Quand les jeunes pousses testent leurs projets d'entreprises

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Lundi, les locaux de l'ESCP s'étaient mis aux couleurs de la Fête de l'entrepreneur
Lundi, les locaux de l'ESCP s'étaient mis aux couleurs de la Fête de l'entrepreneur
<b>Reportage </b> Le "Baptême des entrepreneurs" avait lieu lundi soir à l'école ESCP. L'occasion pour les jeunes pousses de l'entreprenariat de tester leurs idées face à des professionnels du genre, et de rencontrer les fameux "business angels".

Les Français sont formels. Selon un récent sondage OpinionWay-Amundi, 95% d'entre eux pensent que "l'économie française a besoin des entrepreneurs pour se développer". Et bonne nouvelle, les jeunes prétendants à l'exercice ne manquent pas. Pour preuve, l'engouement suscité hier par le "Baptême des entrepreneurs", jeu ouvert à tous organisé par les étudiants de l'ESCP lundi à l'occasion des journées de l'entrepreneur. En tout, plus de 150 participants se sont adonnés à l'exercice. Un carton plein. Le principe ? Chaque candidat passe par trois étapes, la rencontre avec un coach, qui va lui permettre de défricher le projet, puis avec les business angels, chargés de poser des questions précises, et enfin, le passage devant Grand jury qui valide ou ne valide pas.

Distribuer des cartes de visite

Tous les candidats ne sont pas logés à la même enseigne. Certains viennent ici pour jouer. A l'image de ce jeune homme qui cherche à développer une "pilule anti-gueule de bois". Projet qui a beaucoup fait rire les professionnels présents, impressionnés par le talent d'orateur du candidat, mais très peu par le projet en lui-même. Il y a ceux aussi pour qui l'échec prend forme dés l'entrée, comme cet homme à la cinquantaine grisonnante muni de sa clé USB, "y aura-t-il des ordinateurs mis à disposition pour les présentations ?" Non, il n'y en aura pas. L'homme fait demi-tour.

D'autres enfin, utilisent l'exercice comme "crash test" pour un projet qu'ils ont véritablement en tête, et pourquoi pas, se faire repérer par l'un des business angels. Objectif clair d'ailleurs, pour certains candidats, qui distribuent à la pelle les cartes de visites aux "anges" de l'investissement. "Le but est de les rencontrer, mettre un pied à l'étrier parce que nous avons besoin de lever des fonds", explique Matthieu, fondateur de Comparsports, un site qui propose de comparer des articles de sport en ligne .

"A eux de frapper à notre porte"

Et ces jeunes entrepreneurs ne s'y trompent pas. Car si la plupart des professionnels étaient présents pour se prêter au jeu, les business angels, eux, étaient là en véritables prospecteurs, comme le confie Olivier de Galzain, président d'Axisplus et membre de Paris Business Angels. "J'ai été jeune, j'aurais été bien content de trouver des gens pour me suivre à mes débuts. Car à l'époque, bien sûr, l'économie était meilleure, mais il n'y avait que les banques" explique cet ancien de l'ESCP.

Mais attention, si Olivier de Galzain avoue être là pour repérer des projets, pas question de prendre les candidats par la main. "A eux ensuite de frapper à notre porte," temporise d'ailleurs le business angel. Car il ne s'agit là que d'une première prise de contact.

"Un peu immature", mais des idées

D'ailleurs, s'agissant des projets présentés lundi soir, "c'est un peu immature, un peu tôt pour les investisseurs" commente Olivier de Galzain, même s'il a tout de même vu quelques idées intéressantes pour lesquelles il a donné ses coordonnées aux candidats. Prescillia Leroy, fondatrice de l'agence de communication Pourquoi pas moi et membre du Grand jury est plus sévère : "les pitchs n'étaient pas extra, c'est très important d'être passionné par le projet, et sur le contenu, rien n'est ressorti, tout est encore trop au stade de l'idée".

Pas de quoi se décourager pourtant. Car ceci n'était qu'un jeu, et les candidats n'ont eu que quelques minutes pour convaincre. Ce que concède volontier Olivier de Galzain qui explique que l'exercice n'était pas simple, ni pour les candidats, ni pour les professionnels qui se trouvaient en face. "Cela nous a surtout permis d'apprécier l'homme entrepreneur et ceux qui iront jusqu'au bout" explique-t-il. Car selon ses mots, "le facteur humain est reponsable à 80% de l'échec ou de la réussite d'un projet". A bon entendeur...

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