Quand l'alternance permet aux handicapés de s'insérer durablement dans l'emploi

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Une étude de l'Agefiph, fonds qui gère les contributions des entreprises ne respectant pas le quota de 6% d'emploi des personnes handicapées, montre qu'entre 2008 et 2010, le nombre de contrats en alternance ayant fait l'objet d'une prime augmente de près de 70%. La Tribune dévoile ses principaux enseignements.

A quelques jours du lancement de la semaine des personnes handicapées (14 novembre), l'Agefiph dévoile les résultats d'une étude montrant l'impact positif de l'alternance dans l'insertion professionnelle durable des personnes handicapées.

En effet, entre 2008 et 2011, le nombre de contrats ayant fait l'objet d'une prime versée par l'Agefiph (qui s'ajoute aux dispositifs de droit commun), a progressé de près de 70%. En 2010, le nombre de contrats en alternance ayant fait l'objet d'une prime de l'Agefiph a progressé de 39% par rapport à 2009, passant de 1.804 à 3.020.

Une majorité d'embauches en CDI

Au vu des réponses obtenues au questionnaire envoyé entre le 1er février et le 15 mars 2011 à 1.488 personnes handicapées, et 1.120 entreprises ayant signé un contrat de professionnalisation, il s'avère que dans 60% des cas les bénéficiaires ont été recrutés par l'entreprise qui les a accueillis (85% CDI) ou par un autre employeur (55% de CDI).

Les raisons de ce succès ? "Ce contrat correspond davantage que le contrat d'apprentissage à ce public. Les personnes handicapées à la recherche d'un emploi sont plutôt âgées, ont un faible niveau de qualification et sont souvent chômeurs de longue durée", décrypte Pierre Blanc, directeur général de l'Agefiph. En effet, parmi les demandeurs d'emploi handicapés, 37% ont plus de 50 ans, (contre 17% dans l'ensemble de la population), 21% ont le niveau bac (contre 42%) et 53% sont chômeurs de longue durée (contre 38%).

80% des formations suivies se soldent par un diplôme

Pour les personnes handicapées, ce contrat permet avant tout d'accéder à un emploi (1/3 des réponses), mais également d'acquérir un diplôme ou un titre professionnel (un quart des réponses). Ce que permettent in fine 80% des formations suivies.

Côté entreprises, une sur cinq (22%) considère que le recrutement du contrat de professionnalisation coïncide avec la première embauche d'une personne handicapée. Pour elles, il s'agit d'abord d'embaucher des compétences indépendamment du handicap (31% des réponses), même si 26% d'entre elles placent en seconde position l'obligation d'emploi des personnes handicapées

Les branches professionnelles très impliquées

Pour faire se rencontrer handicapés et entreprises, l'Agefiph travaille avec huit branches professionnelles (banques, pharmacie, aéronautique, etc...) d'un côté via notamment des modules de formation pré qualifiants (200 personnes ont été concernées) et les structures qui accueillent ces publics, comme Cap emploi ou Pôle emploi.

L'Agefiph accompagne également les petites structures dans cette démarche, avec la création du service Alther, dont l'une des missions est d'aider les PME à répondre à leur obligation d'emploi, via l'accueil de personnes handicapées en alternance. En 2010, un tiers de l'activité du réseau Alther a été consacré à la promotion de l'alternance ; ce qui s'est concrètement traduit par 830 propositions de contrats et 450 embauches de personnes handicapées.

Des embaucehs bénéfiques au climat social

En 2012, l'Agefiph va continuer à promouvoir l'alternance même si, en raison d'une baisse de ses ressources, elle va revoir à la baisse son offre d'intervention. (l'aide passera de 6.000 euros par an cette année à 2.000 euros l'an prochain), car les résultats sont là. "Le taux de rupture des contrats en alternance signés par les personnes handicapées est inférieur à celui des autres publics (Un sur quatre, NDLR). Cela s'explique par le fait que les personnes handicapées savent qu'elles n'ont souvent pas d'autres alternatives. Mais également par le fait que, habituées à rencontrer des obstacles, elles développent un savoir être et un savoir-vivre qui sont souvent très bénéfiques au climat social dans l'entreprise", explique Pierre Blanc.

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