Marché de l’emploi américain : des signaux contradictoires pour la Fed

Le marché de l'emploi américain a continué de se dégrader en septembre.
Alamy Stock Photo - Credit: Frances Roberts / Alamy Stock Photo

Le marché de l'emploi américain a continué de se dégrader en septembre.
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Le marché de l’emploi américain a continué de se dégrader en septembre. D’après les données du département du Travail publiées ce jeudi, le taux de chômage a progressé de 4,4 %, contre 4,3 % en août. Près de 700.000 personnes supplémentaires se trouvent ainsi sans emploi par rapport à septembre 2024. A contrario, les créations d’emplois ont progressé avec 119 000 nouvelles créations contre 52 000 anticipées, selon le consensus publié par MarketWatch.
Le Bureau des statistiques de l’emploi américain (BLS) en a profité pour réviser les données pour le mois d'août, estimant désormais que 4 000 emplois ont été perdus sur ce mois, contre 22 000 créations initialement annoncées, ce qui en fait le deuxième mois de réduction du nombre d'emplois cette année, après juin.
Ces statistiques n’ont failli jamais voir le jour. La paralysie budgétaire, le fameux shutdown, qui a duré plus d’un mois (45 jours, un record) a entravé la publication de ces données qui devaient paraître mi-octobre.
Pour le mois d’octobre, le département du travail a d’ores et déjà averti que les données ne seront jamais publiées. Les sondages et enquêtes pour calculer le taux de chômage n’ont pas été réalisés, une grande partie des fonctionnaires se retrouvent au chômage technique. Et ces données ne sont pas « collectées rétroactivement », a précisé le BLS. Pour rappel, les statistiques de l'emploi proviennent de deux enquêtes distinctes, publiées en même temps, l'une réalisée auprès des entreprises, l'autre auprès des ménages.
Une situation qui place dans le flou la Fed, la banque centrale américaine, qui a besoin de ces données pour décider de sa politique monétaire. Elle est actuellement prise entre deux étaux : réduire ses taux pour soutenir le marché de l’emploi et la dynamique de l’économie américaine, ou les augmenter pour contenir l’inflation qui est à 3%. Soit un point de pourcentage de plus que l’objectif des 2 % fixés par l’institution.
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Le rapport de septembre est donc le dernier publié avant la prochaine réunion de la Fed, les 9 et 10 décembre prochains. Et ses données contradictoires, avec une hausse du chômage mais aussi des créations d’emplois, pourraient inciter la Réserve fédérale américaine à ne pas toucher aux taux. Ils sont actuellement compris entre 3,75% et 4%, et ont déjà été baissés en septembre et en octobre.
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Mais au sein de la Fed, les responsables ne sont pas tous d’accord. Le gouverneur Christopher Waller a ainsi indiqué lundi qu’ « une autre baisse (des taux directeurs) est nécessaire » au vu de la situation économique. Le gouverneur plaide depuis juin pour baisser les taux. Il est d'ailleurs souvent cité par le gouvernement comme favori pour succéder à Jerome Powell à la présidence de l’institution. Le mandat de Jerome Powell, surnommé Jerome « too late » (trop tard, NDLR) par Donald Trump qui met la pression sur la Fed pour qu’elle baisse drastiquement les taux, s’arrêtera en mai prochain.
De leurs côtés, les marchés, qui naviguent également à vue avec ce manque de données, estiment que la réunion se conclura bel et bien par un statu quo sur les taux.
(Avec AFP)