Les premiers pas du nouveau président ukrainien Petro Porochenko

 |   |  907  mots
L'armée ukrainienne a lancé lundi ses avions de combats et déployé ses parachutistes pour tenter de reprendre le contrôle de l'aéroport de Donetsk investi par des insurgés. Reuters
L'armée ukrainienne a lancé lundi ses avions de combats et déployé ses parachutistes pour tenter de reprendre le contrôle de l'aéroport de Donetsk investi par des insurgés. Reuters (Crédits : reuters.com)
Quelques heures après la victoire officielle du milliardaire Petro Porochenko à la présidentielle du pays, l'armée ukrainienne a lancé lundi ses avions de combat à l'assaut de Donetsk.

Il l'avait annoncé. Petro Porochenko, nouveau président ukrainien, compte poursuivre le combat contre les séparatistes pro-russes. L'armée ukrainienne a lancé lundi ses avions de combat et déployé ses parachutistes pour tenter de reprendre le contrôle de l'aéroport de Donetsk investi par des insurgés.

Les séparatistes à l'assaut de l'aéroport

A l'issu du scrutin qui a fortement mobilisé les Ukrainiens -à l'exception des régions de l'Est où les séparatistes pro-russes avaient tout fait pour empêcher le vote- Petro Porochenko a annoncé dès dimanche soir qu'il se rendrait dans le Donbass, le bassin minier, cœur de l'insurrection. La réponse des séparatistes n'a pas tardé: ils ont investi de nuit l'aéroport international de Donetsk, manière également de lui rappeler qu'il n'était pas le bienvenu.

Dans l'après-midi, des combats se poursuivaient dans l'enceinte de l'aéroport : fumée noire dans le ciel, bruit de mitrailleuses lourdes et vrombissement des avions de combat dans le ciel après l'annonce par l'armée ukrainienne qu'une "opération anti-terroriste" était en cours. L'aéroport est fermé et les vols annulés.

 "L'Est ne sera pas la Somalie"

Quelques heures avant le début de la bataille de l'aéroport, Petro Porochenko, crédité de 54% des suffrages, avait annoncé qu'il poursuivrait l'opération militaire contre les insurgés pour les empêcher de transformer l'est du pays en "Somalie". Il a lancé au cours d'une conférence de presse :

"Ceux qui refusent de déposer les armes sont des terroristes et on ne négocie pas avec les terroristes. Leur objectif est de transformer le Donbass en Somalie. Je ne laisserai personne faire ceci sur le territoire de notre Etat. J'espère que la Russie soutiendra mon approche".

Le futur président, qui suscite les attentes énormes des Ukrainiens et des Occidentaux pour régler la crise politique qui enfle depuis plus de six mois, a confirmé l'orientation qu'il comptait donner à sa politique: en route vers l'intégration européenne.

La Russie, prête au dialogue

Premier signe de sa volonté d'accrocher l'Ukraine à l'Europe: une "très probable" visite dès le 4 juin à Varsovie où l'a invité le président Bronislaw Komorowski. Il a également indiqué souhaiter conserver à son poste le Premier ministre par intérim Arseni Iatseniouk qui dirige depuis le 27 février le gouvernement et a négocié avec les Occidentaux une aide de 27 milliards de dollars à l'Ukraine.

La Russie s'est dite "prête au dialogue avec Petro Porochenko", sans toutefois indiquer qu'elle reconnaissait la légitimité du nouveau président. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a indiqué : 

"Nous sommes prêts à un dialogue pragmatique, sur un pied d'égalité, basé sur le respect de tous les accords, en particulier dans le domaine commercial, économique et gazier et en ayant en vue la recherche de solutions aux problèmes existant actuellement entre la Russie et l'Ukraine". 

L'Europe reconnaît une élection "conforme aux normes démocratiques"

Paris a félicité le futur chef de l'Etat ukrainien et l'a appelé à mener des réformes "dans un esprit d'apaisement, de stabilité et de dialogue national".

Pour sa part, l'Union européenne a exprimé son souhait de travailler "étroitement" avec Petro Porochenko afin de stabiliser la situation politique et économique du pays.

L'UE avait attendu pour réagir que l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) déclare l'élection  "conforme aux normes démocratiques". L'OSCE, qui avait déployé un millier d'observateurs, a souligné que le scrutin offrait à son vainqueur "la légitimité" pour dialoguer avec l'Est séparatiste.

Tâche titanesque

Au soir de son élection, Petro Porochenko, deux fois ministre de précédents gouvernements, n'avait pas attendu les résultats officiels pour détailler les premières mesures qu'il prendrait en tant que chef de l'Etat : "ramener la paix en Ukraine" et convoquer dès cette année des élections législatives anticipées.

Un travail titanesque attend le futur président qui devra gérer tout autant la rébellion pro-russe dans l'Est que la quasi-faillite de l'économie ukrainienne. A cela s'ajoutent des réformes économiques impopulaires imposées en échange de l'aide de 27 milliards de dollars consentie par le FMI, la Banque mondiale et l'Union européenne.

Le cinquième président de l'Ukraine indépendante devra également négocier avec la Russie sur la dette gazière que son pays a contractée auprès d'elle, un dossier qui inquiète les Européens, tributaires du gaz russe.

Une journée de vote sous haute-tension

Le scrutin, soutenu par les Occidentaux, s'est déroulé après six mois d'une crise politique sans précédent, marquée par la sanglante répression du mouvement pro-européen de contestation de Maïdan, le rattachement express de la Crimée à la Russie et une insurrection armée pro-russe qui a pratiquement coupé l'Est russophone du reste de l'Ukraine.

L'élection avait pour toile de fond un affrontement géopolitique entre les Occidentaux et Vladimir Poutine dont le pays fait un grand retour sur le devant de la scène internationale.

Globalement, L'élection n'a pas pu se dérouler dans l'Est, entre peur des gens d'aller voter, commissions électorales locales sous le contrôle des séparatistes et tout simplement en raison de l'absence d'urnes et de bulletins dans certains bureaux de vote.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/05/2014 à 20:07 :
Déjà à l'époque de Nixon les US ont essayé de créer la bisbille entre la Chine et la Russie mais ça n'a pas marché. Tout récemment c'était le tour de Barack Obama mais les Chinois lui ont rit jaune.

Les US (comm etout le monde) en voyant déjà de quel coté se trouvera l'essor et le centre énergetico-militaro-financier du monde de demain n'avaient que deux uniques options (la troisième, de s'y associer était hors de question) : 1) faire la guerre à la Chine et à la Russie et en tant que grand vainqueur faire le ménage après; et 2) s'associer du coté des Européens et revoir à la baisse leurs ambitions.

Or faire la guerre à la Russie et à la Chine à la fois ce serait le suicide pour les US, garanti sur facture. Même un de ces hautes patetntes militaires a déclaré l'autre jour lors d'une conférence que dans certains domaines la Russie possède des armements et systèmes plus avancés que les américains. De même avec le redoutable missile ICBM chinois qui atteint la vitesse de 10 ou 12 Mach, sans dire des missiles orbitales poouvant détruire les satellites ennemis. Une guerre ni avec la Russie et moins encore avc la Chine est d'actualité pour le Pentagone.

Donc il fallait revenir sur Terre et s'associer à l'Europe par la TAFTA (un mystère!) et continuer l'Otan (malgré les réductions de coûts qui se profilent déjà à l'horizon de la nouvelle administration de l'alliance). Et c'est ça que les US ont fait. Côté patrons et entreprises les contrats vont continuer à se faire avec des Russes et des Chinois, bien entendu, mais géopolitiquement on restera dans l'actuel statu quo pour les décennies à venir. Ni Russes ni Chinois font plus de confiance aux américains ni aux européens, Poutine vient de le dire et il a raison.

Et tant qu'il aura des imbéciles qui pronnent la guerre et un anti-communisme sans la moindre raison d'exister, une partie de ce coté du monde continuera perdant et dans l'amertume d'une époque coloniale révolue et depuis belle lurette...
a écrit le 27/05/2014 à 18:26 :
je ne comprends pas le deux poids deux mesures. Celui-là, par contre, parce qu'il est adoubé par ... US, UE, OTAN, OSCE et j'en passe, il a donc le droit d'aller "buter les "terroristes" jusque dans les chiottes" ?
a écrit le 27/05/2014 à 17:28 :
Ah qu'était très émouvant d'aller voir ses premiers pas, surtout d'entendre son premier mot : Pouti ! c'est chou....
Réponse de le 27/05/2014 à 22:45 :
....ah c'était donc "Pou-ti" son premier mot ? mais que c'est chou !...
a écrit le 27/05/2014 à 16:10 :
Si vous lisez cette déclaration de Porochenko faite ce matin , peut etre aurez vous le même fou rire que moi ..

Ukraine : la sécurité impossible sans la Russie

"Il est impossible d’évoquer la sécurité régionale sans participation de la Russie, a déclaré lundi Piotr Porochenko qui arrive en tête de l’élection présidentielle en Ukraine. Sans participation de la Russie, on ne peut sérieusement pas parler de la sécurité dans notre région. Nous trouverons un format et une rencontre avec M.Poutine aura certainement lieu”, a-t-il dit notre bon Porochenko.

De quoi faire quelques-uns de ce forum arracher leurs cheveux (ou plutôt ceux qu'il en reste encore)....
Réponse de le 27/05/2014 à 18:01 :
En tant que tycoon Porochenko est un homme pragmatique, forcément, donc il voit les choses comme elles se présentent. L'Ukraine aura toujours plus besoin d'être une alliée de la Russie que des Occidentaux et de l'Otan, c'est évident. Faut le dire à nos journalistes, ma belle...
a écrit le 27/05/2014 à 4:01 :
Porochenko a parfaitement raison de vouloir maintenir l'intégrité de l'Ukraine face à l'invasion russe et aux agissements du colonel Strekov. Il est temps qu'il se fasse aider par des militaires plus spécialisés. Ce sont effectiovements des terroristes à l'Est et une guerre de maffias. Rien à voir avec de soit disant "gentils pro-russes".
Réponse de le 27/05/2014 à 11:22 :
Par un accord signé entre Moscou et Kiev (d'avant le coup d'État) la Flotte russe de la Mer Noire pourrait établir ses bases à Novorossiïsk et à Sébastopol, en Crimée, un cadre totalement différent des bases françaises en Afrique car ce pays n'a pas de frontières avec la France ! imaginons un coup d'État avec le soutien soit américain ou russe pour s'emparer des bases françaises dans cette partie du monde. L'Elysée, le Quai d'Orsay deviendrait une ruche qu'on vient d'arracher, un inimaginable ballet diplomatique allait se suivre, la France criarait au scandale et ferait un gigantesque fromage de tout cela.
Est-ce que l'Union Européenne imposer des sanctions aux Etats-Unis ? où allait chercher une solution par la voie diplomatique ? ou alors, comme d'hab, l'UE allait se murer dans le silence car elle n'a pas de politique étrangère commune et patati patata.
L'Europe se trouve déjà malmenée par la grande puissance États-Unis et devra s'ingurgiter encore de produits made in USA (traité atlantique oblige) au détriment de ses productions nationales (délocalisées) et dans un moment où elle risque sérieusement de perdre son marché russe. Celui-ci se tourne vers la Chine, les BRICs et à bien d'autres pays sous sanctions américaines (Iran et Syrie) ou de tradition hostile à la politique de Washington (Amérique latine, par ex). La Chine est devenu tout récemment la première puissance économique mondiale et vient de créer des grandes alliances stratégiques avec la Russie sur le plan énergétique et militaire.Ni les Etats-Unis ni leurs amis de l'Otan envisagent une guerre avec la Russie et la Chine, celle-là serait suicidaire pour ces pays et toute l'humanité, un véritable retour en arrière historique.
Que reste-t-il donc à l'Europe, coincée entre le marteau du chantage américain et l'enclume de son impuissance politique et économique ?
Réponse de le 27/05/2014 à 13:02 :
Poutine ? ah bon.... et François Hollande ?.... Sarkozy.... ?
Réponse de le 27/05/2014 à 18:02 :
Vous plaisentez j'entends....
a écrit le 27/05/2014 à 3:57 :
Signe de la tension, les garde-frontières ukrainiens ont déclaré lundi avoir repéré en Russie, à 10 kilomètres de la frontière avec l'Ukraine, "quarante camions avec des combattants armés prêts à franchir la frontière".
a écrit le 26/05/2014 à 19:19 :
Qu'attent-il pour retirer ses troupes dans l'EST de l'UKRAINE Je ne comprend pas cette hacharnement contre la population pros-Russe SVP laissez-les tranquille ils ont assez souffert ?Il est temps que le peuple du Donbass retrouve enfin gout à la vie??,?? Tous les hauts responsables qui se disent democrates reconnaissez leur choix du 11 mai
Réponse de le 26/05/2014 à 21:19 :
Tout à fait d'accord avec vous, les observateurs de l'OSDE ont confirmé à plusieurs reprises qu'il n'y a pas de présence russe dans ces régions de l'Ukraine. L'histoire c'est que ce Président n'est qu'un homme de paille des EUA, c'est évident, et il attend des ordres de Washington. Et selon quelques sources, le département d'État américain veut une nouvelle guerre froide avec la Russie. Quelque part, l'Ukraine se retrouve en tant que pivot dans une "guerre froide" d'usure. Espérons que les parties en question ne franchissent pas le seuil d'une guerre réelle. Et dernière.
Réponse de le 26/05/2014 à 21:19 :
Tout à fait d'accord avec vous, les observateurs de l'OSDE ont confirmé à plusieurs reprises qu'il n'y a pas de présence russe dans ces régions de l'Ukraine. L'histoire c'est que ce Président n'est qu'un homme de paille des EUA, c'est évident, et il attend des ordres de Washington. Et selon quelques sources, le département d'État américain veut une nouvelle guerre froide avec la Russie. Quelque part, l'Ukraine se retrouve en tant que pivot dans une "guerre froide" d'usure. Espérons que les parties en question ne franchissent pas le seuil d'une guerre réelle. Et dernière.
Réponse de le 26/05/2014 à 22:19 :
@psjt: la moindre des choses pour un pays, c'est de conserver son intégrité. On a jamais vu ailleurs des manifestants mieux armés que les militaires eux-mêmes !! Pour un peu, tu serais d'accord pour que certains quartiers de nos grandes villes demandent leur rattachement au Maghreb, non :-)
Réponse de le 26/05/2014 à 22:58 :
Ta comparaison est loin d'être brilliante, mon cher. La France existait bien avant l'arrivée des immigrants venus du Maghreb, avait une histoire, une culture et une langue qui n'étaient les mêmes de ces populations. C'est tout une autre paire de manches ce qui se passe entre la partie orientale de l'Ukraine et la Russie. Il te faut rechercher un peu sur ce sujet avant de faire de commentaires et des comparaisons qui sont plutôt à coté de la plaque. Désolé.
Réponse de le 26/05/2014 à 23:15 :
@@Patrickb: oué, et même que les tsars médiévaux étaient de Kiev. Alors, on fait quoi, on décrète que la Russie appartient à l'Ukraine :-) Ce serait peut-être à toi de revoir l'histoire avant de faire de l'idéologie aveugle et idiote. Un envahisseur est un envahisseur...qu'il soit russe ou allemand d'ailleurs !!!
Réponse de le 27/05/2014 à 0:45 :
@@Patrickb: suite...et comme l'empire de Charlemagne s'étendait à l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, etc., on les envahit au nom de ta doctrine ??? et pendant qu'on y est, comme l'Amérique de l'Est était rattachée au continent européen voilà plusieurs millénaires, on a droit aussi à cette partie du monde :-))))))))))))
Réponse de le 27/05/2014 à 4:06 :
Poutine a envahi la Crimée prétextant qu'elle avait été envahie par la Russie, c'est ouvrir la boîte de Pandore ce genre d'invasions sans fondements. Le président ukrainien doit désormais absolument remettre de l'ordre dans le pays et mettre dehors les agitateurs russes et maffias pro-russes qui n'ont rien à voir avec les populations russophones et ukrainiennes.
Réponse de le 27/05/2014 à 6:27 :
@Tolstoi : Comme les Britanniques qui ont annexé les Malouines, et l'Europe qui a annexé le Kosovo pour le donner aux Albanais ... Avant de faire la morale, l'Occident ferait bien de nettoyer devant sa porte.
Réponse de le 27/05/2014 à 11:09 :
Patrick, tes réponses sont d'une naïveté qui me laissent pantois, c'est assez pénible continuer une telle rodomontade.
a écrit le 26/05/2014 à 18:52 :
Et sa maman elle lui tenait par les petits bras ?.....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :