Grèce : premières grèves contre le plan d'austérité en attendant une aide de l'Europe

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Le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou.
Le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou. (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Les fonctionnaires grecs font grève et manifestent ce mercredi pour protester contre le plan d'austérité du gouvernement, qui prévoit le gel des salaires et des embauches dans la fonction publique.

Le plan d'austérité grec destiné à réduire les déficits publics rencontre sa première opposition de la société civile. Les fonctionnaires, dont le gouvernement a prévu le gel des salaires et des embauches, manifestent et font grève ce mercredi à l'appel du syndicat des fonctionnaires Adedy (300.000 membres), au motif qu'ils refusent d'être rendus responsables de la crise financière du pays.

Le Premier ministre Georges Papandréou a en effet appelé les fonctionnaires "à donner l'exemple" et "à faire preuve de patriotisme" pour aider à sortir le pays de la crise. Le ministre des Finances, Georges Papaconstantinou a publié mardi des mesures précises pour corriger "les inégalités" dans le secteur public, et une lutte accrue contre l'évasion fiscale, problème endémique dans le pays.

La grève de ce mercredi touche les employés des ministères, des services des impôts, des préfectures et des municipalités, ainsi que les enseignants, les contrôleurs aériens (le trafic aérien a été annulé ce mercredi dans le pays), les douaniers, les employés de la compagnie nationale des chemins de fer (le trafic est fortement réduit sur les lignes intérieures), le personnel des hôpitaux.

La fonction publique, cible facile ou vrai gouffre financier ?

"40% des dépenses publiques servent à payer les salaires et les retraites du service public", affirme à l'AFP (Agence France Presse) Georges Pagoulatos, économiste et professeur à l'Université d'Athènes. Leur "participation" à l'effort de réduction des déficits est "nécessaire".

Les 700.000 employés de la fonction publique élargie (administration, autorités locales et organismes), absorbent 11,8% du PIB (produit intérieur brut) grec et représentent 32% du total des employés des secteurs privé et public.

Mais pour Sypros Papaspyros, président de l'Adedy, le gouvernement demande "des sacrifices injustes" aux fonctionnaires, prônant que "l'addition doit aller aux possédants".

"Nous sommes une cible facile pour le gouvernement, on est d'accord pour contribuer à la réduction des dépenses publiques mais nous n'accepterons pas une réduction de 25% de nos revenus", déplore Thanassis Danilis, vice-président de l'Union des agents du fisc. Les agents du fisc sont montrés du doigt tant pour leurs salaires supposés trop élevés, à 2.200 euros net alors que le salaire minimum moyen est d'environ 800 euros, que pour des phénomènes de corruption dans ce secteur.

Pour le chercheur de l'Institut d'emploi grec, Ilias Ioakimoglou, la réduction des salaires des fonctionnaires est également "une solution facile et impromptue pour satisfaire les marchés, à l'instar de l'Irlande", qui a dû faire la même chose, pressée par la Commission européenne.

Echapper à l'impôt, un sport national

La solution est à chercher du côté de l'imposition, selon Ilias Ioakimoglou : "Si on regarde les chiffres de la dernière décennie, le coefficient de l'imposition des bénéfices des sociétés est très bas, l'un de plus bas de l'Union européenne, ce qui fait que, contrairement aux fonctionnaires, les haut revenus échappent d'une manière régulière à l'imposition", souligne--t-il.

"Il faut s'emparer de tous ceux qui échappent à l'imposition, comme les médecins du secteur privé ou les entrepreneurs du bâtiment, qui ne déclarent que la moitié de leurs revenus", lance Marilena Ioannidou, employée de la Préfecture d'Athènes où les salaires dépassent rarement 1.100 euros, et qui manifestera ce mercredi.

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Commentaires
a écrit le 21/02/2010 à 20:16 :
Il faut redonner le pouvoir au pays de frapper leur monnaie pour creer des emplois et stopper la dictature qui se met en place
a écrit le 10/02/2010 à 10:33 :
les fonctionnaires se disent toujours mal payés et nous les trouvons toujours trop nombreus et trop payés. où est l'erreur?

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