Apprentissage, le gouvernement sonne le tocsin !

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Tous les acteurs en charge de l'apprentissage se réunissent le 19 septembre pour lever les frein à son développement
Tous les acteurs en charge de l'apprentissage se réunissent le 19 septembre pour lever les frein à son développement (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Tous les acteurs en charge de l'apprentissage se réunissent le 19 septembre à Paris pour tenter de lever les freins à son développement. Sur la table: des aménagements possibles du code du travail, une revalorisation de la rémunération de certains apprentis, des simplifications administratives, etc...

L'heure est à la mobilisation générale pour relancer l'apprentissage... Une fois de plus, diront les pessimistes. Ah, enfin ! Rétorqueront les optimistes. En attendant, ce vendredi 19 septembre une cinquantaine de représentants des organisations syndicales et patronales, des Régions, des chambres de commerce, des chambres de métiers, etc... sont invités toute la journée à Paris à réfléchir sur les moyens de lever les freins à l'apprentissage. On connaît l'objectif présidentiel de parvenir à 500.000 contrats d'apprentisssage ou de professionnalisation à l'horizon 2017. Actuellement, ils ne sont que 420.000. Pis, à la rentrée 2013 dans les centres de formation des apprentis (CFA), les effectifs étaient en baisse de 3% par rapport à 2012.
Et les sondages n'incitent guère à l'optimisme: à la mi-juin, seuls 12% des chefs d'entreprises envisageaient d'avoir davantage recours à des personnes en alternance.
Or, lors de la Conférence sociale de juillet dernier, le chef de l'Etat - qui participera à la journée de mobilisation de vendredi - avait qualifié l'apprentissage de "voie d'excellence" mais constaté des "blocages" dus notamment à une "règlementation trop instable" et des "charges trop lourdes". Et ce alors que le chômage atteint des records (plus de 3,4 millions de demandeurs d'emploi), avec un taux particulièrement lourd chez les jeunes (22,8%). Manuel Valls avait lui pointé du doigt "un problème culturel, un problème français".

Plus de deux cents millions d'euros alloués


Le gouvernement a donc décidé de mettre la main à la poche. L'Assemblée a voté cet été le déblocage de 150 millions d'euros pour financer une aide de 1.000 euros dans les entreprises de moins de 50 salariés embauchant pour la première fois un apprenti, dans les secteurs ayant conclu un accord sur le sujet dans le cadre du pacte de responsabilité.... Une sorte de réparation à la suite de la suppression d'une aide similaire décidée en 2013 dans le cadre de la « modernisation de l'action publique », ce qui avait déclenché un tollé.
Quant aux régions, elles versent aussi une aide de 1.000 euros pour l'embauche d'un apprenti. Globalement, donc, dans les toutes petites entreprises, l'aide à l'embauche peut atteindre 2.000 euros. S'ajoute à cela une autre enveloppe de 80 millions d'euros destinés à l'hébergement des apprentis en provenance du Plan d'investissement d'avenir.
Mais le frein n'est pas que financier. Il faut aussi, vieille antienne, améliorer l'image de l'apprentissage, trop considéré comme une filière réservée aux collégiens ou lycéens en échec scolaire. A cet égard, Najat Vallaud Belkacem, ministre de l'Education nationale, finalise une circulaire pour sensibiliser les recteurs d'Académies à l'apprentissage. Des actions de revalorisation devront être entreprises dans le milieu scolaire.


Vers des aménagement du code du travail?

Des aménagements très ciblés du code du travail pourraient aussi être décidés pour faciliter l'embauche d'apprentis dans certaines filières, la boulangerie par exemple. Actuellement, l'interdiction du travail de nuit des mineurs empêchent les apprentis d'apprendre... à cuire du pain.

La rémunération des apprentis sera également étudiée. Celle-ci varie actuellement entre 25 et 60% du Smic en fonction de l'âge du titulaire du contrat. L'idée serait peut-être de ne plus retenir ce seul critère de l'âge mais aussi de tenir compte de celui du niveau de qualification.
Un volet simplification des démarches administratives sera également sur la table. De fait, notamment pour les TPE, il n'est pas toujours aisé de s'y retrouver dans le maquis actuel.
Pour rassurer les entreprises, qui bien souvent se plaignent de la non implication des apprentis, les CFA seraient appelés à jouer un rôle de « modérateur » pour régler en amont d'éventuels problèmes entre l'entreprise et un apprenti. De fait, un apprenti sur cinq décroche au cours de son contrat d'apprentissage du fait d'une inadéquation entre lui et son milieu professionnel.
Reste que si toutes ces mesures de relance de l'apprentissage sont réellement mises en route, il restera l'épineux problème de la conjoncture. Avec 0,4% de croissance en 2014 et 1% l'année prochaine, il n'est pas du tout certain que les entreprises souhaitent investir dans la formation des jeunes.

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Commentaires
a écrit le 18/09/2014 à 15:08 :
Et puis surtout arreter de garnir les bancs des facultés avec des deugués, des licenciés des masterisés qui ne trouvent pas de travail!
a écrit le 18/09/2014 à 10:15 :
Il eût suffit de ne pas tuer l'apprentissage dès Juillet 2012.
Réponse de le 20/09/2014 à 15:40 :
Oui, mais c'est Sarko qui l'avait fait !!!! Donc à virer,sans réfléchir. Après on s'en mord les doigts mais est trop tard, le mal est fait.
a écrit le 18/09/2014 à 9:30 :
Ce sera idem pour les stagiaires... je prenais un stagiaire par an... maintenant qu'il faut les rémunérer, leur donner des tickets-resto ... et risquer la requalification du contrat en CDI, le lycée d'à coté avait l'air catastrophé ! "vous n'êtes pas le seul, et maintenant, on a 80% de nos élèves qui ne trouvent plus de stages " m'ont-ils dit ! ...
Réponse de le 20/09/2014 à 15:41 :
Le code du travail de 3 les, mettez le au feu; vous verrez que tout ira mieux d'un seul coup, mais il ne faut pas être sectaire pour ça.
a écrit le 18/09/2014 à 8:29 :
ils ont coule l'apprentissage il y a deux ans, plus personne ne veut prendre d'apprentis... maintenant ' ces messieurs' decouvrent ce que tt le monde leur disait a l'epoque, et veulent ' mobiliser' ! vaut mieux entendre ca que d'etre sourd, mais c'est couru d'avance!
Réponse de le 18/09/2014 à 8:59 :
Vous avez tout à fait raison, mon fils a en fait les frais. Pour moi tout cela n'est que de l'enfumage pour gagner du temps, le gouvernement Hollande n'a pas de projets soi-disant efficaces à ce sujet, il essaie de gagner du temps en votant et revotant des aides. C'est la politique du pas en avant, deux pas en arrière.
Réponse de le 18/09/2014 à 9:59 :
Eh oui on a une bureaucratie soviétique et idéologique
Résultat il faut être bien courageux pour prendre des apprentis
Pour moi c est fini !!
a écrit le 18/09/2014 à 7:58 :
C est la victoire de la bureaucratie et des syndicats
Les méchants patrons sont soumis au régime cubain presque le comité de la révolution

Depuis 30 ans on alourdit on complexifie et on coule
Réponse de le 20/09/2014 à 15:43 :
Supprimez le code du travail qui date d'un autre siècle.
a écrit le 18/09/2014 à 1:33 :
Un apprenti compte dans les effectifs de l'entreprise, et, du fait des seuils sociaux, vous empêche de créer un VRAI emploi (vous savez, celui que l'apprenti n'est pas sensé remplacer !) ... vous trouvez ca logique ???
Réponse de le 18/09/2014 à 2:38 :
C'est logique puisque les stages et les contrats d'apprentissage sont essentiellement des emplois déguisés...
Réponse de le 18/09/2014 à 9:16 :
@Michel : si vous dites vrai, alors soyez logique jusqu'au bout, et chercher à couler un peu plus ce statut au lieu de claironner qu'il faut le relancer... logique, ou pas ?
a écrit le 18/09/2014 à 0:51 :
J ai regarde les nouvelles loi pour prendre un apprenti
Quell bordel pour monter sur une échelle il faut avis de la médecine du travail et inspection du travail

A priori les contrats d apprentissage sont qualifié de CDD de 2 ans
Et je vous parle pas de toute les autres obligations
Donc pour moi c est NIET !!
a écrit le 17/09/2014 à 23:49 :
"il restera l'épineux problème de la conjoncture. Avec 0,4% de croissance en 2014 et 1% (prévisionnel non validé par Madame Soleil) l'année prochaine, il n'est pas du tout certain que les entreprises souhaitent investir dans la formation des jeunes." C'est même sûr que non. Aller, j'y vais de ma petite prévision a moi: on est bon pour un petit coup de récession et de déflation.

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