Aides à la Grèce : l'Allemagne met les points sur les "i"

Un pas en avant, un pas en arrière. Alors que le Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, avait dit, au nom de la zone euro, s'attendre à "un financement supplémentaire accordé à la Grèce en échange de conditions strictes", l'Allemagne a apporté ce lundi un cinglant démenti.

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Le Premier ministre grec George Papandréou aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel, à Berlin, en février dernier. Copyright Reuters
Le Premier ministre grec George Papandréou aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel, à Berlin, en février dernier. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

C'est un recadrage en règle que l'Allemagne a infligé ce lundi à Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe. Alors que ses déclarations, vendredi soir, sur un probable deuxième plan d'aide à la Grèce pour lui éviter la banqueroute avaient été interprétées comme un engagement des Européens à soutenir une nouvelle fois Athènes, le porte-parole du gouvernement allemand a freiné ce lundi des quatre fers.

"Ce qu'il y a pour le moment ce ne sont pas des engagements, ce sont des opinions", a-t-il déclaré lors du point presse hebdomadaire. "Des paiements allemands doivent être décidés par des autorités allemandes, et c'est comme cela dans tous les pays". Et voilà Jean-Claude Juncker cordialement invité, en langage diplomatique, à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de s'exprimer.

Berlin, qui s'est déjà fait prier l'an dernier pour participer à un premier plan d'aide à la Grèce, refuse d'évoquer un nouveau geste tant que la mission d'experts de la Troïka, composée de représentants de l'Union européenne (UE), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE), n'a pas rendu ses conclusions. Selon le porte-parole du gouvernement d'Angela Merkel, la remise de ce rapport maintes fois retardé devrait avoir lieu mercredi.

Un long chemin avant l'adoption du second plan d'aide

La confusion diplomatique européenne s'explique par le fait que même si le rapport n'a pas encore été remis, Jean-Claude Juncker et le Premier ministre grec Georges Papandréou ont communiqué dès vendredi, dans l'espoir de rassurer les marchés, sur l'accord qui aurait découlé des discussions entre la Troïka et le gouvernement grec. En contrepartie du déblocage de la cinquième tranche (12 milliards d'euros) du plan d'aide de 110 milliards d'euros accordé en 2010, et d'un accord pour un second plan d'aide dont le montant serait compris entre 60 et 85 milliards d'euros (et même jusqu'à 100 milliards d'euros selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel), la Grèce s'engagerait à adopter un énième plan de rigueur. L'objectif : économiser 6,4 milliards d'euros supplémentaires pour assainir les finances de l'Etat.

Mais comme on se plaît à le rappeler à Berlin, le chemin est encore long avant d'adopter un nouveau plan d'aide. Pour la Grèce, tout d'abord, qui doit, selon une condition imposée par l'Allemagne, adopter le nouveau plan d'austérité 2011-2014. Mais il faut pour cela que le Conseil des ministres vote le projet  - ce devrait être le cas ce mardi - puis que le Parlement l'adopte. Or, les obstacles sont nombreux.

La colère de la rue, notamment sous la bannière du mouvement spontané des Indignés, s'amplifie, si bien que les Athéniens n'hésitent plus à interpeller leurs dirigeants, accusés de s'aplatir devant les exigences de la Troïka dont la rigueur imposée aggraverait les chances du pays de sortir de la crise. De plus, des dissensions apparaissent au Pasok, le parti socialiste au pouvoir, qui ne détient qu'une courte majorité au Parlement. Jeudi dernier, seize députés du Pasok ont envoyé une lettre au Premier ministre Papandréou, en lui demandant d'accorder plus de temps pour débattre sur les mesures du plan d'austérité. Ils lui ont également reproché de ne pas avoir demandé une évaluation sur l'incapacité du pays à se remettre dans le droit chemin en 2010.

La menace des parlements nationaux

L'adoption d'un second plan d'aide international doit également être validé, pour certains pays de la zone euro comme l'Allemagne, la Suède ou la Finlande, par le Parlement national. Or, la montée des populismes et les réticences de ces pays à débloquer de l'argent pour venir en aide aux pays en situation économique difficile pourraient encore compliquer la situation.

Si l'Allemagne, en exigeant la participation de créanciers privés dans le futur plan d'aide, a montré sa volonté de participer au sauvetage du pays, il n'est pas question de brûler les étapes.

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Commentaires 53
à écrit le 09/06/2011 à 16:56
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Il ne faut pas aller trop vite dans l'aide aux pays qui en ont besoin. Ils doivent en effet coopérer et être les principaux moteurs de leur redressement. Les gouvernement grecs ont fait d'énormes bétises financières et les Grecs en sont les premiers ...

à écrit le 07/06/2011 à 21:35
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franchement les français je sais pas pourquoi vous parlez, dans quelque temps ça sera votre tour, vous n'auriez jamais dû rentrer dans le zone euro vous ne faites pas le poids face à l'Allemagne. Mais comme d'habitude vous vous êtes mentis à vous mêm...

le 08/06/2011 à 15:41
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myt, qui êtes-vous ? vous, le courageux pour oser nous insulter -relisez le passé et votre passé ? et après on discute ! les Français ont refusé d'entrer dans cette Europe !

le 08/06/2011 à 15:47
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BELLE PREUVE DE TOLERANCE ET BETISSE AU SUIVANT LE CAFE DU COMMERCE ET SES QUAND DIRA OUI AH A IRA LA REVOLUTION FRANCAISE A PLUS E200 ANS

le 09/06/2011 à 16:53
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Les Français ont été globalement d'accord pour rentrer dans l'Europe. Ils en sont même parmi les principaux fondateurs. Je parle bien entendu des Français conscients de l'économie du XXIème siècle, pas de ceux qui se laissent manipuler par quelques h...

à écrit le 07/06/2011 à 20:12
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Sylvain Rolland, votre article fort intéressant nous démontre l'impossibilité de la grèce de se sortir du guêpier qu'est l'euro avec son dortège de chômeurs. vous oubliez de dire tous ces emprunts passent par les banques qui récupèrent chacunes son ...

le 11/06/2011 à 8:37
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Je pense que c'est ce qu'ils feront : sortir de l'europe..........mais après avoir reçu toute l'aide qu'ils pourront pomper. N'oublions pas qu'il ont rendus des comptes truqués pour y entrer......ils n'ont d'ailleurs rien à y faire dans cette belle e...

à écrit le 07/06/2011 à 17:51
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« pour certains pays de la zone euro comme l'Allemagne, la Suède ou la Finlande ». Euh, désolé mais, à ma connaissance, la Suède ne fait pas partie de la zone euro. Elle a encore sa souveraineté monétaire, elle.

à écrit le 07/06/2011 à 16:48
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"M. Ma. Cet expert a ajouté qu'en matière logistique, la présence du géant chinois du fret maritime Cosco en Grèce, qui contrôle depuis 2008 deux terminaux au principal port grec Le Pirée, près d'Athènes, «va considérablement contribuer» à la réalisa...

le 07/06/2011 à 19:59
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Arminius, nous , nous enfonçons dans les dettes pour les aider et ils font affaire avec les chinois! C'est un pu fort !

le 08/06/2011 à 5:02
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Odette, les dettes ils les ont faites parce-que c'est ce que l'Allemagne et la France voulaient. Ce sont des produits Allemands et aussi français qu'ils ont acheté avec l'argent que les banques allemandes et françaises leur ont prêtés. La corruption ...

le 08/06/2011 à 14:50
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Aminius, Dès le début ce gouvernement socialiste a menti pour entrer dans la Zone euro, et puis, quand on emprunte il faut penser à rembourser, les financiers ou autres qui prêtent c'est leur travail, aux gouvernements d'être responsables de se qu'i...

le 09/06/2011 à 17:01
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à Arminius : un pays n'est jamais de faire des erreurs comme celles qu'a fait la Grèce. Le gouvernement grec avait son autonomie. Les Grecs prennaient la liberté d'une fraude caractérisée et certains d'un vie facile. Maintenant il faut faire face et ...

à écrit le 07/06/2011 à 16:45
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"Deux accords gréco-chinois pour des investissements dans l'énergie solaire en Grèce ont été signés lundi à Athènes, portant sur un investissement total d'environ 2,8 milliards d'euros, ont annoncé les sociétés impliquées." Et la Merkel joue la Barba...

à écrit le 07/06/2011 à 16:10
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Récupérons le pouvoir e battre monnaie laissé aux banques privés!! "Donnez moi le contrôle sur la monnaie d'une nation, et je n'aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois." Mayer Amshel Rothschild (1743-1812)

le 08/06/2011 à 5:11
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oui, mais c'était en 1750 !!!!

le 08/06/2011 à 15:29
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dawed, oui les Rothschild (quatre frères ) ont fait fortune pendant les guerres de Napoléon et pendant le blocus de la France. ils se sont disséminés en Amérique, Angleterre, France, Allemagne, Russie - ce sont de vrais patriotes de la finance

à écrit le 07/06/2011 à 14:58
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Le parti d'Angela Merckel est en situation de faiblesse politique en Allemagne, alors, pour retrouver quelques voix de soutien, elle est prête à achever la Grèce. Vae Victis!

à écrit le 07/06/2011 à 13:10
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La cigale et la fourmi.

à écrit le 07/06/2011 à 12:59
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Dans nos différents codes (travail, commerce), les fausses déclarations sont des motifs de rupture du contrat (contrat de travail, contrat de vente). Donc pourquoi ne serait ce pas le cas pour l'adhésion d'un pays ? Notez qu'il n'y arien de personnel...

le 07/06/2011 à 13:14
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Si la grece tombe: on tombe. c'est pas durs a comprendre.

le 08/06/2011 à 5:12
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c'est tout le problème : si la Grèce tombe nous aussi ! finie votre retraite hihihi

à écrit le 07/06/2011 à 12:55
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L'Allemagne dictatrice de l'Europe depuis 40 ans ?? Réveillez vous la France ? Vous dormez ...

le 07/06/2011 à 16:02
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Dictatrice ? mouais, on ne doit pas penser à la même chose. Pourquoi un pays latin oisif comme la France se réveillerait ? rendormez-vous donc.

à écrit le 07/06/2011 à 11:28
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C'est croustillant, en Grèce, le fonctionnaire a 14 mois de paie, alors qu'il n'y a que 12 mois dans l'année, les rentes sont versées à des morts, les impôts ne rentrent pas, la Grèce doit être mise en faillite et sortir de l'euro et plus un sou ne d...

le 07/06/2011 à 13:26
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Ce qui se passe actuellement avec la Grèce est l'illustration parfaite de la fable de La Fontaine La Cigale et la Fourmi. Inutile de vous dire qui sont les cigales et qui sont les fourmis, je pense...

à écrit le 07/06/2011 à 10:30
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Bravo pour cette réplique. Chaque pays doit en effet accepter ou non d'assister les pays qui refusent de faire les efforts nécessaire pour ne pas dépenser plus qu'ils ne gagnent. En France, selon les chiffres donnés par le Ministre du Budget, seulem...

à écrit le 07/06/2011 à 10:24
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et pdt ce temps les banques suisses gonflent leurs portefeuilles de capitaux venus de Grèce:est-ce l'Europe qui en est responsable? pas du tout puisque les marchés sont là pour bénéficier de ces formes d'attentes; faut-il supprimer les marchés? autan...

à écrit le 07/06/2011 à 9:34
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C'est le tonneau des Danaïdes. A propos du populisme, de quoi s'agit-il ? De citoyens qui bossent et qui ne veulent pas payer les erreurs d'autres qui se prélassent. C'est tout.

le 08/06/2011 à 5:13
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n'oubliez pas que c'est le cas de la france

à écrit le 07/06/2011 à 9:32
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Il faut savoir s'arrêter avant l'acharnement thérapeutique...

à écrit le 07/06/2011 à 9:25
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Il faut aider la Grèce? A supposer que lui prêter de l'argent l'aide sur le long terme. La Grèce a menti et falsifié ses comptes pour pouvoir avoir l'euro. C'est un fait. Et c'est une provocation que de vouloir l'oublier. Les grecs doivent résoudre l...

le 07/06/2011 à 10:31
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absolument CORECT

le 07/06/2011 à 16:41
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Tout a fait exact mais le salarie Allemand prendra sa retaite bien plus riche que le salarie grecque, c'est que grace aux problemes grecques en particulier et a ceui des PIGS en general, il s'enrichit le salarie Allemand. Il faudrait peut etre prevoi...

le 08/06/2011 à 5:15
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PARDON, je n'ai rien compris !!!!

à écrit le 07/06/2011 à 9:15
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les lecteurs de la tribune sont des gens sérieux, ils connaissent les procédures collectives, qui parfois réussissent, on doit revenir à l'équilibre de la gestion tout de suite pendant le plan de continuation, c'est dur trés dur, on ne peut pas empru...

à écrit le 07/06/2011 à 8:30
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Au fin du fin c'est l'argent des contribuables Francais, Allemands et Neerlandais qui permettra de gagner un an, deux ans au mieux, avant un inevitable abandon de creances / write-off. Car rien rien n'est fait et surtout rien n'est prevu pour, ne ser...

le 07/06/2011 à 9:31
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Vous semblez avoir une piètre opinion des élèves de première ES... Cela dit je partage votre analyse en ce qui concerne les fonds perdus

à écrit le 07/06/2011 à 7:55
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L'euro ressemble à nos politiques, il n'a aucun attrait. Ses billets sont laids et sa monnaie nous noircit les mains. En bref il ne nous raconte pas l'histoire du peuple européen.

à écrit le 07/06/2011 à 6:58
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En fait l'Allemagne, comme la France d'ailleurs, ont pour intéret pour leurs exportations à faire baisser l'Euro. En revanche sur la scène internationale il leur est interdit d'afficher clairement cette volonté. Dans ce contexte l'aide relativement m...

le 07/06/2011 à 9:06
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Vous etes convaicant, Laurent68, et j'ajouterais que l'Allemagne en particulier est la grande beneficiaire de l'Europe car, grace aux Pigs, elle beneficie d'un Euro faible, elle n'a meme pas besion d'agir pour cela. Alors quand elle refuse d'aider le...

à écrit le 07/06/2011 à 6:55
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Comme disait Louis de funès dans l'un de ses films : Les pauvres c'est fait pour être? très pauvre et les riches très riches" . On ne paie pas pour les pauvres . les Allemands ont raison , si on vient tout à l'aide de ces pays dont ils , sans aucun ,...

à écrit le 07/06/2011 à 4:22
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Mais comme il y a pas vraiment le choix l... faut payé Sinon le domino s effondre... et c est probablement pas la dernière fois :-)

à écrit le 06/06/2011 à 19:45
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la participation de creanciers prives, ca me fait rire. Les creanciers prives exigeront la caution des Etats, ils ne sont pas aussi inconscients que les politiques , les creanciers prives, c'est leur argent , pas celui des impots

le 07/06/2011 à 4:26
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Cela tombe sous le sens. Et que les dirigeants aient sacrifié leurs peuples au nom d'une doctrine monaitaire est tout simplement criminel.

le 07/06/2011 à 4:26
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Oups, "monétaire", pardon !

le 08/06/2011 à 15:20
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Bastien, cette doctrine monètaire fait des heureux, il serait intéressant de connaître l'augmentation des fortunes depuis l'euro, qui fait effectivement la ruine des pays de l'Europe -c'est un assassinat.

à écrit le 06/06/2011 à 18:20
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Le choix est simple : soit on suit les fous et on assassine la Grèce et les autres pays en difficulté au nom d'une idéologie d'auto-destruction, soit on sauve les grecs en faisant plonger les banques. Cette seconde option a ma très grande préférence....

le 06/06/2011 à 22:00
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L'EUROPE n'ira pas loin , tout decline petit a petit et ns allons finir par retrouver notre bon vieux FRANC -

le 07/06/2011 à 9:23
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La Grèce et les Grecques ont triché, qu'ils assument et qu'ils payent. Ça leur apprendra.

à écrit le 06/06/2011 à 17:45
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La vache à lait a fait les sacrifices que les autres ont refusé et refusent encore aujourd'hui! On lui demande , vu son assainissement de faire la charité à ceux qui ne veulent pas l'effort nécessaire pour s'en tirer! L' assistanat bien implanté dans...

à écrit le 06/06/2011 à 17:39
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La fin est proche et l'Allemagne le sait, ça sent la sortie de l'Euro et la remise en route du Mark qui sera immédiatement une valeur sure. Incroyable mais on va vivre en direct la fin de l'Europe, c'est juste impossible de faire de tel projet.

le 07/06/2011 à 9:39
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L'Europe on aurait du la faire entre Français ,Allemands ,Italiens ,Autrichiens,Benelux,Danemark et pays scandinave point final Même si historiquement je trouve ca contrariant économiquement ca l est beaucoup moins

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