Cahuzac persiste: "600.000 euros oui, le reste non"
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C'était attendu. L'ancien ministre du Budget a confirmé mardi, dans une interview accordée à BFMTV et RMC, qu'il renonçait à son siège de député. En revanche, Jérôme Cahuzac a démenti la présence de 15 millions d'euros sur un compte en Suisse, assurant que ses avoirs à l'étranger étaient de 600 000 euros. La Tribune résume en 10 points les principales déclarations à retenir de cette intervention.
"600.000 euros oui, le reste non". C'est ce qu'a assuré l'ancien ministre du Budget mardi sur BFMTV. "J'ai déjà dit aux juges ce qu'était le montant de ce compte à l'étranger. La procédure judiciaire le montrera", a-t-il ajouté.
A la question "d'où vient l'argent ?", l'ancien ministre répond "de mon travail". "J'ai eu à oeuvrer avec des entreprises de santé", poursuit-il. Avant de préciser: "il n'y a pas de confusion des genres, ni de conflits d'intérêts. Quand j'étais au cabinet Evin [ministre de la Santé sous le gouvernement Rocard en 1988, ndlr.], j'ai fait mon travail le plus loyalement possible". L'ancien ministre du Budget explique ainsi que c'est seulement après avoir quitté ses fonctions qu'il a travaillé "en toute légalité avec de laboratoires pharmaceutiques".
Jérôme Cahuzac démént également tout financement illicite de parti politique. "Ce compte n'a jamais servi à financer des campagnes du Parti socialiseé, a-t-il assuré. "La rumeur sur les 15 millions court, la rumeur sur ces financements parallèles court. Toutes les rumeurs ne sont pas fondées. Loin s'en faut", a commenté l'ancien ministre du Budget.
L'ancien ministre du Budget explique qu'il n'a plus accepté aucune mission lorsqu'il est devenu député de la 3e circonscription du Lot-et-Garonne, le 12 juin 1997.
"J'ai effectivement pris la décision, (...) j'estime que la gravité de cette faute ne me permet pas de conserver mon mandat parlementaire", a estimé l'ancien ministre du Budget. Avant de préciser: "la faute morale ne me permet pas de rester député". Un éventuel retour en politique, lui "paraît peu probable". Jérôme Cahuzac a "le sentiment très puissant qu'une page se tourne". "La vie politique n'a de sens que lorsqu'on est élu. Je n'ai, de fait, plus de vie politique", a-t-il ajouté. Et de conclure: "je redeviens un simple citoyen sans mandat et sans responsabilité".
"Incontestablement les réactions ont été très violentes", a estimé l'ancien ministre du Budget. Bien que ce ne soit, selon lui, pas à lui d'en juger, Jérôme Cahuzac assure qu'"il y a eu un acharnement" dont il "doute qu'il y ait eu un précédent".
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Concernant la question de ses indemnités d'ancien ministre, Jérôme Cahuzac a expliqué qu'il s'agissait d'un "problème juridique". "Je laisse à la justice le soin de faire son travail, a-t-il indiqué.
Que se passe-t-il dans la tête de Jérôme Cahuzac lorsqu'il est nommé au Budget? Jérôme Cahuzac tient d'abord à rappeler qu'il est "dans l'irrationnel". "On se ment à soi-même quand on a une part d'ombre", explique-t-il. "Ce jour-là, j'aurais dû avoir la force de refuser. J'ai commis une faute en ne le faisant pas. Croyez bien que j'en paye le prix fort aujourd'hui. Cette ambition je n'aurais pas dû l'avoir sans supprimer cette part d'ombre", assure l'ancien ministre du Budget. Avant de préciser qu'il ne sait pas quel était le degré de connaissance de l'exécutif. "Je leur ai menti", déplore-t-il.
Au sujet de l'ouverture de ce compte en Suisse il y a 20 ans, Jérôme Cahuzac explique qu'à cette époque, Philippe Peninc (qui lui a organisé l'ouverture de ce compte, NDLR) n'est pas proche de Marine Le Pen qu'il dit avoir rencontré "lors d'une activité sportive". "J'oublie cette affaire avant de l'occulter. J'ai commis une folle bêtise il y a 20 ans. J'avais une part d'ombre qui est aujourd'hui en pleine lumière. Qui n'a pas une part d'ombre? J'admire ceux pour qui ce ne serait le cas", poursuit-il.
Pourquoi Jérôme Cahuzac a-t-il subitement avoué? "Ce n'est pas il y a 15 jours que je le décide, c'est avant. Après ma démission du gouvernement, je comprends qu'il faut cesser cette situation totalement malsaine faisant que je me consume littéralement moi-même car cette contradiction interne que je porte en moi, je ne la supporte plus. J'ai la conviction que seule la vérité pourra me permettre de me retrouver en accord avec moi-même". Et de poursuivre: "c'est pourquoi je renonce à tout recours. En revanche, je n'ai pas à dire ce qui se passe avec les juges".
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La prison? "C'est un risque", répond Jérôme Cahuzac. "Oui j'ai peur, mais je le ferai quand-même. Nier la peur n'enlève pas le risque", analyse-t-il. "Vos confreres ont puissament contribué à dévaster ma vie. Mais c'est moi le responsable. C'est à moi que j'en veux. Le vrai responsable de cette situation c'est moi et personne d'autre", reconnaît-il. Il est toutefois nécessaire de se relever pour "assumer le mieux et le plus dignement possible", a-t-il expliqué pour répondre à une question au sujet d'un éventuel tentation de suicide.
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