Tensions autour de la visite en Grèce d'un Commissaire européen

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Ce lundi, le Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a indiqué attendre que le gouvernement grec "annonce de nouvelles mesures" d'économies. Sa visite dans le pays a été accompagnée de manifestations tendues. Invitée dimanche du Grand Rendez-Vous Europe 1-Le Parisien, la ministre de l'Economie a reconnu à demi-mots que les membres de l'Union se préparent bien à lancer, si nécessaire, un plan d'urgence pour aider la Grèce.

Christine Lagarde l'a confirmé dimanche. Plusieurs plans d'aide à la Grèce impliquant des partenaires privés et publics sont bien en cours d'évaluation au sein de la zone euro. "Je ne doute pas que la Grèce parvienne à se refinancer par des moyens que nous explorons actuellement, sur lesquels nous avons un certain nombre de propositions, à la fois au sein de la zone euro, impliquant soit des partenaires privés soit des partenaires publics soit parfois les deux" a expliqué La ministre française de l'Economie invitée du le Grand Rendez-vous Europe 1-Le Parisien. Christine Lagarde n'a cependant pas souhaité apporter davantage de précisions : "Vous me permettrez de ne pas aller au-delà de cette information parce qu'il me paraît légitime que les transactions de ce type-là soient réservées à la confidentialité" a-t-elle expliqué pour justifier son refus d'en dire plus.

Ce lundi, le Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a indiqué attendre que le gouvernement grec "annonce de nouvelles mesures" d'économies permettant au pays de convaincre marchés et partenaires européens de sa capacité à sortir de la crise financière. "Les marchés devraient être convaincus que la Grèce sera apte à tenir son objectif de réduction du déficit si la Commission européenne, la BCE et le FMI peuvent approuver un plan allant dans ce sens et s'assurer que ce programme atteint l'objectif", a-t-il déclaré lors d'une conférence concluant une journée d'entretiens à Athènes.
"Quand nous verrons le programme précis de mesures additionnelles que la Grèce va annoncer et adopter, nous pourrons l'examiner, et s'il atteint l'objectif de manière convaincante" d'une réduction du déficit budgétaire à 8,7% du PIB en 2010 "nous approuverons bien sûr ces mesures", a-t-il ajouté.
 

Alors que la presse grecque spécule sur la suppression du 14e mois de salaire des fonctionnaires, il a indiqué avoir souligné à ses interlocuteurs grecs que les mesures prises "pour réduire les dépenses salariales dans le secteur public devaient avoir un effet permanent". Dès son premier entretien avec le ministre des Finances Georges Papaconstantinou, il avait appelé la Grèce à prendre "des mesures supplémentaires" pour sortir de la crise, face à "des risques liés aux évolutions macroéconomiques et au développement des marchés". "Le gouvernement fera tout, y compris en prenant de nouvelles mesures, pour réaliser la baisse du déficit public de 4% de PIB en 2010", avait de son côté réaffirmé Georges Papaconstantinou.
 

La venue à Athènes du Commissaire européen n'est pas passée inaperçue. Environ 300 manifestants ont tenté d'entrer au ministère grec du Travail pendant la réunion avec Olli Rehn. La police a dû tirer des gaz lacrymogènes. Les médias grecs tablent sur l'annonce cette semaine d'un nouveau tour de vis, avec l'augmentation des taux de TVA et des taxes sur alcools, tabac et carburants, sans exclure de nouvelles coupes salariales dans la fonction publique.
 

Un soutien conjoint de la banque publique allemande KfW et de la Caisse des dépôts

Dimanche, le « Financial Times » a indiqué que des banques allemandes avaient reçu l'assurance qu'un plan concocté par l'Allemagne et la France permettrait à la Grèce d'apporter des garanties à ses créanciers. Pour honorer ses engagements, Athènes a besoin d'emprunter 54 milliards d'euros en 2010. La moitié environ de cette somme doit être levé dans les semaines qui viennent emprunter autour de la moitié. Le scénario de partenariat public-privé évoquée par Christine Lagarde confirme les informations révélées ce week end par plusieurs médias.  Le « Wall Street Journal » croit savoir que la banque publique KfW, côté allemand et la Caisse des dépôts, côté français, seraient mises à contribution.

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel s'est pourtant évertué à apporter un ferme démenti à ces rumeurs. Il s'agissait pour elle de rassurer une opinion publique, majoritairement hostile à une aide de l'Allemagne à la Grèce. Les propos qu'elle a tenus sur la première chaîne de télévision allemande se voient donc en partie contredits par les déclarations de Christine Lagarde. Mais en privé, des responsables allemands des finances reconnaissent que des plans d'urgence sont effectivement prêts au cas où Berlin aurait besoin d'intervenir dans la plus grave crise qu'ait connu l'euro depuis sa création.

"Il est hors de question que la Grèce sorte de l'euro"

Christine Lagarde l'a rappelé ce dimanche : "Il est hors de question que la Grèce sorte de l'euro, il y a une intrication beaucoup trop forte (...) entre tous les pays de la zone euro pour imaginer un instant une chose pareille." Pour la ministre française de l'Economie, cette crise doit au contraire donner aux pays membres l'occasion d'avancer vers un véritable gouvernement économique et, au sein de la zone euro, vers une coordination très étroite, avec une discipline et un code de conduite des Etats vis-à-vis des banques.

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Commentaires
a écrit le 02/03/2010 à 14:12 :
pour acheter des frégates à la France ... De qui se moque-ton ?
a écrit le 01/03/2010 à 19:38 :
"....la chancelière s'est evertuéE..

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