Même si le pays a prévu de ne pas pouvoir rembourser cette dette avant 2042, l'optimisme semble enfin de retour : l'économie nationale a enregistré une croissance du produit intérieur brut de 0,4% au second trimestre, après trois trimestres de contraction consécutifs, et une croissance de 2,7% est attendue pour 2014.
Pour y arriver, le gouvernement du Premier ministre Enda Kenny a tout d'abord réduit les dépenses publiques. Il a visé avant tout les fonctionnaires (licenciement de 12% d'entre eux entre 2008 et 2015, baisse de leurs salaires et conditions de retraite moins favorables pour les nouveaux embauchés) et les prestations sociales (réduction de quasiment un tiers de l'allocation de recherche d'emploi, baisse ou disparition de nombreuses aides aux retraités, fermeture de crèches, etc.). Il a ensuite augmenté les impôts indirects, au premier rang desquels la TVA et les taxes sur les alcools et les cigarettes.
Cette politique ayant coupé tout souffle à la consommation intérieure, il a dû accentuer l'ouverture vis-à-vis des investisseurs internationaux.
Le taux d'imposition des entreprises basées sur son sol s'élève actuellement à 12,5%, ce qui en fait l'un des plus faibles d'Europe. Les lois du travail se sont durcies vis-à-vis des employés : des critères plus restrictifs ont par exemple été mis en place pour l'attribution des congés maladie et la perception d'indemnités de licenciement.
Le coût du travail redevenu compétitif, les investissements ont repris. Facebook, Google, Intel et Microsoft ont ainsi installé ou maintenu leur base européenne en Irlande.
Parallèlement, 62% des membres de l'Association des exportateurs irlandais ont annoncé avoir augmenté leurs ventes en 2013.
Cet opportunisme et cette adaptabilité, véritables bouées de sauvetage de l'économie irlandaise, se transformeront en atouts majeurs lorsque la demande intérieure reprendra. Ce qui ne prendra pas forcément cinq nouvelles années.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À lire également
Après chaque consultation médicale, le gouvernement veut afficher la facture de la Sécu par SMS
Transparence salariale : la France accélère la transposition sous pression européenne
Budget : le gouvernement pris dans un scénario noir
Moins nombreux et plus diplômés : le profil des nouveaux immigrés en France