Brésil 2014: la Coupe du Monde de l'économie
Jérémy Hébras
Jérémy Hébras
Avec les performances des Bleus, ce Mundial brésilien a des allures de fête en France. Ce lundi, plus de 16 millions de personnes étaient devant leur téléviseur pour encourager l'équipe de France face au Nigéria (victoire 2 à 0), malgré un horaire de diffusion relativement tôt (18h). Cet engouement, on ne le retrouve pas totalement au Brésil où seulement 48 % de la population soutient l'idée d'accueillir cet événement planétaire.
En cause notamment, un budget Mondial gangrené par la corruption et qui n'a cessé de croître pour finalement atteindre la somme de 12 milliards d'euros. Fallait-il doter le Brésil de douze stades, au lieu des huit requis par la Fifa ?
Certaines enceintes, comme celle de Manaus, ont coûté des sommes monumentales et risquent de rester inutilisées après la compétition, faute d'équipe locale assez connue pour les occuper. Du gâchis aux yeux des citoyens d'un pays manquant cruellement d'infrastructures.
Rejoindre son lieu de travail représente encore une difficulté pour bon nombre d'entre eux. Le gouvernement brésilien, depuis l'arrivée au pouvoir de Lula, a favorisé l'émergence d'une classe moyenne sans lui donner les infrastructures indispensables à son épanouissement.
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Dans ce contexte, les performances de la Seleçao (l'équipe nationale du Brésil) redonnent un peu le sourire aux Brésiliens, désenchantés par leur Coupe du monde. Les vert et jaune pourraient d'ailleurs croiser le chemin de l'équipe de France en demi-finale, ce qui serait un classique de la Coupe du monde. Les deux équipes se sont déjà affrontées quatre fois (avec trois qualifications pour les Bleus). Une histoire sportive commune de laquelle émane beaucoup d'admiration et de chaleur entre les deux pays.
Mais sur le plan économique, les relations franco-brésiliennes sont plutôt distendues. Des 120.000 entreprises exportatrices de France, elles ne sont que 4.000 à développer des courants d'affaires réguliers au Brésil. La France n'est que le douzième fournisseur du plus grand pays d'Amérique du Sud.
Pourtant la cinquième économie mondiale aurait tout intérêt à développer sa relation bilatérale avec le pays du football roi : une classe moyenne de 120 millions de personnes avec des appétits à satisfaire, seulement 20 % de routes asphaltées, un paysage de transports à développer...
Voilà donc pourquoi il faut espérer une affiche France-Brésil en demi-finale : pour porter un coup de projecteur sur un marché prometteur pour l'économie hexagonale. Mais le chauvinisme nous force à préciser que dans le match de l'économie, c'est la France qui bat le Brésil, avec un excédent commercial à 1,3 milliard d'euros.
En revanche, s'il fallait jouer le Mondial de l'économie, la France ne serait pas sacrée championne. Loin s'en faut puisque selon les critères de La Tribune, elle serait éliminée au premier tour.
Le trophée, reviendrait à une équipe déjà éliminée, l'Australie. Une victoire due à son faible endettement, sa croissance équilibrée et sa richesse importante. Lot de consolation pour les Bleus : leurs résultats sont d'ores et déjà meilleurs que ceux de l'économie nationale !
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