L'aide à la Grèce se précise, nouvelles économies spartiates en vue

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Alors qu'on s'achemine vers un accord européen sur l'aide à la Grèce, de nouvelles coupes claires dans les dépenses grecques sont discutées. Les autorités européennes affichent leur confiance tandis que, de Chine, Nicolas Sarkozy affirme que la France "est totalement déterminée à soutenir l'euro et la Grèce".

Les discussions entre la Grèce, les autorités européennes et le Fonds monétaire international (FMI) pourraient aboutir à des coupes dans les salaires publics et à une nouvelle augmentation de la fiscalité en échange d'un plan d'aide financière sur trois ans, annonce ce jeudi l'agencve Reuters citant des sources proches des discussions.

Athènes a déjà mis en oeuvre des mesures de réduction des traitements de la fonction publique, relevé certaines taxes et gelé les retraites dans le cadre d'un vaste plan d'austérité destiné à réduire d'un tiers environ son son déficit budgétaire cette année, suscitant le mécontentement et parfois la colère de la population.

L'Union européenne avait estimé il y a quelques semaines que de nouvelles mesures d'économies ne seraient pas nécessaires cette année mais nombre d'économistes jugent au contraire que la Commission, la Banque centrale européenne (BCE) et le FMI, qui mènent les discussions avec les autorités grecques réclameront de nouvelles réformes en échange des dizaines de milliards d'euros de prêts en vue.

Les mesures discutées portent notamment sur un relèvement de deux à quatre points du taux de la TVA, actuellement à 21%, ainsi que sur une baisse des primes et des avantages sociaux dans le secteur public. Un hausse d'au moins 10% des taxes sur le tabac, l'alcool et les carburants est également envisagée. "Toutes ces mesures sont sur la table", selon une de ces sources. "Elles ne sont pas encore définitives."

Les autorités grecques devraient annoncer les modalités de l'accord d'ici lundi, ont précisé les sources.

A Bruxelles, le commissaire aux Affaires économiques et monétaire, Olli Rehn, s'est dit confiant dans la possibilité de conclure les discussions "dans les prochains jours". Et le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a lui aussi exprimé sa confiance.

Un porte-parole du gouvernement grec a qualifié les négociations de "difficiles", ajoutant que "personne ne peut garantir quoi que ce soit".

Les marchés continuent de surveiller avec attention l'évolution des pourparlers sur l'aide à la Grèce, car celle-ci doit refinancer une émission obligataire de 8,5 milliards d'euros qui arrive à échéance le 19 mai. Athènes doit gérer une dette publique d'environ 300 milliards d'euros et un déficit budgétaire qui a représenté l'an dernier 13,6% du produit intérieur brut (PIB).

Les sources citées par Reuters ont déclaré que les discussions en cours envisageaient une réduction ou une suppression des 13ème et 14ème mois du secteur public, représentant un mois de salaire traditionnellement versées au moment de Noël et de Pâques. Une telle mesure permettrait à l'Etat d'économiser environ 1,4 milliard d'euros par an. Les négociations portent aussi sur le système de primes en vigueur dans le secteur public, qui permet aux fonctionnaires d'augmenter leurs traitements lorsqu'ils qu'ils travaillent sur ordinateur ou lorsqu'ils arrivent au bureau à l'heure. Une réduction de 5% à 15% de ces primes pourrait représenter 300 millions d'euros d'économies.

Mais ces mesures supplémentaires risquent de renforcer la résistance de l'opinion publique. De récents sondages d'opinion montrent qu'une majorité des Grecs s'opposent à une aide extérieure et craignent de voir le plan de soutien amputer leur niveau de vie. Les syndicats ont appelé à de nouvelles journées de grève au cours des prochaines semaines.

Certaines de ces nouvelles mesures pourraient entrer en vigueur avant la fin de l'année tandis que d'autres seraient échelonnées jusqu'à la fin des trois ans du plan de soutien.

Nicolas Sarkozy déterminé

De Chine, Nicolas Sarkozy a déclaré que la France était "totalement déterminée à soutenir l'euro et à soutenir la Grèce". "Le plan décidé par la Grèce est parfaitement crédible, nous faisons confiance au gouvernement grec et nous travaillons d'arrache-pied pour que tout ceci se mette en place sans délai", a ajouté le président dans des déclarations à l'AFP et au Parisien.

"La France prendra toute sa part. Nous serons au rendez-vous", a-t-il ajouté. Il a par ailleurs insisté sur "la parfaite entente entre l'Allemagne et la France" sur les moyens de résoudre la crise de la dette grecque. "J'ai constamment la chancelière (Angela Merkel) au téléphone, on se voit", a ajouté Nicolas Sarkozy. "J'ai été très satisfait des déclarations de (...) la chancelière sur la crédibilité du plan grec, sur sa détermination à mettre en application le plan européen de soutien à l'euro", a-t-il précisé. Pour lui, "il faut bien comprendre que dans cette affaire, il ne s'agit pas seulement de la Grèce. Il s'agit de l'euro, c'est notre monnaie commune. Nous y sommes attachés, ceci nous crée des obligations et un devoir de solidarité, nous assumerons".

"La France s'est mise en position de remplir ses obligations pour lutter contre la spéculation. Le plan qui a été défini par l'Europe sera appliqué de façon importante, nous ne laisserons pas la spéculation agir à son gré pour déstabiliser tel ou tel pays", a martelé le chef de l'Etat au sujet de la crise déclenchée par les déficits abyssaux grecs, qui a entraîné la panique sur les Bourses et une chute de l'euro.

François Fillon pour plus d'harmonisation en zone euro

De son côté, François Fillon a plaidé jeudi pour "une harmonisation progressive" des politiques économiques et sociales des pays de la zone euro afin de renforcer la monnaie unique et éviter les attaques dont elle est l'objet. "On ne peut pas avoir la même monnaie et avoir une organisation complètement différente d'un pays à l'autre", a déclaré le Premier ministre lors de l'inauguration d'un campus des métiers et de l'entreprise en Seine-Saint-Denis. "On ne peut pas avoir la même monnaie et travailler 42 heures dans un pays et 35 ou 37 dans l'autre. On ne peut pas avoir la même monnaie et partir à la retraite à 67 ans dans un pays et à 56 ou 57 dans un autre. Cela ne tiendra pas très longtemps. Ou alors il faut accepter que notre monnaie commune soit menacée".

"Si on veut avoir la même monnaie, si on veut continuer à faire de l'Europe une zone de prospérité, notamment pour se défendre contre la montée des économies des pays émergents, alors il faudra bien que nous harmonisions progressivement nos systèmes économiques et nos systèmes sociaux, pour faire en sorte que notre monnaie corresponde à une réalité économique", a-t-il poursuivi.

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a écrit le 30/04/2010 à 7:11 :
à osalteccino : vs relevez que l'Europe ne fonctionne pas, que l'emploi des seniors est en rade et on veut qu'ils bossent encore ! on désindustrialise la France et Fillon ne nous dit pas par quels emplois il veut remplacer ceux qui disparaissent ? mon neveu 24 ans qualifié est toujours au chômage : un senior doit-il continuer à bosser à sa place ? l'allemagne a fait moins d'enfant que la Fra
a écrit le 30/04/2010 à 5:32 :
Félicitation à M. Fillion qui vient de décrire de façon claire la tare originelle de l'euro. Maintenant, il faut harmoniser ou au minimum donner l'impression que l'on veut tendre vers une harmonisation des politiques et des différents systèmes sociéconomiques dont est composée la zone Euro; ou bien accepter que l'euro explose. Fort "heureusement" la dépréciation de l'euro diminue la pression sur un pays comme la France. Au total je ne suis pas sûr du tout que cette harmonisation soit possible. On peut espérer pouvoir travailler jusqu'à 65 ans dans un pays quand ce dernier dispose d'une culture et d'une structure économiques et industrielles qui s'y prêtent, comme l'Allemagne. Que M. Fillion m'explique comment susciter une telle offre de travail subite dans des pays comme la Grèce ou la France. D'autant que, dans notre pays, des dispositions ont été prises depuis plusieurs années pour licencier tout salarié dont l'âge atteignait les 57 ans. Et ceci dans le but d'accroître globalement la rentabilité et la compétitivité des entreprises en leur permettant d'évincer leurs salariés les plus anciens et les plus onéreux. Je vous comprends bien M. Fillion, mais j'ai l'impression bizarre que cette crise grecque est une mise en scène pour faire accepter des choses inacceptables: la première c'est la réduction de la dette grecque dont la valeur de marché est passée de 310 Mds d'euros à environ 200 Mrds, et peut-être moins encore du fait que les taux d'intérêts sont passés de 4% environ à plus de 13%. La configuration actuelle peut donner des idées à des "spéculateurs" et à un groupe d'Etats amis de la Grèce pour effacer définitivement son excès d'endettement au détriment des épargnants; la seconde chose inacceptable c'est de repousser l'âge de la retraite maintenant alors que VOTRE politique, M. Fillon a consisté jusqu'à présent à permettre aux entreprises de réduire leurs effectifs et d'accepter une désindustrialisation, une dévitalisation du pays. Vous avez bien tardivement tappé du poing sur la table face à l'Allemagne pour lui faire cesser sa politique industrielle "non coopérative" et l'amener à accepter une dépréciation de l'euro. Mais vous savez que ce n'est que provisoire. Nous obliger à travailler plus longtemps alors que votre politique, après celles menées par d'autres je vous le concède, a consisté à affiblir le tissu économique de la France relève de l'inconséquence. Croyez bien que les séniors n'accepteront pas d'être les dindons de votre farce et vous le feront savoir.
a écrit le 30/04/2010 à 3:17 :
Les marchés sont rassurés par ce nouveau plan d'austérité. C'est oublier les Grecs qui, eux, vivent dans l'économie réelle. La cocotte minute sociale n'a pas de soupape!

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