La pause déjeuner sacrifiée sur l'autel de la crise ?

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Les Français sont de plus en nombreux à sauter le repas du midi. Selon l'Insee, plus de 60% des cadres, des indépendants et des professions intermédiaires, et près de la moitié des ouvriers feraient "de temps en temps" l'impasse sur le déjeuner.

Avec la crise, le déjeuner a de moins en moins la cote. Selon une étude de l'Insee ("Le temps de l'alimentation en France") parue ce mois-ci, "plus de 60% des cadres, des indépendants et des professions intermédiaires déclarent sacrifier [...] de temps en temps la pause déjeuner". Chez les ouvriers, ils seraient près de la moitié (46%) à faire de même. Pourquoi? "Pour libérer du temps", précise l'étude, qui ne fait pas de parallèle immédiat avec une possible conséquence de la crise. Et pour cause : "nous ne disposons pas de données antérieures", argue Thibaut de Saint Pol, du Centre de recherche en économie et statistiques (Crest) et co-auteur de l'étude.

Des "arbitrages temporels"

Toutefois, les vagues de licenciements et les charges de travail plus importantes qui en découlent pourraient-elles expliquer un accroissement du nombre de personnes prêtes à sauter leur déjeuner? "Sans doute", concède Thibaut de Saint Pol. Avant de se prémunir de quelques bémols : "depuis les 35 heures, le repas du midi est de plus en plus perçu comme un temps professionnel", pointe-t-il. Puis ajoute que certains salariés "sont peut être tentés de procéder à des arbitrages temporels", profitant ainsi de leur pause déjeuner pour avancer dans leurs travaux, et finir plus tôt.

"Dépenser moins"

Toutefois, ces hypothèses sont battues en brèche par les récentes études du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie. Pour Pascale Hébel, qui en dirige le département consommation, il y a "un effet crise important". En se basant sur des études réalisées en 2007 et en 2010, "soit en plein pendant la crise", elle assure que la courbe des personnes qui sautent un repas "au moins une fois par mois" est en nette ascension. Même si elle juge que la rédution du temps de travail à aussi dû avoir un certain impact, Pascale Hébel insiste surtout sur la volonté des Français de faire des économies, de "dépenser moins". Le sacro-saint déjeuner à la française aurait donc du soucis à se faire.

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Commentaires
a écrit le 18/10/2012 à 1:00 :
Erreur fatale, il faut prendre le temps de manger un repas de midi simple et équilibré,lentement, à une table, assis. C'est la condition pour une deuxième partie de journée efficace. Il faudrait même pouvoir faire une sieste de 20 mn...Quelle est donc cette société qui considère que les temps du repas, du sommeil sont des temps improductifs, et que l'être humain n'aurait qu'une fonction, celle de travailler non-stop, dévoué corps et âme à l'entreprise.
a écrit le 17/10/2012 à 14:38 :
Nos chers restaurateurs ont peut être amplifié le phénomème en ne répercutant pas en majorité la baisse de la TVA puis en la répercutant lors de la hausse de 5.5 à 7%. En pratiquant des prix plus raisonnables ils récupéreraient peut être certains clients.
a écrit le 17/10/2012 à 14:35 :
Ca a un effet pervers masque, on ne peut pas declarer d heure sup pendant la pause dejeuner....... donc c est tout benef pour l entreprise, enfin a court terme. D autre part cela montre a quel point la gneration post 68 est feneante, n est ce pas?
a écrit le 17/10/2012 à 14:14 :
Ce dont on devrait parler c'est de l'état de pauvreté de la population et de la malnutrition. Quelle est la réalité? On déjeûne d'un sandwich, parce qu'on n'a pas les moyens de s'alimenter normalement.

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