Le Portugal, surendetté, premier pays à ratifier le Pacte budgétaire

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Le parlement portugais a voté ce vendredi le Pacte budgétaire européen. Très endetté, le pays devient le premier à ratifier cet accord visant à établir une stricte discipline budgétaire au sein de l'Union européenne dans le but de lutter contre la crise qui la traverse depuis près de trois ans.

Le Parlement portugais a adopté le Pacte budgétaire ce vendredi. Il accepte ainsi de se soumettre à une discipline stricte. Son déficit public ne devra pas dépasser 3% de produit intérieur brut, son déficit structurel 0,5% de PIB et sa dette globale 60% de sa production.

115% de dette en 2012 ?

Premier à ratifier l'accord signé le 2 mars à Bruxelles par 25 Etats de l'Union européenne, le pays est de ceux dont la dette est la plus élevée. Sa dette publique représente actuellement 110% du PIB et devrait atteindre 115% à la fin de l'année. En mai 2011, le Portugal a même été contraint de demander une aide exceptionnelle de 78 milliards d'euros sur trois ans à l'Union européenne et au Fonds monétaire international.

En échange, Lisbonne a promis de mettre en ?uvre un plan de rigueur de drastique comportant notamment une réforme du marché du travail. Un plan salué par ses créanciers. Résultat : le pays semble en bonne voie pour redresser ses comptes. L'année dernière, le pays était parvenu à diviser son déficit public par deux en le ramenant à 4,2% du PIB en 2011 contre 9,8% en 2010. Revers de la médaille, le Portugal connaît une forte récession avec une économie en passe de se contracter de 3,4% cette année tandis que 14% de la population active est au chômage.

Les socialistes donnent leur feu vert

Au Parlement portugais, ce pacte budgétaire, ainsi que le Mécanisme européen de stabilité, destiné à servir de pare-feu contre de nouvelles crises, ont été votés comme prévu. Les députés de centre-droit du Premier ministre Pedro Passos Coelho disposent en effet d'une large majorité. Du côté de l'opposition, les socialistes ont également donné leur feu vert à ce Pacte, à l'exception de deux d'entre eux. La gauche radicale, elle, l'a rejeté.

"C'est au nom de l'option européenne du Portugal que nous voterons favorablement", avait déjà justifié Antonio José Seguro, le chef du Parti socialiste avant le vote, fermant finalement les yeux sur les critiques formulés dans son camp sur l'absence de mesures en faveur de la croissance et de l'emploi.

Ces réticences sont partagées en Europe par les autres formations politiques également appelées à ratifier cet accord. En Irlande, il sera soumis à un référendum. Ailleurs, ce sont les Parlements qui devront ratifier ce Pacte que les gouvernements de Grande-Bretagne et de République Tchèque avaient même décidé de bouder.

La France suspendue à la présidentielle

Pour qu'il entre en vigueur, douze pays sur vingt-cinq doivent le valider. Pour l'instant la question reste en suspens en France, en raison de la campagne présidentielle. François Hollande, à l'instar de ses homologues socialistes européens, souhaite y inclure de nouveaux éléments pour soutenir la production en l'emploi. Le candidat PS a indiqué vouloir le renégocier pour y inclure un "Pacte de croissance". De son côté, s'il est réélu, le Nicolas Sarkozy, l'un des initiateurs du Pacte budgétaire au niveau européen, devra compter sur les voix de l'opposition puisque cette ratification est soumise à une majorité des deux-tiers au Parlement.

Outre-Rhin, enfin, les sociaux-démocrates traînent des pieds. Alors que le traité européen devait être ratifié fin mai.

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a écrit le 14/04/2012 à 8:06 :
Heureusement que le Portugal est depuis le XVè un pays d'émigration et d'une population non raciste, capable de se mélanger à d'autres. Il profitera de l'essor des anciens domaines lusitophones.
Réponse de le 15/04/2012 à 0:26 :
Portugais non racistes ? Envers les blancs, sans aucun doute. Pour les autres origines ethniques, merci pour la blague, elle est bien bonne !
a écrit le 13/04/2012 à 16:37 :
cette règle est écrite de telle manière que les taux exigés pour emprunter ne doivent pas être supérieurs au taux de croissance. Le déficit maximum est en effet calculé en fonction du PIB et non pas des recettes de l?Etat. Si le taux d?intérêt s'élève au dessus du taux de croissance le rapport dette / PIB se dégrade inéluctablement. Avec sa note actuelle qui a fait monter les taux d?intérêt et pour ne pas aggraver " l'infraction" par rapport au pacte de stabilité, le Portugal devra connaître un taux de croissance encore plus élevé. C?est une imbécillité totale. Sans ce pacte de stabilité financière le coup serait beaucoup moins grave.
L'Italie, par exemple, est désormais à des taux de 5 ou 6 %, avec un exigence de croissance impossible à satisfaire. Dans le même temps, la hausse des taux d?intérêt due à la mauvaise note du Portugal impose un plan de rigueur qui va freiner la croissance. C?est ce qu'on appelle l'effet ciseaux. D'un côté on fait baisser la croissance, ce qui conduit à une dégradation de la notation et la dégradation de la notation fait monter les taux d?intérêt. Plus il y a de rigueur, plus ça se dégrade. On a mis en place un machine infernale qui fait que ça ne peut qu?aller plus mal.



a écrit le 13/04/2012 à 16:01 :
Désolé, mais il me semble également que le pacte a été signé le 2 mars et non le 2 mai.
a écrit le 13/04/2012 à 14:54 :
Il me semble que c'est plutôt 78 milliards d'euros d'aide exceptionnelle
a écrit le 13/04/2012 à 14:36 :
"le pays semble en bonne voie pour redresser ses comptes" ... pardon..?? D'une certaine façon, oui néanmoins : plus d'éducation ni médecine ni ne serait-ce d'entretien des infrastructures ni administration, ni ... Soit, un état aux abonnés absents. Tout bon pour les "investisseurs", ça... Comme en Irlande, le pays va se désertifier.
a écrit le 13/04/2012 à 14:35 :
on comprend bien l'enjeu des législatives françaises qui suivront de peu l?élection présidentielle. La démocratie réelle sera sans doute une fois de plus bafouée, après le référendum de 2005 sur le Traité Européen Constitutionnel, par la démocratie représentative qui se garde bien d'une représentation proportionnelle des opinions des citoyens !

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