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ÉconomieInternational

Et si Barack Obama devait passer par une primaire ?

Jérôme Marin, à New York

Publié le 01 août 2011 à 18:54 - Mis à jour le 01 août 2011 à 19:13

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Les démocrates progressistes s'estiment trahis par le compromis accepté par le président. Celui-ci courtise désormais les électeurs indépendants.

Bernie Sanders n'est pas un parlementaire comme les autres. Représentant puis sénateur du Vermont, un état minuscule du nord-est des Etats-Unis, il se définit lui-même comme un "démocrate socialiste". Socialiste, une insulte politique aux Etats-Unis qu'il revendique pourtant haut et fort. Sa dernière obsession ? Réclamer une primaire dans le camp démocrate. "Barack Obama doit rendre des comptes", expliquait-il encore ce lundi sur MSNBC, dénonçant le tournant pris par le président américain depuis sa débâcle lors des élections de mi-mandat.

S'il y a très peu de chances que Barack Obama doive passer par une primaire pour briguer un second mandat, le fossé le séparant d'une partie de son électorat se creuse. L'accord trouvé dimanche au Congrès pour relever le plafond de la dette est ainsi vécu comme une capitulation devant les républicains. Car il ne reste plus grand-chose de l'approche "équilibrée" défendue bec et ongles par le président. "Si nous conservons les avantages fiscaux dont bénéficient les millionnaires, les managers de fonds spéculatifs et les compagnies pétrolières, alors nous devrons effectuer des coupes bien plus importantes ailleurs", expliquait-il encore début juillet. Trois semaines plus tard, les beaux discours ont laissé la place au pragmatisme politique. Et les hausses d'impôts promises ne sont pas là.

Si l'opinion publique américaine était très majoritairement favorable à une fiscalité plus lourde sur les revenus des Américains les plus riches, Barack Obama ne disposait en réalité que d'une marge de négociation limitée. Le président américain jouait son mandat, moins d'un an et demi avant de se représenter devant les électeurs. Pouvait-il se permettre d'être le président du premier défaut de paiement de l'histoire des États-Unis ? Pouvait-il prendre le risque de voir l'économie américaine et l'emploi rechuter ? En face, les républicains bénéficiaient d'importants leviers, avec le contrôle de la Chambre des représentants et une minorité de blocage au Sénat. Et ils ont habilement man?uvré pour obtenir gain de cause. La Maison-Blanche s'est bien efforcée dimanche de souligner que des hausses d'impôts étaient encore négociables. Mais il sera bien difficile, si ce n'est impossible, pour les démocrates de les obtenir.

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Cet accord a évidemment suscité la colère des démocrates progressistes, qui avaient déjà pris leurs distances avec un président résolu à courtiser les indépendants. "Le parti démocrate est à la croisée des chemins", estime le représentant Raul Grijalva. Un risque pour Obama: en 2008, les progressistes avaient joué un rôle crucial dans son élection. L'an prochain, leur mobilisation devrait être inférieure. Le groupe libéral Progressive Change Campaign Committee estime que le président pourrait ainsi perdre 200.000 de ses soutiens. Mais Barack Obama a fait un autre pari?: se défaire de l'image de "socialiste" afflublée par les républicains. Plus au centre, il mise désormais sur les électeurs indépendants qui seront, selon lui, la clé de sa réélection.

Jérôme Marin, à New York

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