Europe : la "grande coalition" allemande poursuivra la politique du gouvernement Merkel II

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Angela Merkel a imposé ses vues sur l'Europe aux Sociaux-démocrates
Angela Merkel a imposé ses vues sur l'Europe aux Sociaux-démocrates (Crédits : Reuters)
Si Angela Merkel a fait un pas en direction des sociaux-démocrates en acceptant le principe d'un salaire minimum généralisé, pas question en revanche de toucher à la politique européenne. Berlin campera sur une position "dure".

SPD et CDU abordent la dernière ligne droite des négociations pour construire le programme du nouveau gouvernement allemand de « grande coalition. » Selon la presse allemande, un contrat de coalition pourrait être signé dans la nuit de mardi à mercredi. Lundi soir, un député écologiste a déjà dévoilé le projet provisoire de contrat qui permet, sur certains sujets de disposer d'une vision quasi-définitive de la politique future du gouvernement fédéral. C'est notamment le cas sur l'Europe.

Un manque d'ambition

Sur ce point, on peut parler d'un manque d'ambition évident. Le document se contente de répéter les grands axes de la stratégie menée par Angela Merkel sous le gouvernement précédent. L'engagement du gouvernement à sauver l'euro à tout prix est rappelé : « l'Allemagne reste attachée à la monnaie commune. Notre but est et reste de mener l'Europe renforcée hors de la crise. »

Poursuivre l'austérité

Mais le nouveau gouvernement demeure également fidèle au maintien des politiques de dévaluations internes et d'austérité dans les pays en crise. « Le niveau élevé de l'endettement doit être réduit en Europe. (…) La politique de consolidation budgétaire doit être poursuivie et combinée avec des réformes pour une croissance structurelle et des investissements futurs durables », indique le projet. On ne saurait mieux résumer la politique menée dans les pays périphériques depuis 2010-2011. La politique allemande ne bougera donc pas d'un pouce sur l'Europe.

De futurs aides modelées sur le cas chypriote ?

Mieux même, la nouvelle coalition dresse le contour des futures aides : « l'appel au MES doit se faire en dernier recours. » Et d'ajouter : « nous voulons que les pays en crise participent fortement à leur propre sauvetage. » Une façon de prévenir que ce qui a été imposé à Chypre en mars et avril pourrait bien être la norme désormais. Les déposants slovènes peuvent trembler… Le but est le même que sous la coalition CDU-FDP : dissuader les pays en crise de solliciter l'aide pour épargner les contribuables allemands.

La défaite des Sociaux-démocrates

Les Sociaux-démocrates ont donc dû inscrire dans le marbre les termes de leur défaite sur la question d'une plus forte solidarité. « Le principe voulant que chaque État membre reste lui-même responsable de ses propres engagements doit demeurer. Toute forme de socialisation des dettes souveraines mettrait en danger la nécessaire orientation des politiques nationales. La responsabilité budgétaire nationale et la responsabilité commune et supranationale sont incompatibles. » Trois phrases qui suffisent à rejeter toute forme d'euro-obligation ou de fonds d'amortissement commun, comme le proposait la SPD durant sa campagne.

Une révision des traités

Mieux même, le projet de la CDU de modifier les traités pour renforcer les contraintes budgétaires a été adopté par la coalition. « Pour empêcher les problèmes futurs dans l'UEM, les politiques budgétaires et les évolutions de l'endettement doivent être mieux surveillées. » L'Allemagne proposera donc une réforme des traités afin de mettre en place des « contrats » entre les Etats et l'UE afin de réaliser les « buts de compétitivité, de finances saines et durables, de croissance et d'emplois. »

Concrètement : les Etats devront s'engager à certains objectifs et seront contraints de s'y tenir. La Commission aura alors les moyens de les contraindre si les budgets ne sont pas satisfaisants. Seules concessions faites à la SPD : l'objectif de l'emploi et la « légitimation démocratique » de ces contrats.

Rien sur l'union bancaire

Last, but not least, le contrat de coalition est totalement muet sur l'Union bancaire et son processus de résolution. C'est pourtant un des sujets les plus brûlants et les plus urgents du moment et ceci augure bien mal des négociations européennes sur le sujet. Plus que jamais, l'Allemagne semble donc s'enfermer dans sa propre logique. L'espoir d'un changement, en tout cas sur ce terrain-là, avec l'arrivée au gouvernement des Sociaux-démocrates aura fait long feu.

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Commentaires
a écrit le 27/11/2013 à 7:16 :
Le modèle non coopératif de. /l'Allemagne se retournera tôt ou tard contre elle, et mieux vaut tôt que tard pour l'Europe.
Réponse de le 27/11/2013 à 10:20 :
Il faudra cesser de penser que la cigale française sera financée par les allemands ... je rappelle que le AA+ découle de l'appui de l'Allemagne. Quand les prêteurs de la France découvriront que l'endettement de la France n'est pas maîtrisé, le taux peuvent s'emballer ...
Réponse de le 27/11/2013 à 11:26 :
Les soit disants "cigales" françaises ont un taux d'épargne record et font partie des peuples les moins endettés de l'OCDE quand on cumule dettes privées + publiques ... Mais continuez à répéter votre petit fabliau, on se marre ...
a écrit le 26/11/2013 à 23:33 :
Mais que croyiez vous ? En ce qui concerne l´Europe et l ´Euro tous les partis sans exception, bien sûr y compris les Sociaux democrates (SPD) ont toujours été sur la ligne de A Merkel ( CDU) à ce sujet . Il n y aura jamais de mutualisation des dettes en Allemagne. Ca il faut bien le comprendre. Et Il n y aura pas d union bancaire non plus car ca revient au même .
Ce ne sont pas seulement les Allemands car les Hollandais. les Autrichiens, les Finlandais pensent et agissent de la même facon.
a écrit le 26/11/2013 à 20:58 :
Toutes branches d arbres confondues, celles qu on scie et celles qui pousent? Les salaires sont fonction de l activité chez les commerçants surtout le dimanche qui n est pas autorisé par les non-auto(ventes vélo)rité, ou bien ostérité, on pourrait dire aspérité avec les bonnets. Qu ils roulent à vélo! La coalition se fait-elle sur le succès des politiques de chômage sud européen, c est peut-être à cause du pape, ou le soleil, si la fonction publique est à l os, quid des salariés précaires ou chômeurs ou diplômés exclus à vie pour cause de non concours suite à la formation. Monsieur le capitaine, du titanic?, ou de l entreprise, nationaliseraton les dettes mais avec quel argent et quid des entreprises achetées par les pétrodollars ou les importations voisines, pour qui on roule? On roule coule et on collabore?
a écrit le 26/11/2013 à 20:50 :
Est-ce un salaire couplé à la production, au PMI défaillant, à la croissance nulle, à l inflation de la planche à prix ou bien à l improductif, au chômage des jeunes et aux privilèges?
a écrit le 26/11/2013 à 19:26 :
Champaaagne :)
En gros austerite pour tous, pas de transferts supplementaires, aucune union a l' horizon ...
De l' egoisme, encore de l' egoisme et toujours de l' egoisme, Ce meme egoisme qui fera sortir l' Allemagne de la zone Euro des que la majorite de ses exportations se fera en Chine.

Filez moi une corde et un tabouret :)
ou sortons de ce bourbier .
Réponse de le 26/11/2013 à 20:10 :
avec 70 /100 des ses exportations en euro, je vous rassure, l allemagne ne sortira pas demain...

d autant que sa sortie entraînerait de facto une valorisation du deutch mark de 35%...
Réponse de le 27/11/2013 à 0:27 :
c'est plutôt 30/100 des exportations en euro ... verifiez les chiffres avant d'ecrire n'importe quoi. Vous appelez "l'egoisme" alors le fait qu'un pays ne veut pas payer pour les dettes d'un autre pays? Moi, j'ai viens d'acheter une maison à crédit. Je vous prie alors de payer une bonne partie de cette dette svp. Non, vous ne voulez pas ? EGOISTE !
Réponse de le 27/11/2013 à 7:25 :
Vous comparez ce qui n'est pas comparable. 1) le MES accorde des prêts, il ne s'agit pas de don, 2) l'Allemagne veut tous les avantages de l'euro sans les inconvénients pour elle , or, il n'y a pas de projet commun sans concession, 3) vous financez bien les retraites, la santé.... de vos compatriotes les moins favorises, c'est pareil pour l'euro. Le modèle prône par l'Allemagne n'est pas tenable.. je vous rassure, ça retarde seulement les choses... les Allemands finiront bien par comprendre l'intérêt du modèle coopératif , notamment quand leurs exportations bais seront.. ce sera trop tard pour eux.
Réponse de le 27/11/2013 à 12:31 :
cad a tout a fait raison Ivan. Votre haine du boche vous aveugle.

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