La Grèce doit trouver 9 milliards d'euros avant le 19 mai

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Les taux grecs à 10 ans ont dépassé ce lundi les 9%, signe que la demande d'aide formulée par la Grèce vendredi n'a pas suffi à calmer les marchés. Des taux "prohibitifs" alors que le pays a besoin de trouver 9 milliards d'euros avant le 19 mai.

La Grèce doit trouver 9 milliards d'euros avant le 19 mai, date à laquelle est censée s'appliquer l'aide du Fonds monétaire international (FMI) et de la zone euro. "Il y a une date critique pour la Grèce, celle du 19 mai, date à laquelle arriveront à échéance des obligations de l'ordre de 9 milliards d'euros", a expliqué le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou.

"Jusque-là nos besoins d'emprunt sont garantis, mais les conditions sur les marchés, tout le monde le réalise, sont totalement prohibitives pour une nouvelle sortie sur les marchés pour emprunter", a-t-il ajouté. De fait, les taux grecs à 10 ans ont dépassé ce lundi matin, pour la première fois depuis l'entrée du pays dans la zone euro en 2001, le seuil de 9%.

De même, les CDS (Credit Default Swaps) sur la dette grecque, produits financiers qui visent à se protéger contre un éventuel défaut de paiement d'un débiteur, ont atteint ce lundi un record à 674 en hausse de 59,5 points selon les données de CMA Datavision, rapportées par l'agence Bloomberg.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) s'est montré confiant ce lundi sur l'issue des négociations entre Athènes et avec le FMI et les pays de la zone euro. "Je suis confiant qu'elles se concluront bientôt et bien", a-t-il indiqué lors d'une conférence à New York.

Plus tôt dans la journée, le ministre allemand des finances a promis que l'aide de son pays à Athènes serait disponible avant le 19 mai si possible (quelques jours après les élections allemandes prévues le 9 mai dans le Land de Rhénanie du Nord - Westphalie). La chancelière allemande Angela Merkel a indiqué ce week-end ne vouloir aider Athènes que si la stabilité de l'euro était menacée et si la Grèce faisait des efforts supplémentaires de réduction des déficits et de transparence.

"Faire trop tôt des promesses d'aide concrète ne va que conduire à retirer la pression sur la Grèce", a renchéri ce lundi le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle avant une réunion avec ses homologues européens. "Il faut avant tout que la consolidation du budget ait lieu en Grèce. Sinon, les devoirs de la Grèce ne seront pas réalisés avec l'application et la discipline nécessaire".

Pour sa part, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, s'est dit "préoccupé" par "la rigidité" dont fait preuve selon lui l'Allemagne pour aider la Grèce. Nicolas Sarkozy et le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso, se sont, eux, exprimés en faveur d'une action "rapide et résolue" contre la spéculation qui touche la Grèce, selon un communiqué de l'Elysée.

La tension sociale reste forte en Grèce avec notamment une grève des dockers dans les plus grands ports du pays. Ils dénoncent le fait que dans les nouvelles réformes que veulent imposer le FMI et l'Union européenne en échange de leur aide financière à la Grèce figure la permission aux navires de croisière étrangers de mouiller dans les ports grecs sans embaucher des équipages grecs.

Ce lundi, une soixantaine de dockers du Pirée ont empêché les 870 passagers du paquebot Zenith, essentiellement des Espagnols, d'embarquer ou de descendre de ce navire battant pavillon chypriote. "Lever les restrictions existantes (...) signera l'arrêt de mort de la navigation de croisière sous pavillon grec, ainsi que des marins grecs", a expliqué Antonis Dalakogiorgos, qui est à la tête du syndicat panhellénique des marins.

Le ministre des Finances grec Georges Papaconstantinou a en tout cas annoncé que son pays annoncera des "mesures concrètes" pour réduire son déficit de "manière drastique" à l'issue des discussions en cours avec l'UE et le FMI.

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a écrit le 27/04/2010 à 5:42 :
Les banques françaises ont "prêté" 50 milliards d'euros à l'Etat grec qui ne peut pas les rembourser.
Si la dette est ré-échelonnée sur 20 ans par le FMI (restructurée) ces banques ne sont pas prés de les revoir.
La France participe à une intense campagne de culpabilisation de Mme Merkel pour qu'ele soit "solidaire" ... (Mme Merkel soyez solidaire ... avec les banques françaises !)
La pratique d'emprunter pour ... rembourser les anciens emprunts est une forme descroquerie (La Cavalerie) qui in fine accroit la dette cumulée de la Grèce par l'augmentation des taux d'interêts (Le risque de défailance augmentant)
Cette fuite en avant nécessiterait des "aides" de plus en plus élevées ...
La seule solution est la mise sous tutelle par le FMI et la restructuration de la dette sur 20/25 ans (tant pis pour les banques françaises irresponsables)
accompagnée d'une politique d'austérité pour l'Etat Grec (licenciement des fonctionnaires, arrêt de rtout investissemnt à crédit, fermeture de sercvices publics, etc ..) ce que font la Calmifornie, l'Irlande, le Portugal, etc ...
Mais ce programe c'est la hantise des PIIGSF étatistes qui parient sur la prise en charge de leur dette de 5000 milliards par la BCE (au prix d'une mégainflation qui ruinerait l'économie européenne et les épargnants)..
Ils reste peu de temp au PIIGSF pour déclencher la planche a billet de l'euro avec l'aide des Trichet-Barrosso-Junker : l'Allemagne prend la tête de la BCE en 2011

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