Le plan d'aide européen à la Grèce se précise

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Le plan d'aide des pays de la zone euro, notamment de l'Allemagne et de la France, à Athènes, devrait être dévoilé ce jeudi lors du sommet européen exceptionnel. La Grèce a connu ce mercredi sa première grande manifestation contre les efforts demandés aux fonctionnaires afin de réduire la dette.

La France et l'Allemagne devraient présenter un plan d'action commun d'aide à la Grèce, avant le conseil européen prévu ce jeudi, selon une source proche de l'Élysée citée par Le Monde. Le président de l'Eurogroupe, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a indiqué de son côté qu'il présenterait un plan d'aide au nom de la zone euro. "Il faut soutenir la Grèce , c'est clair. Et c'est l'Europe et l'Eurogroupe qui vont le faire", a confirmé dans la soirée le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, qui assure la présidence tournante de l'UE.

Pour cela, Athènes doit faire preuve de bonne volonté en matière de promesse de lutte contre les déficits. "Nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires afin d'être sûrs que soit atteint notre objectif de réduire notre déficit de 4 points en 2010, à 8,7%", a affirmé Georges Papandreou, Premier ministre grec, à l'issue d'un déjeuner de travail à Paris avec Nicolas Sarkozy. "Je veux le dire très clairement : nous avons soumis un programme de croissance et de stabilité spécifique à la Commission (européenne) qui l'a approuvé (...) Nous sommes décidés à ce que chaque détail de ce programme soit mis en oeuvre", a-t-il ajouté.

Mais le jour n'était pas vraiment indiqué pour évoquer un plan de rigueur renforcé en Grèce alors qu'elle connait ce mercredi une première grande mobilisation pour dénoncer les efforts demandés aux fonctionnaires face à la crise financière que connait le pays.

Jean-Pierre Jouyet, président de l'Autorité des marchés financiers (AMF) et ex-secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes, estimait tout de même ce mercredi que l'Union européenne pourrait proposer une aide conditionnelle à la Grèce, en proie à des difficultés financières. S'exprimant sur France Inter, il a déclaré : "il semble que, de manière bilatérale ou au niveau communautaire, il y ait une certaine convergence pour dire que si la Grèce fait un certain nombre d'efforts (...) eh bien ! on pourrait avoir effectivement des concours sous forme de prêts communautaires ou de prêts bilatéraux. La Grèce devra donner, en échange d'un tel engagement des Vingt-sept, des informations sur son profil de dette, son profil de trésorerie et "la manière de passer les prochaines échéances. Il faut que vendredi matin et dans les jours qui viennent on sache exactement ce que l'on demande à la Grèce, ce qui va être fait et quel est le degré de coordination, de coopération économique, quel sera le rôle de la Banque centrale européenne, quel sera le rôle des Etats, est-ce qu'il y aura des concours donnés à la Grèce, quand, à quel moment".

Le mode opératoire d'une telle aide reste à préciser. Le principe d'aides bilatérales serait le plus probable. Une réunion d'urgence des pays de la zone euro se serait tenue ce mercredi selon des sources diplomatiques pour le préciser. Selon Le Monde, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, devait tenir une vidéoconférence sur la situation de la Grèce avec les ministres des Finances de la zone euro.

Le suspense aura été bien entretenu sur ce dossier. Ce mercredi encore, le quotidien allemand Rheinische Post affirmait que le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a proposé le vice-président grec de la Banque centrale européenne (BCE), Lucas Papademos, à un poste européen de surveillance de la mise en place des mesures d'économies en Grèce. Le quotidien précisait, sur la foi de sources européennes et proches du gouvernement allemand, que le ministre a proposé à ses partenaires européens de nommer Lucas Papademos, dont le mandat à la BCE expire fin mai, à ce poste de "chargé de mission spéciale de l'Union européenne". Le titulaire de cette fonction serait chargé de surveiller la mise en place par Athènes de son plan d'économies destiné à assainir le plus rapidement possible ses finances publiques.

Une telle aide à la Grèce paraît donc de plus en plus probable. Les marchés y croient en tout cas si l'on en croit la forte progression de Wall Street mardi soir, le retour à la hausse de Tokyo ce mercredi et la bonne tenue de Paris aujourd'hui. L'agence de notation financière Moody's est venue elle aussi calmer le jeu en indiquant que la note de la dette souveraine grecque pourrait rester stable si le pays tient ses engagements en matière d'économies et de réduction du déficit.

L'Europe avait affiché ses réticences à une aide du FMI (Fonds monétaire international) qui aurait vu la mise d'Athènes sous tutelle. Il faut remonter à 1976 pour retrouver une intervention du FMI en europe, c'était pour la Grande-Bretagne en pleine crise.

Le sujet sera au centre du sommet européen qui doit se tenir jeudi et doit aussi aborder la question du gouvernement économique de la zone euro pour améliorer la coordination entre pays et la réponse aux crises éventuelles.

L'euro a du coup réagi d'abord en montant fortement face au dollar, passant au-dessus du seuil de 1,38,  puis en perdant une partie de ses gains après le démenti de Berlin. Ce mercredi, il est passé de 1,38 à 1,3740 dollar. Mardi matin, le Financial Times avait révélé que les traders et les hedge funds avaient accumulé quelque 7 milliards de dollars de positions vendeuses sur l'euro en spéculant sur sa baisse. Les spreads (écarts de taux) sur les obligations d'Etat allemandes se sont un peu tendus pour remonter vers les 300 points de base.

Enfn, selon un rapport de Barclays Capital, les grandes banques américaines sont exposées à hauteur de 176 milliards de dollars à la dette des quatre pays de la zone euro les plus à risque, les "Pigs" (Portugal, Ireland, Greece, Spain) : 82 milliards en Irlande, 68 milliards en Espagne, 18 milliards en Grèce et 8 milliards au Portugal. Mais elle estime que ce risque reste "relativement bas, il ne représente que 5% des expositions à l'étranger des établissements considérés".

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Commentaires
a écrit le 21/02/2010 à 20:28 :
Un pays peut creer son argent et s'autofinancer lui meme ca s'appelle le droit régalien nos dirigeants nous ont trahis en donnant se droit à une poignée de personnes et depuis c'est le merdier total....pour la plupart des pays .
a écrit le 16/02/2010 à 13:48 :
Ce que j'apprécie, c'est la volonté de toujours avaler plus de pays. Puis on se surprend à dire que oh, ce pays est nul... il ne respecte pas nos finances.. Les valeurs, c'est pour le public. La grosse tirelire refuse alors, et tente même de jeter le pays qui a des difficultés. La force de l'Europe c'est le fric sans rien comme représentation, ni armée (trop cher, les usa sont là), ni unité (trop de lobby) , ni même de religion(peur pour nos matières premières).... Alors tentons au moins d'être correcte en apparence, aidons la Grèce, et prévoyons réellement les crises sans mentir la prochaine fois.
a écrit le 11/02/2010 à 11:26 :
Pas idiot le zapatero (présidence européenne) quant il dit nous allons sauver la gréce et quant ons vois l'état de l'espagne il se dit, après l'aide à la gréce,la manne de l'europe pour l'espagne ,pas d'accord,vous avez voulus baser votre activités sur le tourisme en faisant n'importe quoi et il faudrait que se soit les autres qui payes ? et l'orsque nous voyons comment les touristes Français sont reçue chez vous,il me vient simplement l'envie de vous dire "Demerdez vous"
a écrit le 10/02/2010 à 21:29 :
L'Union devait continuer l'oeuvre de ses fondateurs. Ce n'est pas le cas. Des pratiques neocolonialistes des pays forts au detriment des pays moins forts se sont imposees. Les oligopoles de la distribution des biens minent les economies des pays comme la Grece. Elles n'investissent . Elles ne produisent pas des richesses. Elle ne soutiennent pas les production locales que sous des conditions tres onereuses. Elle font des recettes qu'elles exportent.L'argent europeenne ne reste que trop peu sur ces pays faibles pour ;les maintenir faibles.Il retourne chez les pays forts.Le neocoloniamisme interne est bien en place et la Grece, qu'on accable en plus, paie les frais, mais si cela continue c'est l'Union europeenne qui deviendra le contraire de ce qu'elle a voulu devenir. L'amitie Sarkozy coutera 2.5 milliards d'euro a la Grece pour l'achat des fregates. Il n'est pas le seul. L'Allemagne n'a pas encore retourner le tresor grec que les nazis ont pille a la Grece. Le scandale Siemens et d'autres que nous saurons jamais etc. Que des ressemblances avec les pratiques des periodes coloniaux!!!.Il nous faut l'Europe des Fondateurs et pas des marchants cupides et de court vu!
a écrit le 10/02/2010 à 20:11 :
comme en france il ne faut pas demander d efforts aux fonctionnaires .il ont reussi LE CONCOURS. donc privileges a vie
a écrit le 10/02/2010 à 18:32 :
@Lynx "...certains grecs prennent leur retraite à 40 ans...."

Heu ah bon? c'est pas pareil en france?

http://www.sauvegarde-retraites.org/article-retraite.php?n=622
a écrit le 10/02/2010 à 18:18 :
Et c'est encore nous, contribuables, qui allons payer cette aide. Je n'ai rien contre les Grecs et leur difficultés ne m'amusent pas du tout mais les banques n'assument toujours pas leurs responsabilités. Pire, elles gagnent encore de l'argent en spéculant sur les difficultés de ce pays. Continuons à nous enfoncer. http://myelife.my-webs.org/myBlog/
a écrit le 10/02/2010 à 14:17 :
La Grèce devrait être tarduite par la Commision devant la Cour de Justice pour non respect du Pacte d'autant plus qu'elle ne fait rien de décisif pour résoudre son deficit.
La France avec 2 000 milliards de dette, qui grossit de 150 milliards par an, voudrait que la BCE fabrique illégalement des euros pour "aider la Gréce" ce qui provoquerait une mega inflation et ..réduirait d'autant sa dette ingérable mais en détruisant l'économie européenne et spoliant les épargnants
a écrit le 10/02/2010 à 6:01 :
De toutes les façons, il n'y a pas le choix! Seulement, comment les populations des autres pays d'Europe vont-elles encaisser cette nouvelle, quand on sait que certains grecs prennent leur retraite à 40 ans, que les fonctionnaires et autres "missionnés" ont des primes qui dépassent l'entendement (jusqu'à 4000 euros par mois) etc, etc...La seule chose positive dans cette affaire : la baisse de l'euro qui permet un léger "décollage" du commerce extérieur français, étant entendu que celui de l'Allemagne a toujours été au très beau fixe!

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