La BPI souhaite créer un Mittlestand à la française

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Nicolas Dufourcq, le directeur général de la Banque publique d'investissement souhaite favoriser la création d'ETI. Comment ? En permettant à la BPI de reprendre des entreprises sous LBO, ce que ne pouvait faire le Fonds stratégique d'investissement (FSI).

Petit à petit, la Banque publique d?investissement (BPI) dévoile ses ambitions. "BPI France doit pouvoir reprendre des sociétés sous LBO, sous réserve de valorisations raisonnables, et en co-investissant avec des acteurs privés, afin de créer des consolidateurs d'origine française", a souligné Nicolas Dufourcq, le directeur général de l?institution dans un entretien accordé à l?Agefi. La BPI regroupe CDC Entreprises, le fonds stratégique d?investissement (FSI) et FSI régions, et OSEO. Elle dispose d?une force de frappe d'une force de frappe de 42 milliards d'euros qui lui permet d?offrir toutes les solutions de financement aux entreprises pour renforcer le haut et du bas de bilan, soutenir l?innovation, l?export et donc pour favoriser la consolidation.
"Beaucoup d'entreprises peuvent devenir des ?Essilor? 2030", a-t-il expliqué en mettant en avant le succès de cette petite entreprise française devenue leader mondial des verres ophtalmiques.

La BPI a plus de latitude que le FSI

"La doctrine du FSI lui interdisait de pratiquer le ?cash out?, c'est-à-dire de racheter des sociétés sous LBO à des fonds. Il a dû refuser beaucoup de dossiers qui peuvent aujourd'hui laisser des regrets, car on a laissé sortir du patrimoine français de belles entreprises de taille intermédiaire (ETI)", a-t-il poursuivi tout en précisant que l'intention de la BPI n'était pas de "saupoudrer" mais "d'identifier au sein d'un secteur les entreprises hors normes", préférant parler de "champion plutôt que de filières".
Selon Nicolas Dufourcq, la BPI n?a pas de « problème de capacité" car il reste "3,6 milliards d'euros à libérer du côté du FSI".

Une approche statistique de ce côté du Rhin

Favoriser la consolidation sera bien utile, à condition que l?action de la BPI se traduise effectivement par de nombreux rapprochements entre PME aux activités concurrentes ou complémentaires. Mais la consolidation ne peut être qu?un outil parmi d?autres de la puissance publique. Si la France ne compte que 4.600 ETI, soit deux fois moins qu?en Allemagne, c?est aussi parce que les conditions de développement des TPE et des PME ne sont pas optimales. Les contraintes fiscales et réglementaires ? à l?origine du nouveau choc de simplification promis par le gouvernement - ; les difficultés d?accès au financement bancaire - la principale source de liquidités des entreprises -, sont autant d?urgence à régler. Entre autres blocages.

Par ailleurs, augmenter voire doubler le nombre d?ETI, encourager en France la création d?un Mittlestand ? c?est ainsi que l?on appelle TPE, les PME et les ETI de croissance outre-Rhin permettrait-il de redresser la compétitivité de l?économie tricolore ? Ce n?est pas certain. Comme si les difficultés de la France n?étaient qu?un problème statistique !

Créer un Mittlestand en France, illusoire ?

« Il serait illusoire de vouloir créer un Mittlestand à la française tant le Mittlestand allemand est le produit de l?histoire, de la culture et de l?identité de l?Allemagne. La France et son industrie ont des atouts qu?il ne faut pas nier, ceux de la puissance économique mondiale. Dans le même temps, ignorer les facteurs de la réussite du système productif allemand serait absurde : la France, bien au contraire, sans vouloir les copier pourrait bien utilement s?en inspirer », explique Jean-Yves Gilet, le directeur général du ? FSI en introduction du rapport « Pour un nouveau regard sur le Mittlestand » publié cet automne à la Documentation française.
 

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Commentaires
a écrit le 17/04/2013 à 22:14 :
la BPI veut bien prêter aux entreprises -champions, qui ont un avenir à 2030! mais pour ça, les banques traditionnelles suffisent! quant aux autres entreprises( la grande majorité ), qu'ellles se débrouillent comme avantl la BPI n'est pas pour elles! encore un technocrate bardé de certitudes, et supérieurement méprisant ! Mais que dit et fait la vice- présidente socialiste?
a écrit le 10/04/2013 à 19:01 :
les investisseurs prives n'ont pas besoin d'elles pour leurs projets, et n'ont pas envie de se faire nationaliser les gains communs en cas de gain... pour ce qui est du mittelstand, certains devraient faire un stage en allemagne, ca leur eviterait de dire des conne... sur la tribune.fr.... si le mittelstand allemand existe, c'est qu'il y a de bonnes raisons.......
a écrit le 10/04/2013 à 18:21 :
Plutôt que cette appellation bidon dont on sait que le principal moteur est la situation de redondance, la BPI s'engage à une concentration fiancière des entreprises. Comme avancé souvent sur ce fil : Il n'existera plus que 132 entreprises en France à l'horizon de 20 ans !! La problématique est alors d'explorer quelle est la logique de ces manoeuvres et bien entendu à qui appartiendront ces entreprises d'état qui ne devront leur réussite qu'à cette seule démarche ? On n'a pas pris soin d'évoquer la question.
a écrit le 10/04/2013 à 14:29 :
Déjà trois acronymes : ETI, BPI, LBO, dans l'accroche de cet article. On dirait qu'on fabrique une tutelle technocratique de plus pour l'industrie française.Qui n'a peut-être pas vraiment besoin de çà.
a écrit le 10/04/2013 à 14:17 :
On peut copier ce qu on veut car ...on va le denaturer par ambition politique (Heuliez) ou par copinage si ce n est par corruption ou .....
En France tant qu on aura la meme culture politique seigneurale corrompue et fonctionnariale...on est voue à l echec ou à des 1/2 reussites
a écrit le 10/04/2013 à 13:29 :
bientôt c'est l'état qui fixera le prix de cession d'une entreprise pour faire plaisir à ces messieurs ...Va-t-on vers un système SAFER appliqué aux entreprises avec droit de préemption ? Apparemment l'important est d'augmenter le pouvoir des fonctionnaires avec bientôt un parlement 100% fonctionnaires, et des entreprises 100% idem .Comme cela on ne parlera plus d'argent et on en n'aura plus non plus ...
a écrit le 10/04/2013 à 12:54 :
Et c'est reparti pour l'étatisation rampante, avec son cortège de canards boiteux secourus aux frais du contribuable, de l'économie mixte avec l'état actionnaire de référence, des prêts toxiques comme ceux qu'a accordé Dexia, et inévitablement, du copinage politico-administratif. Il y a en France d'excellentes sociétés financières spécialistes du capital risque et du capital développement. C'est à travers eux qu'il faut agir, en leur donnant un un bon cadre juridique et surtout fiscal, car la plus-value a tendance à devenir un délit. L'argent, ils sauront le trouver pour les projets qui en valent la peine.
Réponse de le 10/04/2013 à 14:17 :
Ce ne sera pas nécessairement le cas, car la BPI ne fait QUE du co-investissement avec des banques ou des fonds d'investissements privés, ce qui assure en quelques sortes contre le sauvetage de canards boiteux, vers lesquels aucune banque privée n'acceptera de prendre le risque d?investir.
Ce système fonctionne, et pour preuve il suffit se renseigner sur la banque publique allemande KfW qui marche très bien et permet aux petites entreprises de grandir.
De même qu'en france, la caisse des dépôts existe depuis 200 ans et OSEO depuis 45 ans, et les deux ont presque continuellement fait du bénéfice. (seulement 2 années de pertes pour la caisse des dépôts, sur 200)
a écrit le 10/04/2013 à 12:18 :
Arrêtez donc avec vos fausses bonnes idées de "gestionnaires" étatiques. Si vous voulez des PME moyennes, posez vous deux questions: 1. pourquoi elles n'existent pas? (réponse: notre législation, la votre pour être précis) 2. que faut-il faire? (réponse: foutre la paix aux entrepreneurs et leur permettre de capitaliser sur leur boîte). Annexement, cesser de favoriser les grands groupes au détriment des PME, et par leur accès au financement et par la régulation discriminatoire et par le "capitalisme" de connivence qui les favorise et vous permet de vous recaser. Bref toutes choses que vous n'êtes pas vraiment prêts à faire, ce qui laisse à penser que soit l'annonce est creuse, soit vous allez encore mettre en place un système d'aide indirect aux grands groupes par leurs filiales.
Réponse de le 10/04/2013 à 14:20 :
+1 et tous ceux qui vont dans le meme sens...moins d etat et de moins de politiques vereux ou incompetents....et deja...Et faites payer les memes impots aux les multinationales qu aux PME
Réponse de le 10/04/2013 à 19:06 :
houla, ca c'est incomprehensible pour un enarque, surtout s'il a ft des promesses de campagne..... la ou c'est drole c'est quand ils vont voir le carnage en arriere boutique... c'est juste une question de temps, ft etre patient... ;-)))))... preparez le champagne, ;-)

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