Ruée sur les "hedge"

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Morgan Stanley vient de prendre des participations dans trois fonds alternatifs pour 1 milliard de dollars. Fortis a également pris un ticket dans un hedge fund américain. Ce n'est sans doute qu'un début...

Ce n'est rien de dire que les "hedge funds" n'ont pas bonne réputation. D'ailleurs, ces investisseurs alternatifs ne sont-ils pas le plus souvent présentés comme des fonds uniquement spéculatifs? Mais que cela plaise ou non, cette industrie a largement dépassé le stade artisanal et les 1.300 milliards de dollars que gèrent ces professionnels comptent désormais sur les marchés financiers.

Ces francs-tireurs de la finance commencent même à intéresser des institutions bancaires fort honorables, à l'image de Morgan Stanley et de Fortis. La banque américaine vient ainsi d'investir en quelques jours 1 milliard de dollars dans trois hedge funds et son homologue belgo-néerlandaise Fortis vient quant à elle de prendre 70% de Cadogan Management, un fonds qui gère 2 milliards de dollars et auquel elle entend apporter 1,7 milliard supplémentaires.

Face à l'inexorable montée en puissance des fonds d'investissement alternatifs, les grands établissements n'ont semble-t-il d'autre choix que de prendre le train en marche. Et la façon la plus efficace, plutôt que de constituer des équipes en interne, est bien de s'offrir des participations dans des sociétés de gestion spécialisées. Celles-ci ne demandent pas mieux! Etre adossé à une banque comme Morgan Stanley ou Fortis, c'est en quelque sorte être adoubée par l'establishment financier. C'est aussi une façon de renforcer leur force de frappe et d'augmenter sensiblement leurs moyens.

Pour les groupes bancaires, il ne s'agit pas simplement de gagner du temps. L'industrie de la gestion alternative est consommatrice de fonds propres, compte-tenu des risques liés à ces métiers. Externaliser cette activité permet d'économiser des ressources en capitaux propres et de préserver ses ratios de solvabilité. Mais ce schéma ne sera pertinent qu'à une condition: que les grandes banques maîtrisent leur enthousiasme et considèrent toujours que la maîtrise des risques ne se délègue pas.

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