"Le monde des PME reste encore très mal connu" (Dufourcq)

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 Nous nous sommes rendus compte de la trop grande rareté des statistiques dans le domaine de la PME
" Nous nous sommes rendus compte de la trop grande rareté des statistiques dans le domaine de la PME "
Dans un entretien accordé à La Tribune, Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance dévoile les contours de Bpifrance Le Lab, un laboratoire d’idées exclusivement dédié à la recherche sur les PME et les ETI. Ses objectifs sont clairs : augmenter l’efficacité de l’action de la banque publique, le bras armé de l’Etat dans le domaine financier.

La Tribune - Vous venez de lancer Bpifrance Le Lab. Quels sont ses objectifs ?

Nicolas Dufourcq - Ce nouvel outil a l'ambition de devenir un laboratoire d'idées dédié à la recherche et au travail des données sur les PME, une plate-forme d'échanges entre les nombreux économistes qui travaillent sur ce sujet.  

Les statistiques de l'Insee ne suffisent-elle pas ?

Si nous avons lancé cette initiative, c'est parce que nous nous sommes rendus compte de la trop grande rareté des statistiques dans ce domaine. Le travail de l'Insee n'est pas en cause. Le monde des PME reste encore très mal connu car c'est un kaléidoscope très difficile à cerner.

Pour quelles raisons ?

Quel est le point commun entre une start-up technologique et une PME familiale industrielle ? Elles ont des besoins de financement, des trajectoires de développement totalement différents. Quand la première considère l'ouverture de son capital comme une reconnaissance, voire une consécration, la seconde reste plus prudente lorsqu'il s'agit de financer son développement. On ne peut donc pas leur proposer les mêmes solutions, les mêmes conseils. Si l'on veut faire grandir nos PME et nos ETI dans un contexte de raréfaction monétaire, il faut que la structuration de financement, de services et des conseils soit optimale. En raison des difficultés d'appréhension et de compréhension du sujet, je ne pense pas que ce soit actuellement le cas.

D'où proviendront les données qui alimenteront les travaux des chercheurs du Lab ?

Bpifrance peut mobiliser sous forme digitale quatorze années d'historique de financement de 500.000 entreprises, pour un million d'opérations. C'est une mine d'informations gigantesque et totalement sécurisée que nous allons mettre à disposition des chercheurs en partenariat avec l'Insee et le Centre d'Accès Sécurisé à Distance (CASD).  

Qui composera ce laboratoire d'idées ?

Logé au siège de Bpifrance, à Maisons-Alfort, le Lab sera composé d'unedizaine de d'experts issus des directions des études d'Oseo et de CDC Entreprises que nous avons fusionné dès la création de Bpifrance. Les travaux de cette équipe, pilotée par Philippe Mutricy, Directeur de l'Evaluation, des Etudes et de la Prospective,seront pilotés par un comité d'orientation regroupant des experts de tous horizons parmi lesquels Sergio Arzeni, le directeur du centre pour l'entrepreneuriat, les PME et le développement local de l'OCDE, Agnès Bénassy, professeur à l'École d'économie de Paris, à l'Université Paris 1 et présidente-déléguée du Conseil d'analyse économique, Armand Hatchuel, professeur à Mines Paris Tech ou encore Olivier Torrès, Professeur à l'Université de Montpellier, Président de l'Association Internationale pour la Recherche en Entrepreneuriat et PME. Concrètement, nous souhaitons que le Lab devienne « la machine à café » des économistes spécialisés sur les questions relatives aux PME. Il doit devenir un lieu d'échanges.

Quels seront les sujets abordés ?

Des travaux de réflexion sur les moteurs et les freins à la croissance des PME, sur les dirigeants de PME, sur leurs innombrables caractéristiques sont déjà programmés. De même que nous avons présenté lors du lancement une étude consacrée à la création d'entreprises innovantes par des femmes. Nous continuerons à publier nos enquêtes semestrielles et annuelles sur les PME et les ETI.

Qui pourra accéder à toutes ces données ?

Nous avons lancés un appel à projets, en ligne sur le site dédié, bpifrance-lelab.fr. Les équipes sélectionnées pourront utiliser toutes nos statistiques pour mener à bien leurs projets de recherche.  

Les résultats de ces recherches seront-ils rendus publics ?

Bien sûr ! Certes, ces travaux doivent permettre de renforcer l'efficacité de l'action de Bpifrance dans le domaine du financement et de l'accompagnement. Mais cette production d'informations nouvelles a aussi vocation à être diffusée. Le Lab doit favoriser la transmission de la connaissance. C'est l'une de ses priorités. Depuis jeudi, 578 études, enquêtes et séries statistiques produites par les différentes entités de Bpifrance sont déjà disponible sur le site du Lab.

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Commentaires
a écrit le 14/03/2014 à 22:32 :
Ahurissant de parisianisme. Pauvre France.
a écrit le 14/03/2014 à 19:07 :
C'est une très bonne idée. Ça permettra d'y voir pus clair et de former le directeur délégué, Darnaud et Lesseurre, le Drh du groupe qui n'ont toujours pas compris ce que veut dire pme, gestion responsable, et qui prennent des vessies pour des lanternes.
a écrit le 14/03/2014 à 16:02 :
Lequel de ces fonctionnaires (ceux du "Lab") a-t-il déjà hypothéqué sa maison, travaillé jour et nuit sans revenu pour créer sa PME, souffert d'insomnie inquiet de ne pas pouvoir payer ses employés à la fin du mois ...
Comment ces "fonctionnaires" peuvent-ils comprendre (c'est mieux que "connaître") les PME ?
Réponse de le 14/03/2014 à 20:13 :
C'est quand même dingue la mentatlité des français. Il faut toujours critiquer avant même d'avoir vu le résultat et sur la base d'a priori
a écrit le 14/03/2014 à 15:33 :
Hi Hi Hi !!! Je n'arrive pas à me retenir de pouffer de rire devant cet " Illustrissime aréopage d'incompétents..." Hi Hi Hi ...Ha Ha Ha !!!
a écrit le 14/03/2014 à 13:50 :
le gouvernement doit se pencher sur les artisans ,commerçants.pourquoi ne pas nommer un collège d'économistes experts,qui rédigeraient un "livre blanc" sur les très petites entreprises .cela permettrait de mieux comprendre pourquoi elles sont si peu profitables:manque d'études et de culture de leurs dirigeants,gestion fantaisiste,dépenses somptuaires par rapport aux revenus,toutes ces pistes sont a creuser.
a écrit le 14/03/2014 à 10:13 :
Quand on voit la composition du "Lab", on se dit que les PME ne sont pas près d'être comprises ...
L'une des ses personnes a-t-elle déjà hypothéqué sa maison pour monter sa société ?
a écrit le 14/03/2014 à 9:07 :
Peut être que si les banques étaient moins frileuses et prêtaient plus aux PME et aux startups comme c'est le cas aux USA, l'Etat n'aurait pas à jouer les banquiers!
a écrit le 14/03/2014 à 8:09 :
Il n'a toujours pas compris que les spécialistes de la PME sont majoritairement des gestionnaires, pas des économistes.
a écrit le 14/03/2014 à 7:51 :
C'est surtout le travail qui est mal connu...je le prends en stage quand il le souhaite, en 1 semaine de 60 heures il devrait vite comprendre....remettez la France au travail au lieu de sortir des inepties permanentes.
a écrit le 14/03/2014 à 7:16 :
Incroyable ce pays des fonctionnaires de plus!

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