agriculture, il fait du vent ça dessèche les cultures!, il fait trop froid, ç'est pas bon pour les bourgeons!, il y a trop de tout, c'est la surproduction les prix chutent .......chez les producteurs vous l'avez compris, mais pas chez les commerçants!.
Vraiment, c'est une époque difficile!.
Réponse de le 29/04/2011 à 21:18 :
@ gambetta: tournes pas autour du pot, dis carrément que c'est la faute d'Al Qaida :-)
a écrit le 29/04/2011 à 15:43 :
les producteurs trouvent toujours de quoi justifier des hausses des prix ; si les Français peuvent produire plus tôt , ils pourront faire concurence aux productions d'Espagne et du Maroc ! au lieu de se plaindre comme d'habitude

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