Retraites et allongement de l'espérance de vie (1/2) : quel impact sur la durée de cotisation ?

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Sous la pression de Bruxelles, l'Etat doit s'empresser de trouver des solutions pour modifier le fonctionnement du régime général des retraites afin, d'une part, de réussir à économiser 7 milliards d'euros d'ici 2020 et, d'autre part, d'assurer la viabilité du système à plus long terme. Il va falloir trouver le bon équilibre entre âge légal de départ à la retraite, durée de cotisation, niveau des prélèvements obligatoires... La question de l'espérance de vie est aussi un paramètre essentiel à prendre en compte..

Alors qu'en 1994, un homme âgé de 60 ans pouvait espérer vivre encore 19,7 ans, il a désormais une espérance de vie moyenne de 22,6 ans, d'après les estimations de l'Insee. Il y a donc de plus en plus de pensions de retraites à assurer et pendant plus longtemps.

Deuxième phénomène démographique à prendre en compte : le baby-boom. Outre l'amélioration de l'espérance de vie, le grand nombre de personnes nées après la seconde guerre mondiale fait aujourd'hui gonfler encore plus le nombre de retraités. "Du fait de la croissance de la population âgée, en 2050, il n'y aurait plus que 1,4 actif pour un inactif de plus de 60 ans, contre 2,2 en 2005" notait l'Insee en juillet 2006.

D'où la nécessité de réformer le système des retraites rapidement. Le raisonnement souvent tenu en la matière est que la durée de vie augmentant, il serait normal de reporter cette évolution sur le rapport vie active/ vie retraitée, afin de maintenir un rapport deux-tiers/un tiers de la vie adulte. Logique. Pourtant, durant toute la seconde moitié du XXe siècle, on a fait le contraire ! Ce que rappelait déjà en 2011 Didier Blanchet, chef du département des études d'ensemble à l'Insee, actuellement membre de la Commission pour l'avenir des retraites qui a rédigé le rapport Moreau.

Travailler plus longtemps ? par Didier Blanchet (2011). Durée : 10'10 from Ined on Vimeo.

"Si on avait appliqué à la lettre ce genre de principe dès la mise en place du système de retraite en 1946, on serait aujourd'hui avec un âge légal supérieur à 70 ans... Or historiquement on a été exactement en sens inverse, selon une tendance séculaire qui n'est pas propre à la France", expliquait-il lors d'un séminaire de l'Ined. C'est vrai, par exemple, qu'en 1981, l'âge légal de la retraite a été ramené de 65 à 60 ans. En fait, d'autres facteurs ont été pris en compte : l'évolution de la productivité par exemple.

La baby-boom, une évolution démographique à double tranchant

Pendant des décennies, en effet, l'augmentation de la productivité a permis de produire plus de richesses en travaillant moins. Mais désormais, cette logique est mise à mal. La productivité ralentit fortement, la croissance économique stagne quand elle ne chute pas. Actuellement, la France est même en récession, selon l'Insee. D'où la volonté de faire marche arrière et de procéder à un mécanisme inverse de celui suivi au cours du XXe siècle : rallonger la durée de cotisation et repousser l'âge de la retraite, afin d'optimiser les chances de survie du système général.

Mais légiférer ne suffira peut-être pas. Même si on allonge la durée de cotisation obligatoire par la voie législative, l'effet mécanique sur le marché du travail n'est pas garantie. Autrement dit, même si on exige des actifs qu'ils cotisent plus longtemps, on ignore s'ils travailleront effectivement plus longtemps.

Incertitude sur la possibilité pour les seniors de conserver un emploi

"Quand on allonge la durée de cotisation, c'est avec l'idée que les gens vont essayer de travailler plus longtemps pour arriver à bénéficier d'un taux plein (et donc d'un niveau de retraite conséquent). Mais cette option risque de ne pas fonctionner pour une partie de la population, soit parce qu'elle est pressée de prendre la retraite soit parce qu'elle n'a de toute façon plus de travail en fin de carrière et souhaite donc passer à la retraite directement", explique Didier Blanchet à "La Tribune". Eventualité probable, étant donné que le taux d'emploi des 55-64 ans français est actuellement évalué à seulement 39,7 % par l'Insee. Le taux de chômage de cette tranche d'âge est de 6,5%. Surtout, selon l'étude "Emploi et salaires 2013" publiée mercredi 6 mars par l'Insee, le taux d'activité des seniors français est particulièrement faible comparé à la moyenne européenne. "La France se distingue par un 'décrochage' particulièrement marqué de la participation au marché du travail à partir de l'âge de 55 ans", peut-on lire dans l'étude.

Le fait qu'il y ait moins d'actifs pour assurer plus de pensions de retraites paraît inévitable. "En toute hypothèse, une baisse du taux de remplacement semble de toute manière inévitable (...), la seule façon de l'éviter serait que les individus reportent leur départ de plus en plus au-delà du taux plein pour compenser la baisse de la pension à taux plein (et ne pas perdre trop, côté pouvoir d'achat, ndlr)", souligne le démographe Didier Blanchet.

Toutefois, passé le cap des départs en retraite de la génération du baby-boom, la situation pourrait s'améliorer. "Pendant encore 25 ans, les nombreux départs à la retraite des générations du baby-boom et l'allongement de l'espérance de vie conduisent à une baisse rapide du ratio démographique (mentionné ci-dessus, ndlr). Mais au-delà, l'avenir est plus dégagé", relève la synthèse du rapport Moreau publié début juin.

La réforme de 2003 arrive à échéance dans 7 ans

En France, l'espérance de vie est déjà prise en compte depuis dix ans, à la suite de la réforme effectuée en 2003. Mais la solution n'est pas définitive. Didier Blanchet explique : "On a introduit en 2003 une forme de dépendance par rapport à l'allongement de la durée de vie globale, puisque, au moins jusqu'en 2020, la durée de cotisation requise pour le taux plein évolue en fonction de l'espérance de vie pour maintenir un rapport d'à peu près 2/3 -1/3 entre durée travaillée et durée de la retraite. Néanmoins, ceci ne créé pas un lien complet entre espérance de vie et âge de la retraite. Par exemple, ceci n'affecte pas les personnes qui atteignent l'âge minimum en ayant déjà la durée de cotisation requise".

La pénibilité des tâches et l'allongement des études également considérés

Bien sûr, l'espérance de vie n'est pas le seul critère qui rentrera en compte dans l'allongement probable de la durée de cotisation. "L'allongement de la durée de cotisation doit aussi tenir compte de la pénibilité des tâches", a par exemple déclaré François Hollande jeudi 20 juin lors de son discours d'ouverture de la deuxième conférence sociale de son quinquennat. La prise en compte de la pénibilité est d'ailleurs l'une des pistes suggérées par la Commission pour l'avenir des retraites, présidée par Yannick Moreau, qui a remis son rapport à la mi-juin. L'allongement de la durée des études fait également partie des critères à considérer... mais les débats autour de la réforme des retraites durant tout l'été puis à la rentrée donneront l'occasion d'y revenir, une fois que le gouvernement aura fourni plus de précisions.

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Commentaires
a écrit le 28/06/2013 à 0:01 :
Tout ça pour nous faire admettre qu'il faut travailler plus en gagnant moins (augmentation probable des cotisations), travailler plus longtemps, pour être en retraite moins longtemps en gagnant moins (baisse des pensions et/ou augmentation de la csg) ___ Ça, on avait déjà compris... maintenant pour le gouvernement c'est de savoir quels sont ceux (vu la diversité des systèmes) que l'on va pouvoir plumer le plus facilement... Allez chercher bien...et n'essayer pas de mettre un peu d'égalité... soyez sérieux!!!
a écrit le 27/06/2013 à 13:35 :
Quand donc arrêtera-t-on de parler de l'espérance de vie qui ne fait que croitre, impliquant les mêmes discours de report des âges légaux. Depuis de nombreuses années, l'espérance de vie en bonne santé, elle, ne bouge aucunement. Actuellement, suivant données européennes pour 2011, l'espérance de vie sans incapacité à 50 ans en France est de 19,4 ans.
a écrit le 26/06/2013 à 23:41 :
pénibilité des tâches ! 35 H avec de l'absentéisme ou 60 H effectif ou + pour l'encadrement avec du stress et pris entre marteau et enclume ?
Espérance de Vie ! Et pour les personnes atteinte d'une longue maladie ? Et pourquoi ne pas proratiser la retraite sans effet de pénalité pour ceux qui partent plus tôt; mais juste un simple calcul actuariel comme le ferait un assureur ? Retraite = fonction des contributions passées + nb d'enfants élevés aidant à respecter à tenir un seuil d'actif/retraité + haut ?
Et la période d'étude devrait aussi être considéré comme une période de travail (au moins pour les années réussies) vu que après on est rincé par la fiscalité conservatoire ! Etudier et réussir ses examens vaut bien au moins autant qu'une période validée par un travail partiel !
Qui osera remettre à plat un système défendu par les apparatchiks du régime et dont Hollande commence d'emblée à écarter l'injustice flagrante entre privé (calcul sur 25 ans) et le fonctionnaire (calcul sur 6 dernier mois !) !!!!
Ou alors les jeunes voteront en quittant ce pays et les vieux cons acrochés à leurs ZAQUIS pleureront

a écrit le 26/06/2013 à 20:42 :
Article à peine biaisé et sans doute commandité par le gouvernement pour faire avaler la pilule :-) Comment les anciens vont-ils continuer à travailler alors qu'il n'y a généralement plus de travail en France ? Ils vont sans doute d'un seul coup créer leur emploi alors qu'ils n'ont pas été capables de le faire quand ils étaient actifs :-) On parle beaucoup du coût des retraites en oubliant de dire que les gens ont cotisé pour cela. Quand va-t-on modifier le régime de ceux qui n'ont pas cotisé et de ceux qui bénéficient de privilèges (entre autres les élus). D'autre part, toutes ces guerres n'amputent-elles pas non seulement le budget des retraites, mais aussi celui de l'enseignement, de la santé, etc. De toute manière, compte tenu de la situation en France, il est improbable que les jeunes aient une retraite parce qu'en commençant à travailler vers 30 ans dans le meilleur des cas, et à condition de ne jamais être au chômage dans leur vie, ils devront travailler bien au-delà de 70 ans (30 + 42 ans de cotisation actuellement = 72 ans)
Réponse de le 27/06/2013 à 12:08 :
on pas parier qu'ils seront, pour la plupart six pieds sous terre avant ! c'est un excellent calcul pour l'état !
a écrit le 26/06/2013 à 20:39 :
Encore un commentaire si vous le permettez;la productivité permet de produire autant avec moins de travail;le travail libéré est assimilé à du chomage;pour permettre à ces emplois libérés de produire des richesses,il faut baisser le cout du travail....Continuez le raisonnement
a écrit le 26/06/2013 à 20:32 :
Il faut raisonner en tenant compte des gains de productivité.Un homme de maintenant produit plus qu'un homme d'hier;il y a donc plus de richesses à partager même s'il y a moins de monde pour travailler.Et la productivité dépend de l'énergie.Enchainez tous ces éléments,travail,capital pour acheter les machines et énergie pour alimenter les machines.Bonne chance!Et n'oubliez pas que la retraite consiste à se répartir les richesses produites et pas les salaires!
a écrit le 26/06/2013 à 20:22 :
Il semble pourtant selon l'INSEE que la durée de vie serait en régression. Encore des couleuvres.
Réponse de le 27/06/2013 à 12:27 :
Non, pas l'INSEE, ne pas se fier à leurs calculs pour le moins fantaisistes! Voir le Figaro 2013/01/29/05005-20130129 l'espérance de vie en baisse en France en 2012 !!
Réponse de le 27/06/2013 à 13:47 :
L'espérance de vie est en hausse par contre selon l'INSERM l'espérance de vie sans incapacité est en baisse. Mais vous avez raison il est plus simple de ne reprendre que les chiffres qui arrangent
Réponse de le 28/06/2013 à 7:14 :
Il n'empêche l'espérance de vie est bien en baisse : http://lebloglibredemonquartier.midiblogs.com/media/01/00/2852175890.pdf
a écrit le 26/06/2013 à 17:19 :
La formule utilisée dans la réforme de 2003 tient compte de l'espérance de vie à 60 ans, et tend à maintenir constant le rapport entre la durée de cotisation et le nombre d'années restant à vivre au moment du départ en retraite. CF COR
Or contrairement à ce qui ce dit couramment, l'espérance de vie à 60 ans a diminué l'an passé en 2012 , passant de 22,7à 22,6 pour les hommes , et de 27,4 à 27,2 pour les femmes. (Cf Insee)
Ce n'est donc pas aussi simple.
a écrit le 26/06/2013 à 17:17 :
je suis parti en retraite à 61 ans car le risque de voir mes conditions de depart se degrader était important et avéré depuis .J'aurai très volontiers poursuivi jusqu'à 65ans et mon depart ,au regard de mes responsabilité n'a pas eu un effet compensateur en terme d'embauche .Voir aussi toutes les mesures prises pour les pré retraites et celles qui ne l'ont pas été pour decourager le depart des seniors au motif de chimériques liberations de postes ..l'analyse n'est pas si evidemment celle que propose cet article
Réponse de le 27/06/2013 à 13:11 :
tout à fait de votre avis! libérations de postes, en croyant que des jeunes seraient embauchés, par exemple, même après une formation...mais il n'en est rien; personne n'est remplacé , et ceux qui restent se tapent le travail de 2 à 3 personnes, d'où les conditions qui se dégradent , et font que les individus en ont RAZ LE BOL ! + 1
Réponse de le 27/06/2013 à 20:20 :
Derrière tous ces articles et réflexion, un seul objectif apparaît : faire baisser le niveau des pensions futures, en cotisant plus et plus longtemps.
Ajouter à cela, une fiscalité confiscatoire, l'absence de dispositions pour permettre de composer des compléments retraites.
Bref une politique volontaire de paupérisation de la population, que le régime de solidarité ne pourra plus sauver.
a écrit le 26/06/2013 à 16:59 :
L'espérance de vie est donc en moyenne de 83 ans à l'inverse selon l'INSERM l'espérance de vie sans incapacité diminue en france de 63 ans en 2009 à 62 ans en 2010.
Il faut savoir le message que l'on veut passer pour trouver ensuite la statistique qui démontrera comment y arriver. Je vous assure ce subterfuge aussi curieux que cela puisse paraître marche très bien
a écrit le 26/06/2013 à 16:20 :
pénibilité ils sens fiche totalement j ai 37 ans de travail postés et semi continu et j ai un camarade lui a en autant mais en feu continu et bien il pensait partir a 60 vu qu il est de 52 et bien non c est 62 ans et moi idem moi j aurai 46 ans de travail et le collègue 43 ans et combien dans le même cas hollande est un menteur
a écrit le 26/06/2013 à 15:55 :
Aucune objectivité et impartialité dans un rapport fait par des fonctionnaires (INSEE) pour des fonctionnaires en disponibilités (nos gouvernants). Réduire le peuple salarié à l'esclavagisme dans l'intérêt d'une caste de privilégiés ne peut que se traduire par de futures violences contre ces fonctionnaires qui se pensent au-dessus des autres.

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