Le triple A de la France ne résisterait pas à une récession

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Après Moody's, c'est au tour de Standard & Poor's et de Fitch d'avertir que les notes souveraines de la zone euro pourraient subir des pressions supplémentaires dans le cas d'une récession qui frapperait l'an prochain, comme redouté, une grande partie des dix-sept pays utilisant la monnaie unique.

Le directeur de la notation souveraine de S&P, agence qui a déjà retiré aux Etats-Unis leur note maximale "triple A" l'été dernier, a estimé qu'il serait difficile d'éviter une récession dans nombre de pays de la zone euro en 2012 si les rendements des emprunts d'Etat restent élevés et si les banques continuent de réduire leur bilan.

"Les dynamiques financières provoquées par la crise de confiance persistante ont, du point de vue de Standard & Poor's, accru le risque d'une nouvelle récession dans un nombre croissant de pays membres de la zone euro, qui pourrait potentiellement faire peser une pression supplémentaire sur les notations souveraines de la région", a déclaré David Beers dans un discours à Dublin.

Il a toutefois dit espérer que la Banque centrale européenne et les gouvernements de la zone euro fassent preuve d'une "coordination politique plus étroite" pour trouver une solution à la spirale de la crise de la dette. Il a notamment évoqué de possibles interventions "plus agressives" de la Banque centrale européenne pour éviter un nouveau choc économique.

Quelques minutes plus tard, c'était au tour de Fitch, la troisième principale agence de notation, d'estimer que la note triple A de la France serait fragilisée si la crise de la zone euro s'aggravait et entraînait l'utilisation de la totalité des engagements français du fonds de sauvetage européen (FESF).

Soulignant qu'il ne s'agit pas de son scénario central, Fitch estime que la dette publique pourrait dans ce cas atteindre la limite haute de la fourchette compatible avec la note AAA.

"Si la totalité des 158,5 milliards d'euros d'engagements de la France auprès du FESF était déboursée, sa dette publique brute atteindrait 98,2% du PIB en 2014, soit le haut de la fourchette compatible avec son statut de AAA", écrit l'agence dans une note sur la France.

"Cependant, sur la base de la dette nette et si les prêts au FESF étaient comptabilisés (avec une décote de 50%) comme des actifs liquides, la dette culminerait à un peu plus de 80% du PIB en 2014. Ceci tempèrerait la forte hausse de la dette brute du point de vue de Fitch , et cela serait pris en compte dans l'analyse de la qualité de crédit de la France dans ce cas."

Le spread de dette française par rapport à la dette allemande n'a quasiment pas bougé après la publication de la note de Fitch , de même que le rendement de la dette française à 10 ans, qui avait fortement progressé ces dernières semaines.

Les trois principales agences donnent à la France la note maximale, triple A avec perspective stable, ce qui contribue à permettre au pays d'emprunter à des taux avantageux pour financer son déficit et refinancer sa dette.

Mais Moody's a annoncé mi-octobre qu'elle se donnait trois mois pour évaluer la solidité de cette perspective. Un changement de la perspective pourrait ensuite entraîner une dégradation de la note de la deuxième économie de la zone euro, un événement susceptible d'aggraver encore la crise des dettes souveraines et de peser sur la note triple A du FESF.

Standard and Poor's avait quant à elle estimé le 20 octobre qu'une entrée de la zone euro en récession fragiliserait la notation de plusieurs Etats membres, dont la France. Fitch précise mercredi que "selon le scénario central de Fitch , les chiffres des finances publiques françaises resteraient compatibles avec la conservation de sa note AAA".

Ce scénario prend l'hypothèse d'une croissance économique de 0,7% en 2012, le gouvernement français prévoyant pour sa part +1%. Le déficit public atteindrait 4,9% du PIB fin 2012 et la dette brute 89,7%, selon Fitch . Le gouvernement table lui sur un déficit à 4,5% et une dette brute de 87,4%.

Hors engagements auprès du FESF, le ratio dette sur PIB serait de 87,8% fin 2012, selon Fitch , et 85,5% selon le gouvernement.

L'agence estime que la France devra prendre des mesures supplémentaires pour parvenir à l'objectif d'un déficit ne dépassant pas 3% du PIB en 2013, Fitch tablant sur 4,2%.

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a écrit le 12/12/2011 à 22:58 :
On n'a pas besoin d'être payé par quiconque pour voir clairement les faits réels comme observateur entièrement indépendant. A propos de la France cette verité des chiffres quasi HURLE au visage, et même les lauréats des prix Nobel d'économie arrive à la conclusion que la construction de l'euro est une imposssibilité, une maison construite sur sable mouvant.
a écrit le 24/11/2011 à 9:04 :
Les économistes du monde entier savent que la solution peut venir d'un changement de politique de la BCE: admettre que la banque centrale prête aux Etats comme c'est le cas aux USA ou en Grande Bretagne. Seuls les Allemands s'y opposent car ils craignent deux conséquences, l'inflation et la mutualisation du risque. Mais la récession nous guette tous, la bonne santé de l'économie allemande doit beaucoup à ses ventes au reste de l'Europe et il est certain que notre mauvaise santé leur sera un jour préjudiciable. Le gouvernement allemand est pour l'instant aveugle et optu. Nous pourrions l'aider à comprendre en lançant une CAMPAGNE DE BOYCOT SUR LES PRODUITS ALLEMANDS afin de simuler le risque et de montrer que la solidarité européenne relève du simple bon sens au delà de l'égoïsme et de la politique à courte vue.
a écrit le 24/11/2011 à 7:42 :
Chaque jour qui passe nous permet de creuser un peu plus la tombe de la France. Environ 800 millions sont empruntés chaque jour sur les marchés pour simplement vivre, c'est-à-dire payer grassement nos sénateurs, députés, ministres, hauts fonctionnaires, les milliers d'institutions inutiles comme la Halde, etc. Cette situation ressemble à s'y méprendre à celle de 1789.
Réponse de le 20/12/2011 à 16:13 :
sanctionnons plutôt le monarque en place ! perso je vais voter pour le mieux placé pas forcément pour celui de "mon coeur" car je veux balayer par stratégie Sarko et ne pas le retrouver au second tour...
a écrit le 23/11/2011 à 16:33 :
heureusement que standard and poors est là pour nous rappeler des évidences...
Réponse de le 12/12/2011 à 8:17 :
tout est dan le titre
a écrit le 23/11/2011 à 15:34 :
Baroin va nous dire dans 15 jours que AA+ c´est pas mal non plus ...
Dans 2 mois, il nous dira que AA- c´est pas si terrible ...

Et dans 4 ans Hollande nous dira que BB- c´est super et que si on revote pour lui, il fera tout pour que la France revienne dans la zone Euro et pour diminuer le chomage de 25% en 2016 á 10% comme il était en 2012.
Réponse de le 23/11/2011 à 17:26 :
Sarko promettait dés 2007 la hausse du pouvoir d'achat, de la croissance et une France de propriétaires ! la crise allait commencer à la fin de l'été ? bien sûr il ne " savait rien" tros gros !
Réponse de le 23/11/2011 à 18:48 :
Il promettait aussi en 2007 un retour á 60% de la dette publique de l´état.
Elle sera bientôt á 90% du PIB.
a écrit le 23/11/2011 à 15:14 :
"coordination politique plus étroite" Cela veut dire aussi : Toute la zone Euro au régime Grec ! "plus agressives" Presser le citron dès maintenant (La confiance règne du coté des States ! ). Là où défaille la virtù des hommes, la fortuna porte ses coups les plus efficaces. Machiavelisme économique !
a écrit le 23/11/2011 à 14:35 :
Ce qui est surprenant c'est que personne ne parle du vrai problème: le déséquilibre des balances commerciales entre les pays de la Zone Euro du aux divergences économiques grandissantes depuis l'introduction de l'Euro.
Les économies, puisque divergentes, deviennent de plus en plus difficiles à coordonner.
Tant que des mesures adéquates ne seront pas décidées et appliquées ces divergences iront en s'aggravant.
Une des conséquences de ces divergences est le cour de change de l'Euro qui pour l'Allemagne devrait tourner autour de 1,70 pour le $-US alors que pour l'Italie et la France ce serait autour de 1,20,- Et je ne parle même pas de la Grèce et du Portugal.
Ce manque de convergences économiques nous conduira à une forme de Zone de libre échanges avec des républiques bananières (Wikipedia: Une république bananière désigne un pays peu développé, dont l'industrie repose typiquement sur la seule production de bananes (Olives dans nôtre cas), et dirigé par une petite ploutocratie autoritaire sujette à renversement.) C'est déjà le cas en Grèce et l'Italie s'y dirige à grand pas. Puisque ces deux pays ne sont plus dirigés par des gouvernements élus.
Ce n'était certainement pas le but de l'UE! En tout cas pas le but avoué.
Réponse de le 23/11/2011 à 16:40 :
Votre reflexion ne tient pas. Les USA ont cinquante états plus différents et riches les uns que les autres et ils ont un dollar unique et ça marche.
Réponse de le 23/11/2011 à 17:47 :
Ils parlent la même langue aussi:
Ils se comprennent et travaillent ensemble dans la même direction.
En europe, chacun a son drapeau (ya qu´á voir les plaques d´immatriculations en france: si on pouvait mettre son adresse on la mettrait) et tire vers soi sans se soucier de ses voisins proches.

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