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Les premiers pas du nouveau président ukrainien Petro Porochenko

Photo de Tiphaine Honoré

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Publié le 26 mai 2014 à 15:02 - Mis à jour le 26 mai 2014 à 16:45

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Quelques heures après la victoire officielle du milliardaire Petro Porochenko à la présidentielle du pays, l'armée ukrainienne a lancé lundi ses avions de combat à l'assaut de Donetsk.

Il l'avait annoncé. Petro Porochenko, nouveau président ukrainien, compte poursuivre le combat contre les séparatistes pro-russes. L'armée ukrainienne a lancé lundi ses avions de combat et déployé ses parachutistes pour tenter de reprendre le contrôle de l'aéroport de Donetsk investi par des insurgés.

Les séparatistes à l'assaut de l'aéroport

A l'issu du scrutin qui a fortement mobilisé les Ukrainiens -à l'exception des régions de l'Est où les séparatistes pro-russes avaient tout fait pour empêcher le vote- Petro Porochenko a annoncé dès dimanche soir qu'il se rendrait dans le Donbass, le bassin minier, cœur de l'insurrection. La réponse des séparatistes n'a pas tardé: ils ont investi de nuit l'aéroport international de Donetsk, manière également de lui rappeler qu'il n'était pas le bienvenu.

Dans l'après-midi, des combats se poursuivaient dans l'enceinte de l'aéroport : fumée noire dans le ciel, bruit de mitrailleuses lourdes et vrombissement des avions de combat dans le ciel après l'annonce par l'armée ukrainienne qu'une "opération anti-terroriste" était en cours. L'aéroport est fermé et les vols annulés.

"L'Est ne sera pas la Somalie"

Quelques heures avant le début de la bataille de l'aéroport, Petro Porochenko, crédité de 54% des suffrages, avait annoncé qu'il poursuivrait l'opération militaire contre les insurgés pour les empêcher de transformer l'est du pays en "Somalie". Il a lancé au cours d'une conférence de presse :

"Ceux qui refusent de déposer les armes sont des terroristes et on ne négocie pas avec les terroristes. Leur objectif est de transformer le Donbass en Somalie. Je ne laisserai personne faire ceci sur le territoire de notre Etat. J'espère que la Russie soutiendra mon approche".

Le futur président, qui suscite les attentes énormes des Ukrainiens et des Occidentaux pour régler la crise politique qui enfle depuis plus de six mois, a confirmé l'orientation qu'il comptait donner à sa politique: en route vers l'intégration européenne.

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La Russie, prête au dialogue

Premier signe de sa volonté d'accrocher l'Ukraine à l'Europe: une "très probable" visite dès le 4 juin à Varsovie où l'a invité le président Bronislaw Komorowski. Il a également indiqué souhaiter conserver à son poste le Premier ministre par intérim Arseni Iatseniouk qui dirige depuis le 27 février le gouvernement et a négocié avec les Occidentaux une aide de 27 milliards de dollars à l'Ukraine.

La Russie s'est dite "prête au dialogue avec Petro Porochenko", sans toutefois indiquer qu'elle reconnaissait la légitimité du nouveau président. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a indiqué :

"Nous sommes prêts à un dialogue pragmatique, sur un pied d'égalité, basé sur le respect de tous les accords, en particulier dans le domaine commercial, économique et gazier et en ayant en vue la recherche de solutions aux problèmes existant actuellement entre la Russie et l'Ukraine".

L'Europe reconnaît une élection "conforme aux normes démocratiques"

Paris a félicité le futur chef de l'Etat ukrainien et l'a appelé à mener des réformes "dans un esprit d'apaisement, de stabilité et de dialogue national".

Pour sa part, l'Union européenne a exprimé son souhait de travailler "étroitement" avec Petro Porochenko afin de stabiliser la situation politique et économique du pays.

L'UE avait attendu pour réagir que l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) déclare l'élection  "conforme aux normes démocratiques". L'OSCE, qui avait déployé un millier d'observateurs, a souligné que le scrutin offrait à son vainqueur "la légitimité" pour dialoguer avec l'Est séparatiste.

Tâche titanesque

Au soir de son élection, Petro Porochenko, deux fois ministre de précédents gouvernements, n'avait pas attendu les résultats officiels pour détailler les premières mesures qu'il prendrait en tant que chef de l'Etat : "ramener la paix en Ukraine" et convoquer dès cette année des élections législatives anticipées.

Un travail titanesque attend le futur président qui devra gérer tout autant la rébellion pro-russe dans l'Est que la quasi-faillite de l'économie ukrainienne. A cela s'ajoutent des réformes économiques impopulaires imposées en échange de l'aide de 27 milliards de dollars consentie par le FMI, la Banque mondiale et l'Union européenne.

Le cinquième président de l'Ukraine indépendante devra également négocier avec la Russie sur la dette gazière que son pays a contractée auprès d'elle, un dossier qui inquiète les Européens, tributaires du gaz russe.

Une journée de vote sous haute-tension

Le scrutin, soutenu par les Occidentaux, s'est déroulé après six mois d'une crise politique sans précédent, marquée par la sanglante répression du mouvement pro-européen de contestation de Maïdan, le rattachement express de la Crimée à la Russie et une insurrection armée pro-russe qui a pratiquement coupé l'Est russophone du reste de l'Ukraine.

L'élection avait pour toile de fond un affrontement géopolitique entre les Occidentaux et Vladimir Poutine dont le pays fait un grand retour sur le devant de la scène internationale.

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Globalement, L'élection n'a pas pu se dérouler dans l'Est, entre peur des gens d'aller voter, commissions électorales locales sous le contrôle des séparatistes et tout simplement en raison de l'absence d'urnes et de bulletins dans certains bureaux de vote.

latribune.fr

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