Pouvoir d'achat: une baisse quasi continue depuis 2008
Ivan Best
Ivan Best
[if gte mso 9]>
De fait, l'Insee a revu à la baisse l'évolution du pouvoir d'achat ces dernières années. Et les statisticiens battent en brèche le discours de Nicolas Sarkozy sur l'évolution positive des revenus, en France. Certes, la masse du revenu distribué n'a pas baissé, même pendant la crise. Mais, si l'on veut établir des comparaisons internationales un tant soit peu fiables, il faut prendre en compte le nombre de personnes qui auront à se partager le gâteau du revenu disponible. Un pouvoir d'achat globalement stagnant au niveau macro-économique n'a pas les mêmes conséquences si la population est stable ou celle-ci augmente. On sait, par exemple, que la population allemande tend à diminuer, alors qu'elle augmente en France année après année.
Une baisse quasi continue depuis 2008
Si l'on considère le pouvoir d'achat par ménage, il apparaît que celui-ci a diminué presque tous les ans depuis 2008, selon les calculs de l'Insee. Après avoir baissé de 0,6% en 2008, il a reculé de 0,2% en 2010, et de 0,5% en 2011. Seule exception : une hausse de 0,2% en 2009. Curieux, quand on sait que c'est une année de forte récession (la chute du PIB a été révisée à -3,1%). En fait, cela s'explique par la diminution des prix de l'énergie cette année là, justement sous l'effet de la récession mondiale. Du coup, les prix à la consommation n'ont quasiment pas augmenté. Sur la période 2008-2011, le pouvoir d'achat par ménage a ainsi diminué de 1,1%. Du jamais vu ? Un fort recul des revenus est intervenu au début des années 80, quand le gouvernement socialiste avait décidé de bloquer les salaires. Ainsi, le pouvoir d'achat avait diminué en 1983, en 1984 (fortement, -2,4%) et en 1985. Soit, une baisse cumulée de 4,2% sur trois ans.
Stagnation salariale en 2011
À lire également
Si l'on retient le critère du pouvoir d'achat par unité de consommation (qui prend en compte la taille de chaque ménage), le bilan apparaît moins dégradé. Une baisse est enregistrée en 2008, un léger recul en 2011 (-0,1%) et une petite hausse en 2009 et 2010. Mais quel est le bon indicateur ? Celui du ménage correspond bien à la réalité quotidienne des dépenses courantes comme à celles des dépenses d'équipement. Le nombre de ménages augmente plus vite que la population, en raison, bien sûr, des séparations. La baisse du pouvoir d'achat par ménage, en 2011, est corrélée avec une stabilité du salaire moyen par tête (c'est-à-dire la rémunération complète des salariés, y compris les primes et heures supplémentaires) et une série de hausses d'impôts : l'Insee confirme que les prélèvements obligatoires ont augmenté de 1,4 point en 2011, cette hausse visant surtout les ménages.
Ivan Best
Guerre au Moyen-Orient : les économies émergentes souffrent mais devraient résister en 2026
🔴 Sommet européen au Monténégro, réacteurs nucléaires japonais, Bourses… L'essentiel de l'actualité ce vendredi 5 juin
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir