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Conférence sociale: "un vrai succès" pour Rebsamen, un "fiasco" pour Chatel

Photo de Giulietta Gamberini

latribune.fr

Publié le 09 juillet 2014 à 07:37 - Mis à jour le 09 juillet 2014 à 09:29

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Au lendemain de la clôture de la conférence sociale, au cours de laquelle trois organisations syndicales ont claqué la porte le deuxième jour, le gouvernement et les syndicats ayant participé tentent de dresser un bilan positif. Un point de vue loin d'être partagé à droite.

"Un vrai succès". C'est en  ces termes que le ministre du Travail, François Rebsamen, a défini mercredi la conférence sociale, dont la deuxième journée a pourtant été marquée par l'absence de trois syndicats (la CGT, FO Solidaires et la FSU).

La CGT et FO "ont eu tort" estime Rebsamen

Sur RFI, le ministre a souligné:

"Plusieurs mesures ont été confirmées, amplifiées dans le dialogue, acceptées à l'unanimité des présents, ce qui est important puisque c'est la garantie d'un accord demain" sur les sujets de négociation à venir.

François Rebsamen s'est notamment réjoui des 200 millions d'euros annoncés par Manuel Valls pour favoriser l'apprentissage qui devraient, espère-t-il, permettre d'atteindre l'objectif de 500.000 apprentis en formation par an, déjà fixé par de précédents gouvernements.

Pour le ministre, la décision de la CGT et FO de ne pas participer à la conférence de mardi relève de "la posture":

"Ils ont eu tort", car "le dialogue a continué, il a continué avec les organisations majoritaires qui signent les accords", a estimé le ministre.

"Des postures anciennes qui expriment des tensions réelles", pointe Le Guen

Pour sa part, le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, fait preuve de plus de retenue. Interrogé par RTL, il a lui aussi déclaré à propos de la conférence sociale:

"Ce n'est pas un échec".

Mais, tout en voulant croire que "la gauche avance", il a admis l'existence d'"un moment de tension". Le secrétaire d'Etat a expliqué:

"La CGT est confrontée à des conflits internes (...). Il y a une tentation de la radicalité qui est une fuite en avant". "Le Medef a eu une attitude très restrictive. ll y a des postures anciennes qui expriment des tensions réelles.""Nous essayons de les dépasser à droite, à gauche (...). Aujourd'hui, ce gouvernement est à l'offensive, ouvre des brèches, donne des perspectives de réforme", a-t-il néanmoins insisté.

"Toutes les organisations syndicales seront là en septembre", selon Berger

Quant à Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, qui a choisi de participer à la conférence, il a continué de jouer le jeu du dialogue:

Il faut sortir de "la confrontation stérile, de la logique de combat, de la recherche de bouc émissaires", a-t-il affirmésur RMC-BFMTV."Je suis adepte du compromis social, l'Allemagne est peut-être un modèle à ce titre". "Il faut discuter avec le patronat, même si nous n'avons pas les mêmes intérêts, il ne sert à rien d'être dans des postures. Il faut sortir de la culture de la défiance, du dénigrement, du tout va mal", a-t-il estimé, tout en reconnaissant que "le patronat va encore beaucoup traîner des pieds".

Selon lui, "la confrontation sociale ne passe pas forcément par les combats: pendant les tables rondes, il y a eu confrontation, mais on a recherché des solutions", s'est-il réjoui. Malgré ces "profondes divergences sur la conception du syndicalisme", Laurent Berger reste pourtant confiant: ceux qui ont quitté les débats "reviendront à la table des négociations. Toutes les organisations syndicales seront là en septembre".

"Il ne faut pas laisser notre pays dans les mains de ceux qui veulent du mal à la démocratie et aux salariés et qui veulent monter les gens les uns contre les autres", a-t-il mis en garde.

François Hollande "va finir par dialoguer tout seul à l'Elysée", prévoit Chatel

Ce bilan relativement positif est toutefois loin d'être partagé à droite. Ainsi, pour Luc Chatel, la conférence sociale a été tout simplement un "fiasco". Sur Europe 1, le secrétaire général intérimaire de l'UMP a déclaré:

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"Il ne faut pas cacher la vérité: cette conférence sociale a tourné au fiasco pour le gouvernement et le président de la République"."Manuel Valls fête ses cent jours en constatant l'échec du virage social-démocrate. Finalement, les Français sont en train de se rendre compte que Manuel Valls a le même problème que Jean-Marc Ayrault: il s'appelle François Hollande. On voit bien que François Hollande qui se disait le professionnel du dialogue social va finir par dialoguer tout seul à l'Elysée".

"Tous ces gens sont des pantins", selon Marine Le Pen

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Encore plus catégorique Marine Le Pen, qui va jusqu'à comparer le gouvernement à "un hamster qui tourne dans sa cage". Sur LCI et radio Classique, la présidente du Front National a expliqué:

"Ils ont le sentiment d'avancer mais ils n'avancent pas, pour la simple et bonne raison qu'ils ne cessent de défaire ce qu'ils ont fait hier. Depuis le début du mandat ça n'a pas arrêté"."On donne 20 milliards aux entreprises et puis on retire 20 milliards aux entreprises et puis on redonne des milliards aux entreprises. On crée des impôts sur les classes moyennes et maintenant on annonce qu'on va baisser les impôts sur les classes moyennes qu'on vient de créer. On supprime le crédit d'impôt sur l'apprentissage et aujourd'hui ont dit qu'il faut mettre de l'argent sur l'apprentissage. C'est n'importe quoi. Le gouvernement ne sait pas où il va", a-t-elle développée.

La conférence sociale a notamment été, selon elle, "un échec":

"D'abord, le simple fait de l'organiser est un échec puisque c'était la troisième depuis 2012, ce qui prouve bien que les deux précédentes n'ont servi strictement à rien", a-t-elle estimé.

Pour Marine Le Pen, "la France meurt de l'impuissance et de la lâcheté de ses dirigeants soumis au modèle ultralibéral des diktats de l'Union européenne".

Manuel Valls "sera le pire Premier ministre de la Ve République. Tous ces gens sont des pantins", a-t-elle laché.

latribune.fr

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