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ÉconomieUnion européenne

Londres, étape incontournable des candidats à la présidentielle

Tristan de Bourbon, à Londres

Publié le 01 mars 2012 à 09:35 - Mis à jour le 01 mars 2012 à 09:36

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François Hollande a passé sa journée mercredi à Londres, la veille Jean Peyrelevade avait fait de même. Les deux ont exposé à l'importante communauté française en Grande-Bretagne leurs programmes. Un enjeu, qui fait de la première place financière de l'Europe, un passage obligé pour les candidats.

Londres devient un passage obligé des candidats à l'actuelle élection présidentielle française. Le Royaume-Uni, qui accueille environ 350.000 Français dont 50.000 inscrits sur les listes électorales, a reçu mercredi la visite de François Hollande. Désireux de se doter d'une image de décideur crédible sur la scène internationale, comme son ancienne compagne Ségolène Royale lors de son épique et bravitudesque séjour à Pékin en 2007, le favori des sondages a tout d'abord rencontré le leader travailliste Ed Miliband dans ses bureaux du Parlement de Westminster.

Cette réunion entre chefs de l'opposition ont permis aux deux hommes de s'apercevoir de la similarité de leur vision : la réduction de la dette et la responsabilité budgétaire sont importantes mais elles doivent s'accompagner d'un plan de relance crédible. Le contre-exemple du gouvernement du conservateur David Cameron, dont les mesures d'austérité trop rapides et trop sévères placent actuellement le Royaume-Uni en grande difficulté, ne pouvait mieux tomber. Ils se sont également entendus sur la nécessité d'accentuer la régulation financière.

Pour Hollande, discours appliqué au Kings College

Sans préciser de détails concrets, le responsable socialiste a répété ces idées lors d'un discours appliqué à l'université Kings College puis lors d'une allocation plus enlevée devant près de cinq cents Français installés dans la capitale de la finance européenne. "Nous avons besoin d'un marché qui puisse être régulé, d'une finance qui soit au service de l'économie réelle." Il a également appelé à une Europe plus unie, qui ait "une volonté, une ambition et une vision commune" et rappelé "le besoin d'un Royaume-Uni qui soit partie prenante". Sa volonté, renouvelée, de renégocier le récent traité européen pourrait apaiser des Britanniques constamment sur la défensive vis-à-vis de Bruxelles. Après cette journée sans fausse note, François Hollande pouvait repasser la Manche l'esprit serein.

Pour Peyrelevade, conférence à l'Imperial College

La veille, Jean Peyrelevade, membre du comité stratégique de campagne de François Bayrou, avait donné une conférence à l'université Imperial College. L'ex-conseiller économique de François Mauroy et soutien de François Hollande jusqu'à la fin 2011, a vertement critiqué les candidats des deux grands partis. Tout d'abord un Nicolas Sarkozy "sans aucun programme mais qui donne des solutions sans avoir défini de problème (...) et qui nous enfoncera au fond du trou en nous disant qu'il va nous protéger", puis un leader socialiste "dont le programme économique est irréalisable et qui ne sera donc jamais appliqué". Il a également expliqué son revirement de la fin 2011 : "Je suis allé tester le parti socialiste et François Hollande sur les notions de compétitivité de l'industrie française et de la dette publique mais ils refusent d'aborder véritablement ces questions. A l'inverse, François Bayrou a compris leur importance, ce qui n'était pas le cas en 2007."

L'ex-président de Suez, de la Banque Stern, de l'UAP et du Crédit Lyonnais, aujourd'hui responsable de la banque d'affaires Leonardo, estime en effet que "la situation économique de la France est bien plus grave que tout le monde n'ose le dire et que ses problèmes macroéconomiques sont bien plus pires que ceux de l'Italie et pourraient même dépasser ceux de l'Espagne. Aujourd'hui, 80% des échanges internationaux sont réalisés par les produits industriels ; or, depuis quinze ans, la compétitivité de notre appareil productif recule plus vite que partout ailleurs en Europe et nous sommes, avec la Grèce et peut-être le Portugal, le pays de l'UE dont la part de l'industrie est la plus faible du PIB national, très loin derrière l'Italie et même le Royaume-Uni. Et notre balance commerciale, contrairement à celles de l'Irlande, de l'Espagne et même de l'Italie, ne montre toujours aucun signe d'amélioration et continue même à se casser la figure."

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"Un prix à payer à court terme"

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Ce point s'avère selon lui déterminant en termes d'emplois, la préoccupation principale des Français. "Si nous avions gardé nos parts de marché à l'exportation depuis dix ans, nous aurions aujourd'hui 1,5 million d'emplois supplémentaires en France. Pour inverser la situation, il faut donc améliorer la compétitivité des entreprises françaises, ce qui passe par un allègement des charges sur les entreprises, qui sont parmi les plus fortes d'Europe, pour les transférer vers les ménages. En échange, les entreprises privées doivent investir en recherche et développement car celui-ci est bien inférieur à ceux de leurs concurrents européens, sans parler des asiatiques et américains. Les Français doivent comprendre qu'il y a à court terme un prix à payer, et que même si les deux principaux candidats refusent de le dire, cela s'avère incontournable." Lors de l'élection générale britannique de mai 2010, le troisième homme de la campagne, le libéral-démocrate Nick Clegg, avait fait le même constat face au mutisme des conservateurs et des travaillistes. Cela n'avait pas empêché David Cameron d'annoncer des mesures d'austérité extrêmes deux mois après son arrivée au pouvoir.

Tristan de Bourbon, à Londres

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