Le Portugal échange des obligations pour "sortir" à temps du plan de sauvetage

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Le Portugal veut sortir de l'aide européenne en 2014.
Le Portugal veut sortir de l'aide européenne en 2014. (Crédits : reuters.com)
Le Portugal veut repousser l'échéance d'obligations devant être normalement remboursées en 2014 et 2015. Le fruit d'une stratégie de communication de Lisbonne.

Le Portugal tente d'éviter un deuxième plan de « sauvetage » en repoussant certaines échéances de sa dette. Lundi, l'agence de gestion de la dette lusitanienne (IGCP) a annoncé qu'il proposait un échange de trois obligations souveraines du pays qui arrivent à échéance en 2014 et 2015 contre deux obligations de maturité 2017 et 2018. L'offre peut sembler intéressante dans la mesure où les taux proposés par les nouveaux bons sont nettement supérieurs à ceux des anciennes obligations (jusqu'à 1,6 points supplémentaires).

26 milliards d'obligations en jeu

En tout, 26 milliards d'euros de dettes sont concernés, mais l'IGCP n'a pas indiqué d'objectif de montant à échanger. Selon les économistes de RBS, la moitié des détenteurs des obligations concernées sont des non-résidents, y compris la BCE qui détiendrait 20 % de ces titres. Or, on sait que plusieurs banques centrales nationales rechignent à échanger les obligations des pays périphériques arrivant à échéances. La Grèce avait ainsi dû renoncer à de substantielles économies devant le refus de plusieurs banques centrales de renouveler ses dettes à maturité.

Accès au marché incertain

Selon RBS, cependant, l'échange devrait concerner « plusieurs milliards d'euros. » Ce serait une bonne nouvelle pour Lisbonne qui tente actuellement de suivre les pas de l'Irlande qui a annoncé sa sortie du programme d'aide le 15 décembre prochain. Mais la tâche est un peu plus difficile pour le Portugal qui est encore loin de dégager des excédents budgétaires primaires suffisants pour s'autofinancer, compte tenu du poids de sa dette. Or, malgré une opération réussie au printemps, l'accès au marché du Portugal est encore incertain.

Gagner du temps

Comme le gouvernement de Lisbonne refuse catégoriquement d'envisager une restructuration de la dette et qu'il veut présenter aux électeurs la réussite brillante d'une « sortie du plan de sauvetage », il lui faut gagner du temps. En repoussant les échéances prévues de trois ans, le Portugal espère pouvoir disposer, à ce moment, à nouveau d'un plein accès au marché, mais aussi d'un excédent primaire suffisant pour réduire son besoin de financement. Du coup, il pourra réussir avec succès son opération de communication l'été prochain et annoncé sa sortie du plan d'ajustement.

Conditions incertaines

Evidemment, ce scénario suppose que tout se passe bien. Il faudra que les exportations continuent d'accélérer et de mener la croissance, il faudra que les effets de l'austérité - encore largement au programme en 2014 - se stabilise et que le pays évite la déflation alors que l'accès au crédit des PME demeure toujours très difficile. Il suppose également que l'alternance politique qui pourrait avoir lieu en 2015 n'ait pas d'impact sur la politique menée. La crise politique qui a secoué le pays cet été doit inviter à la prudence sur ce sujet.

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Commentaires
a écrit le 12/04/2014 à 8:11 :
merci pour l'article
a écrit le 03/12/2013 à 17:38 :
je peut pas vous payer ce que je dois maintenant ,mais je vous en donnerais plus dans trois ans,autrement dit vous l'aurez dans l'os

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