Mariano Rajoy fragilisé par son échec andalou

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Pour le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, il va falloir "livrer", selon l'expression consacrée sur les marchés, après son revers andalou et avant une grève générale jeudi et la présentation de son projet de budget 2012, qui sera scruté par les marchés financiers et Bruxelles.

L?Andalousie suscitait les convoitises du Partido Popular (PP) de Mariano Rajoy. A raison puisque les sondages lui donnaient la majorité absolue. C'est raté. Les candidats conservateurs obtiennent 50 des 109 sèges, 3 de plus qu'en 2008, mais le parti socialiste (PSOE) même s'il perd 9 sièges en en gagnant que 47, devrait continuer à gouverner la région la plus peuplée d'Espagne grâce à l'appui de Izquierda Unida (IU), coalition de communistes et d'écologistes, qui doublent leur présence dans le parlement de Séville avec 12 sièges.

Tâche plus difficile

Pour le PP, qui dirige déjà 11 des 17 régions, ce revers rend plus difficile les rapports entre le centre et la périphérie pour arriver à maîtrises des objectifs de déficit public, avant la présentation du budget 2012 vendredi aux Cortès, le parlement national. Un budget dont les mesures sont attendues avec impatience tant dans le pays que sur les marchés financiers et les partenaires européens.

Dynamique qui faiblit

Car cet échec est également le signe que la dynamique de la vague bleue qui avait balayé les socialistes au pouvoir en 2011 commence à faiblir. "Les mesures d?austérité et les réformes que le gouvernement veut lancer sont en train de diminuer le soutien général au gouvernement", note Ricardo Santos chez BNP Paribas.

Doutes sur les objectifs

Depuis plusieurs semaines, Mariano Rajoy gagnait du temps face aux Espagnols mais aussi à Bruxelles et présentant l?élection andalouse comme une étape avant de dévoiler les mesures concrètes de sa politique pour l'année à venir. Il avait même réussi à faire accepter à Bruxelles une révision de son objectif de déficit public à 5,3% du PIB contre 4,4% prévu initialement pour 2012. Or même cet objectif soulève des doutes, d?autant que le pays devrait connaître une récession de 1,7% pour 2012.

Risque sur les régions

L?heure est donc aux décisions, et le budget 2012 devra être suffisamment crédible pour rassurer les marchés financiers et les institutions européennes. Notamment celui des régions, qui représent le véritable risque pour le pays. "Une fois le budget fédéral présenté, les régions devront à leur tour présenter leurs budgets pour 2012. Elles doivent atteindre un déficit combiné de 1,5% du PIB. Et c?est là où se trouve une large part des risques budgétaires. Nous ne croyons pas que les régions seront capables d?atteindre leurs objectifs, creusant le déficit fédéral à 5,7% du PIB, cette année, au-dessus des 5,3% prévus. Et les demandes formulées dimanche par les socialistes en Andalousie pour un assouplissement de l?objectif de déficit de la région montre que ses risques vont rapidement se matérialiser", souligne Ricardo Santos.

Hausse des taux

Sur les marchés financiers, ces doutes s?expriment par la hausse du taux des emprunts espagnols, qui dépasse la barre des 5%, et s'affiche désormais supérieurs à celui de l?Italie. Le Premier ministre italien, Mario Monti, n?a d?ailleurs pas raté l?occasion de souligner que l?Espagne est redevenue un sujet d?inquiétude pour l?ensemble de la zone euro, alors qu?il est lui-même dans une passe délicate à travers une réforme du marché du travail qui risque d?être son premier véritable test politique.

Rejet de la réforme du marché du travail

C?est d?ailleurs sur ce même type de réforme que bute Mariano Rajoy. "La vague bleue s'est arrêtée aux frontières de l' Andalousie ", commentait Cayo Lara, coordinateur d'Izquierda Unida. "Rajoy a un problème. C'est un refus total de sa réforme du travail". Le rejet de cette réforme qui vise à créer de l'emploi, alors que le chômage en Espagne reste à des sommets (22,85%), et de la politique d'austérité menée par le gouvernement sont les mots d'ordre de la grève générale convoquée jeudi par les syndicats.

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