Bientôt un observatoire des suicides ?

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Le cabinet Technologia lance aujourd'hui un site internet destiné à recueillir des signatures de soutien pour la création d'un observatoire des suicides.

130 000 tentatives et plus de 11 000 morts par an : le taux de suicides en France est aujourd'hui l'un des plus élevés de l'Union Européene. En 1993 le Conseil Economique et Social recommandait de traiter le suicide comme grande cause de santé publique et de se doter d'outils d'observation. D'autres pays l'ont fait comme la Suède et la Grande Bretagne. Aujourd'hui le cabinet Technologia a lance, en partenariat avec l'association France Prévention Suicides, un site internet destiné à recueillir des signatures de soutien pour la création d'un observatoire des suicides.

Une initiative qui intervient à la suite de "l'Appel des 44" publié dans Libération en mai dernier de professionnels de la santé, syndicalistes et intellectuels, comme le psychiatre Boris Cyrulnik, le généticien Axel Kahn, le professeur de sociologie clinique Vincent de Gaulejac ou encore le philosophe Vincent Cespedes. Objectif : disposer d'un "instrument de connaissance et d'aide à la décision des pouvoirs publics".  L'observatoire serait doté de moyens propres lui permettant de mener des études épidémologiques et cliniques, prenant en compte, par exemple, l'effet de certains évènements de société comme la crise qui frappe la France depuis 2008. 

Les risques psychosociaux progressent

Le site www.observatoiresuicides.fr vise à recueillir 44.000 signatures dans un premier temps, "afin de mettre la question de la prévention du suicide à l'ordre du jour et d'en faire une priorité de santé publique du prochain quinquennat", indique Technologia. Selon le cabinet spécialisé dans les risques professionnels, et qui est notamment intervenu chez France Télécom après la vague de suicides, les risques psychosociaux (stress, violences, suicides...) progressent depuis plusieurs années en France, mais "à chaque intervention en cas de suicide", Technologia constate une "absence de données", rendant difficile la mise en place de mesures de prévention. "Le pire serait de continuer à discuter de cette question dramatique sans que rien ne se fasse et qu'au bout du compte un suicide puisse devenir banal voire acceptable", notait l'Appel des 44.  Depuis, cet appel a recueilli de nouvelles signatures d'élus, de philosophes, de sociologues, et de personnalités ou entités diverses comme les confédérations CFE-CGC et FO, et notamment son secrétaire général Jean-Claude Mailly, ou le Grand Orient de France.

Technologia et France Prévention Suicides indiquent également avoir sollicité les candidats à la présidentielle pour leur demander de se positionner par rapport aux propositions contenues dans l'appel. Outre la création de l'observatoire, ces propositions prévoient notamment de faire de la question une grande cause de santé publique ou d'installer une mission interministérielle sur le suicide. Selon Technologia, le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, la candidate de Lutte ouvrière Nathalie Artaud et la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts Eva Joly se sont déjà montrés favorables.

 

 

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Commentaires
a écrit le 29/05/2012 à 15:10 :
salariée d'un secrétariat MEDICAL privé, j'ai plusieurs fois essayer de me nuire, la dernière fois sur le lieu même de mon travail. J'ai pris cette dernière initiative pour alerter les médecins avec qui je travaillais et peut etre aussi pour montrer au médecin du travail qui m'avait déjà mise inapte temporaire pour les mêmes raisons qu'il ne faisait pas vraiment son travail...

Dans un pays corporatiste comme le notre, les corporations professionnelles se protègent. Comment demander à un médecin du travail de "taper sur les doigts " de ses confrères ? ? ?

Je ne crois pas en l'éfficacité de cet observatoire.

La vie actuelle n'est pas facile, problème économique, personnel, familial, Pus de mari, ( veuve), les enfants élevés et installés sur les rails de leur propre vie, un crédit à rembourser...Personnellement, c'est mon travail ( qui me plait !) qui me faisait tenir . mais quand on ne se sent plus à sa place dans son travail que reste t il ?
j'ai discuté avec un de mes employeurs qui m'a rétorqué qu'il était avant tout directeur d'une entreprise ( mais il n'a pas oublié j'espère son serment d'Hypocrate) et qu'il voulait avant tout du rendement, et que le stress qu'ils nous mettent, c'etait voulu, car un peu de stress ne peut pas faire de mal....
comment réagissez vous à cela ?
a écrit le 10/03/2012 à 21:19 :
plutôt que de créer un ministère des droits des femmes qui sera avant tout une discrimination majeure, (pourquoi pas un ministère des homosexuels !!!) , ne vaudrait -il pas mieux aider les familles de suicidés ,( m^me si ça n'a rien à voir avec les femmes!! ) les observatoires, les missions, les commissions, les comités, ça suffit, des actes !!!!!!
a écrit le 10/03/2012 à 21:15 :
il faudrait surtout songer à aider les familles , ceux qui restent , car pour eux , les dégâts sont profonds et sournois (beaucoup de dépressions, de désordres psychologiques et de prolblèmes de santé) , plus rien n'est jamais comme avant et la tentation est parfois présente de vouloir reproduire le m^me geste.. Un suicide c'est un tsunami de malheurs qui suit .
Réponse de le 11/03/2012 à 7:57 :
Je dirais même un taramisu...
a écrit le 10/03/2012 à 10:39 :
Trop tard...Aaaarrghhh
a écrit le 09/03/2012 à 20:29 :
Urgent ! C'est pour quand, un observatoire de la médiocrité politique et médiatique ?
Jean-Claude Meslin

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