L'Etat américain ne sauvera plus les banques en difficultés

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Barack Obama a confirmé ce jeudi que la réforme de la régulation financière mettrait fin au sauvetage des banques en difficultés avec l'argent des contribuables.

Nouvelle attaque de l'administration américaine contre le "Too big to fail" (trop gros pour faire faillite). Barack Obama et son secrétaire au Trésor Timothy Geithner ont promis ce jeudi que le gouvernement ne viendra plus en aide aux établissements financiers avec l'argent du contribuable. Cette mesure sera l'une des plus emblématiques de la réforme financière qu'entend mettre en place le président américain. Le projet de loi prévoit notamment de limiter la taille des banques et les risques qu'elles peuvent prendre.

"Il est essentiel que nous tirions les leçons de cette crise, ne nous condamnons donc pas à ce qu'elle se répète", a expliqué Barack Obama devant des dirigeants du secteur financier à New York."Et ne vous y trompez pas, c'est exactement ce qui arrivera si nous laissons passer cette opportunité, une issue qui est inacceptable pour moi et pour le peuple américain." Il a exhorté Wall Street à "nous rejoindre, au lieu de nous combattre dans cet effort."

"A l'avenir, si les banques sèment de nouveau la pagaille et se retrouvent une nouvelle fois au bord du gouffre, nous voulons être assurés de pouvoir les fermer, les démanteler en toute sécurité, sans que le contribuable ait une nouvelle fois à les sauver" avait précedemment expliqué Timothy Geithner lors d'un entretien accordée à la chaîne ABC. "Il est important que les gens comprennent que l'on ne peut fonctionner avec un système dans lequel des investisseurs privés ou des responsables d'entreprises prennent des risques en se disant que, de toute façon, le gouvernement va les protéger".

"C'est ce qui est arrivé avant et nous allons faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais", a-t-il poursuivi. En pleine crise des subprimes, ces prêts hypothécaires à risque, le Trésor américain et la Réserve fédérale avaient dû injecter des centaines de milliards de dollars pour venir en aide aux banques, par l'intermédiaire notamment du plan Tarp. Elles ont également volé au secours d'AIG, l'ancien premier assureur mondial, et organisé le sauvetage de Bearn Stears et de Merrill Lynch.

L'administration avait au contraire laisser couler la banque d'affaires Lehman Brothers, la quatrième de Wall Street, en septembre 2008. Un choix très controversé à l'époque et qui a précipité la crise financière et boursière. Cela avait alors valeur d'exemple. Désormais, cele devrait être la règle.

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Commentaires
a écrit le 25/04/2010 à 17:22 :
c'esst bear stearns et pas bearn stears
a écrit le 24/04/2010 à 14:25 :
A Allo et jacques999 : non elles n'en ont rendu qu'une petite partie. A ma connaissance seuls 150 des 700 milliards des fonds du TARP ont été restitués aux USA. Sans oublier les autres aides : AIG doit encore 185 milliards à l'Etat, Freddy Mac et Fannie Mae continuent à demander des aides supplémentaires. En GB, Lloyds, RBS, Northern Rock n'ont pas fait restitué les fonds. La situation est pire en Islande, et en Irlande (nationalisation des dettes des banques par l'état, d'où explosion de la dette de l'état). N'oublions pas non plus les sommes colossales injectées par les banques centrales dans les marchés pour les soutenir : par exemple aux USA, achat de 1250 milliards de crédits immobiliers, 175 milliards de dettes de Freddy et Fannie et 300 milliards de bons du trésor par la Fed. Le tout dans une profonde opacité (d'où le procès actuel de Bloomberg contre la Fed).
a écrit le 23/04/2010 à 17:52 :
Excellente et courageuse décision. Un exemple à suivre en France et en Europe afin que la spéculation prenne enfin ses responsabilités.
a écrit le 23/04/2010 à 13:56 :
Ne pas sauver les banques ? Bonne idée. Les gens adoreront perdre toutes leurs économies, faire la queue devant les agences pendant des heures, par dizaines de milliers. Ils seront contents en sortant avec leur petit billet gris de 5 euros.
a écrit le 23/04/2010 à 10:57 :
@jacques999: oui en grande partie et très rapidement une fois le plus dure passé. Cela afin de redevenir le plus rapidement indépendant et afin de payer le moins d'intérêts possibles (en particulier pour les banques d'affaires comme Goldman Sachs).
a écrit le 23/04/2010 à 10:53 :
Une belle utopie... La réforme qui sera adoptée (si elle l'ait) sera comme celle de la santé, des "miettes" de la réforme initiale...
a écrit le 23/04/2010 à 10:41 :
Ne pas sauver les banques en faillite, facile à dire mais politiquement, socialement est-ce possible? Essayez d'imaginer une banque en faillite et des centaines de milliers de clients ruinés? Par contre rincer complètement leurs actionnaires et ensuite les nationaliser oui! Sinon, on a la situation actuelle; une économie réelle à genoux à cause d'elles et des profits pharaoniques pour les banksters !
a écrit le 23/04/2010 à 9:15 :
Ne pas sauvez les banques en difficulté : Facile à dire ! C'est moins évident dans la pratique, car elles tiennent la vie économique du pays en otage...
a écrit le 23/04/2010 à 8:37 :
Voila une sage décision. Championnes du libéralisme, les banques n'auraient jamais dû pouvoir compter sur les Etats.
Vous spéculez ? Eh, bien ! c'est à vos risques et périls.
Mieux que des interdictions dont nul ne tient compte, mieux vaut mettre les banques, comme les individus, face à leurs responsabilités.
La France ferait bien de s'en inspirer elle aussi.
a écrit le 23/04/2010 à 8:19 :
pffff... mais arrêtez avec ça, l'Etat sort gagnant puisque les banques ont remboursés avec en plus les 7 ou 8% d'intérêts.
a écrit le 23/04/2010 à 6:54 :
c'est une bonne décision. J'étais contre donner du fric aux banques. Je trouve cette décision courageuse et sage...
a écrit le 23/04/2010 à 5:44 :
J'ai une question: les banques (pas seulement aux USA), ont elles rendu les fonds publics qu'elles ont reçus ? GM par exemple l'a fait en assumant des pertes, au lieu d'annoncer des augmentations des profits et des prix ? Le journaliste de la tribune peut il répondre svp ?

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