Pourquoi la BCE n'a pas touché à ses taux et pourquoi elle n'est pas près de le faire

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L'euro a touché un plus haut d'une semaine contre la devise américaine, les futures sur le Bund allemand ont reculé et les actions européennes ont brièvement accentué leur hausse en réponse à l'appréciation unanime du conseil des gouverneurs de la BCE sur l'absence de nécessité d'une politique plus accommodante.

Sans surprise, le Conseil des Gouverneurs de la banque centrale européenne a décidé de maintenir son principal taux directeur inchangé à son niveau plancher de 0,75% ce jeudi. La décision a été "unanime", a déclaré son président Mario Draghi, cette unanimité ayant "été motivée par "l'amélioration significative des conditions sur les marchés financiers" et par "une stabilisation générale de certains indicateurs de conjoncture", bien qu'à de faibles niveaux. Le taux de refinancement reste donc de 0,75%, le taux de facilité de dépôt reste nul et le taux de prêt marginal de 1%. Ces trois taux n'ont pas bougé depuis le 5 juillet dernier.

La situation a évolué par rapport au mois dernier. Lors de la précédente réunion sur les taux directeurs de la BCE en décembre, certains membres du conseil des gouverneurs avaient plaidé pour une baisse des taux, avait alors indiqué Mario Draghi.

Les points positifs : la situation s'est améliorée sur les marchés financiers et des signes de stabilisation de la conjoncture sont apparus récemment

L'ACTIVITE

"La faiblesse économique dans la zone euro devrait se prolonger en 2013", a déclaré Mario Draghi lors de la traditionnelle conférence de presse. "Plus tard en 2013, l'activité économique devrait graduellement se reprendre.", a-t-il ajouté. L'amélioration du climat des affaires au sein de la zone euro et des enquêtes auprès des directeurs d'achat montrant une moindre contraction de l'activité dans les services suggèrent un début de retournement après un quatrimème trimestre 2012 déprimé. "Les risques entourant les perspectives économiques de la zone euro restent orientés à la baisse", a toutefois souligné Mario Draghi. "Ils sont principalement liés à la lenteur de la mise en oeuvre des réformes structurelles dans la zone euro, aux problèmes géopolitiques et aux déséquilibres dans les grands pays industrialisés", a-t-il ajouté.

L'INFLATION

La BCE, a redit Mario Draghi, estime que l'inflation, ressortie stable à 2,2% en rythme annuel en décembre, reviendra sous le seuil des 2% dans le courant de cette année. La BCE a un objectif d'inflation inférieur mais proche de 2% à moyen terme. "A l'horizon pertinent de la prévision, les pressions inflationnistes devraient restées contenues", a-t-il dit. Mario Draghi a également invité les gouvernements à poursuivre leurs efforts d'assainissement des finances publiques et de réformes pour redresser la compétitivité.

LES TENSIONS FINANCIERES

Sur la situation financière, les coûts de financement des pays de la zone euro en difficulté se sont nettement détendus depuis les déclarations l'été dernier du président de la BCE sur sa détermination à faire tout son possible pour préserver l'intégrité de la zone. La BCE a par la suite mis en place un mécanisme de rachats potentiellement illimités de dette souveraine à court terme pour les pays qui en feraient la demande, qu'elle n'a pas eu à activer depuis. "Les rendements obligataires et les CDS souverains ont beaucoup baissé, nettement baissé. Les marchés actions se sont redressés. La volatilité est à un plus bas historique [...] Nous observons des afflux de capitaux soutenus vers la zone euro", a déclaré Mario Draghi. Pour lui,"il y a aujourd'hui une contagion positive à l'oeuvre."

Des analystes financiers très divisés

Le mois dernier, Mario Draghi avait déclaré qu'il y avait eu un "large débat" au sein du conseil des gouverneurs sur une réduction des taux d'intérêt. Ces propos avait alimenté les anticipations d'une baisse des taux. En amont de la réunion mensuelle de la BCE, certains économistes avaient par ailleurs estimé que la récession économique actuelle en zone euro, touchée par un chômage record, nécessitait un nouvel assouplissement de la politique monétaire.

Si le statu quo monétaire avait été anticipé à une large majorité par les analystes financiers, ceux-ci restent très divisés sur la perspective d'une nouvelle baisse de taux dans les mois à venir, selon une enquête publiée en début de semaine par Reuters. "Une prochaine baisse du refinancement reste possible, mais il ne semble pas y avoir urgence", estime Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel bgc. 

Un discours plus ambigu que jamais

Pour l'économiste, le discours de Mario Draghi est "plus ambigu que jamais". "D?une part, le diagnostic économique et les perspectives d?inflation à moyen terme sont inchangés. C?est là, la justification officielle de l?unanimité à maintenir les taux directeurs inchangés. D?autre part, la situation financière s?est nettement améliorée depuis un an et, surtout, dans la deuxième moitié de l?année dernière.", constate-t-il, tout en soulignant qu'à la question : « Le pire est-il passé ? », Mario Draghi s'est contenté de répondre que « la situation actuelle se caractérise par une incertitude élevée. ». Chez UniCredit, Marco Valli l'économiste en chef pour la zone euro se dit "de plus en plus confiant que la prochaine modification du taux de refinancement sera un relèvement".

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a écrit le 11/01/2013 à 17:46 :
Sans les dévaluations successives du franc et de la lire ni l'Italie, ni la France n'auraient pu réussir à se maintenir, on le voit maintenant que les dévaluations successives du franc et surtout de la lire ne sont plus possibles. La production industrielle en Italie a baissé de plus de 25% depuis 2007 pour retomber au niveau de 1987.
L'Allemagne est en haut de la chaîne alimentaire dans nôtre Union ou règne le cannibalisme économique. L'Allemagne, étant la plus forte, progresse aux dépens des autres. Le système allemand a besoin de perdants, sans perdants il n'y a plus de système allemand. Il se base sur l'excédent commercial (16 Milliards par mois en moyenne depuis plus de dix ans) et pour qu'il y ai excédent il faut forcement qu'il y ai déficit quelque part. Pas d'excédent possible sans déficit, c'est mathématiquement prouvé. Là où est le problème est aussi la solution ! Ne plus tolérer ni excédent ni déficit au sein de l'Union Monétaire.
Réponse de le 11/01/2013 à 20:22 :
Là où..., il n'est nulle part prouvé que le déficit dont vous parlez doive se situer en Europe ! D'autre part, l'Allemagne a encore une énorme dette à rembourser. Il est donc nécessaire qu'elle dispose d'un excédent pour l'honorer.
Réponse de le 12/01/2013 à 6:19 :
@ Yves,- -
Mais tous les pays ont une énorme dette à rembourser, une dette bien plus ?énorme? que celle de l'Allemagne par rapport au PIB.
Vous écrivez : "l'Allemagne a une énorme dette à rembourser. Il est donc nécessaire qu'elle dispose d'un excédent pour l'honorer."
Les États Unis, le Japon, l'Italie et la France, pour n'en citer que quelques uns ont une dette bien plus ?énorme? que celle de l'Allemagne.
Le problème sont l'excédent de la balance commerciale de tout pays et les déficits que celle-ci provoque dans les autres pays dû au principe des vases communicants.
Il faut considérer que tout déficit est cause d'un manque à gagner pour le pays importateur puisque les impôts sur le revenu des employés sont versés au fisc du pays où a lieu la production, de même que les cotisations sociales. Le chômage causé par cet excédent dans le pays importateur et déficitaire a pour conséquence une augmentation des dépenses sociales, telles allocations chômage.
Le pays déficitaire est donc contraint de réduire ses dépenses sociales telles que éducation, santé, infrastructure, recherches. L'avenir même du pays est mis en danger puisque des troubles e confrontations sociales provoquent souvent une instabilité politique. Voir l'augmentation des suicides en Grèce et dans les autres pays où le chômage des jeunes a atteint et dépassé les 50% ces dernières années.
Réponse de le 18/02/2013 à 21:07 :
faux !!! archi faux . l'allemagne à une dette plus elevée, environ 86 %.( france environ 84%) ( espagne environ 80 %. 40% en 2008 avant la crise !!!! ) il n'y a que l'italie 120 % qui est au dessus comparaison des 4 premieres économies de la zone euro.
a écrit le 11/01/2013 à 17:43 :
près de le faire mais prête à le faire, je pense,
en tout cas ce serait comme cela en Italien!
a écrit le 11/01/2013 à 17:05 :
Petite faute d orthographe ds le titre "...pourquoi elle n'est pas près (prête non ?) de le faire"
a écrit le 10/01/2013 à 23:09 :
les rentiers n'aiment pas l'inflation la BCE sert de pare feu.
Réponse de le 11/01/2013 à 12:22 :
Je pense qu'une baisse des taux était nécessaire car l'activité est insuffisante dans beaucoup de pays européens et le prix de l'argent aurait baissé soulageant d'autant les pays en difficulté. La BCE doit mieux faire et vite.
Réponse de le 13/01/2013 à 5:04 :
@ EIFFEL,
le taux de l'argent est déjà trés bas (0,75% est un record absolu)
Le problème c'est que ce taux n'est pas répércuté aux entreprises des pays qui en auraient le plus besoin. Au départ et cuase de la crise sont les déséquilibres des balances commerciaes.
La solution serait de tolérer le protéctionisme pour les pays économiquement faibles:
Exemple la Grèce: Avec une TVA majorée (25%) sur les produits importés et minorée (15%) sur les produits - Made in Greece - le taux de chômage devrait rapidement baisser dans les pays faibles de l'Union, dont la Grèce, puisque cela inciterait les entreprises traditionnellement exportatrices vers la Grèce, donc Allemandes et Chinoises, à investir et produire en Grèce tout ou bonne partie de ce qui est destiné au marché Grec, afin pour pouvoir vendre leur produit avec une TVA minoré (15%).
Ceci devrait faire rapidement baisser le chômage et de plus contribuer à l'équilibre budgétaire, puisque les revenus des salariés seraient imposé en Grèce, de même en ce qui concerne les cotisations sociales. Les dépenses de l'état seraient par la même occasion réduites, puisque le nombre de chômeurs et par conséquent les indemnités chômage baisseraient (le nombre de suicides aussi).
En revanche, si les même mesures étaient appliquées en Allemagne ou en Chine par retorsion sur les produits -Made in Greece- cela n'aurait pratiquement aucune répercussion sur l'économie grecque, puisque celle-ci n'exporte guère vers l'Allemagne ou la Chine. Ainsi les excédents et déficits des balances commerciales, cause principale de la cries, pourraient être réduits.
Réponse de le 13/01/2013 à 5:05 :
@ EIFFEL,
le taux de l'argent est déjà très bas (0,75% est un record absolu)
Le problème c'est que ce taux n'est pas répercuté aux entreprises des pays qui en auraient le plus besoin. Au départ et cause de la crise sont les déséquilibres des balances commerciales.
La solution serait de tolérer le protectionnisme pour les pays économiquement faibles:
Exemple la Grèce: Avec une TVA majorée (25%) sur les produits importés et minorée (15%) sur les produits - Made in Greece - le taux de chômage devrait rapidement baisser dans les pays faibles de l'Union, dont la Grèce, puisque cela inciterait les entreprises traditionnellement exportatrices vers la Grèce, donc Allemandes et Chinoises, à investir et produire en Grèce tout ou bonne partie de ce qui est destiné au marché Grec, afin pour pouvoir vendre leur produit avec une TVA minoré (15%).
Ceci devrait faire rapidement baisser le chômage et de plus contribuer à l'équilibre budgétaire, puisque les revenus des salariés seraient imposé en Grèce, de même en ce qui concerne les cotisations sociales. Les dépenses de l'état seraient par la même occasion réduites, puisque le nombre de chômeurs et par conséquent les indemnités chômage baisseraient (le nombre de suicides aussi).
En revanche, si les même mesures étaient appliquées en Allemagne ou en Chine par rétorsion sur les produits -Made in Greece- cela n'aurait pratiquement aucune répercussion sur l'économie grecque, puisque celle-ci n'exporte guère vers l'Allemagne ou la Chine. Ainsi les excédents et déficits des balances commerciales, cause principale de la cries, pourraient être réduits.
a écrit le 10/01/2013 à 23:04 :
L'euro, à ce prix, renforce les forts et affaiblit les économies plus faibles. Le chômage est à un niveau élevé et progresse, et l'Europe prétend être sortie de la crise. Une légère dévaluation de 5 à 10% permettrait un effet plus grand que n'importe quel pacte de compétitivité, et permettrait de diminuer les tensions. L' Allemagne a été obligée de se plier à la conception de Draghi, encore un effort Monsieur.

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