Bruxelles annonce un plan de surveillance "détaillé et sévère" de la Grèce

Bruxelles a jugé ce lundi le plan d'austérité communiqué par la Grèce "réalisable" mais "risqué", et a annoncé qu'elle mettait en place un plan de surveillance des efforts du pays pour réduire son déficit inédit et "sévère". Elle rendra publique mercredi le détail de ses recommandations.

La Commission européenne a jugé ce lundi que les objectifs fixés par la Grèce pour réduire son déficit étaient "réalisables" mais "risqués". Le gouvernement grec a envoyé à la mi-janvier à la Commission son programme de stabilité pour la période 2010-2013. Ce plan vise à réduire le déficit public de 12,7% du produit intérieur brut (PIB) en 2009 à 8,7% en 2010 et moins de 3% en 2012, à travers une série de mesures d'austérité.

Le gendarme budgétaire européen rendra officiellement mercredi le détail de ses recommandations. Mais le commissaire aux Affaires économiques, Joaquin Almunia, a annoncé dès ce lundi que Bruxelles créera "un processus de surveillance" inédit, qualifié de "détaillé et sévère", de la mise en place de ce programme.

Et surtout Bruxelles se réserve le droit d'imposer "des mesures additionnelles" en cas d'écart de conduite.

Quatre mois de délai, avec un accompagnement mois par mois

La Commission devrait ainsi donner quatre mois à Athènes pour atteindre des objectifs "très précis" de réduction de ses déficits, a indiqué la porte-parole de Joaquin Almunia. La mise en place de ces mesures "sera accompagnée mois par mois". La Grèce devra soumettre un premier rapport pour le 16 mars, un second pour le 15 mai, puis un tous les trois mois.

Le Premier ministre grec, Georges Papandréou, a convoqué dimanche soir une réunion ministérielle pour étudier un calendrier précis de mesures, et a réitéré que les mesures prévues dans le plan gouvernemental seraient réalisés "sans délai".

Capacité d'emprunt

Les trois principales agences de notation ont dégradés la note des emprunts grecs d'un cran avec mise sous surveillance négative, sans pour autant les faire passer en "junk", c'est-à-dire en emprunts à haut risque. L'acceptation du plan budgétaire par l'Union européenne est cruciale et constituerait une garantie très importante pour la Grèce. Après avoir levé 67 milliards d'euros l'année dernière, Athènes a besoin d'emprunter 54 milliards d'euros cette année.

L'euro a par ailleurs souffert ces derniers jours des craintes continues sur la capacité de la Grèce à rétablir son économie et d'inquiétudes grandissantes sur la situation fiscale d'autres pays de la zone euro, notamment le Portugal ou encore l'Islande, dont la dette a été mise sous surveillance mercredi par l'agence de notation financière Standard & Poor's après avoir été dégradée par Fitch, alors qu'elle est déjà reléguée au rang de "junk bonds".

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Commentaire 1
à écrit le 01/02/2010 à 15:17
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Le plan grec va donc marcher et il sera supervisé par l'Europe, c'est très bien. Au fait par curiosité, quelle diffèrence avec la situation actuelle ou celle d'y il a un an ? Aucune, la grèece annonce son plan de réduction et Bruxelles le suit ... si...

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