La « black mass » ou masse noire désigne le mélange de métaux, bien souvent rares, issus des batteries usagées ou des rebuts des lignes de production de batteries neuves. On y trouve pêle-mêle du lithium, cobalt, nickel, manganèse, fer, cuivre ou graphite. Mais la valorisation de cet agglomérat « est un processus complexe et coûteux qui nécessite beaucoup d’étapes pour séparer et récupérer les différents éléments », expliquait il y a quelques semaines Laurence Croguennec, directrice de recherche au CNRS. Cette spécialiste du sujet invitait également chercheurs et industriels à « prévoir la fin de vie des batteries dès la phase de conception. »
Une philosophie qui sera précisément au cœur du partenariat noué ce mercredi 5 novembre entre deux jeunes entreprises françaises : la start-up industrielle lyonnaise Mecaware, qui travaille au recyclage en boucle fermée des déchets de batteries lithium-ion nickel-manganèse-cobalt, et le développeur bordelais d’énergies renouvelables Terapolis. Les deux sociétés ont pour points communs de nourrir de grandes ambitions en matière de transition énergétique mais aussi de ne pas encore disposer de site de production en activité.
Le partenariat repose donc largement sur l’affichage de leurs propres engagements mais se veut un signal envoyé au marché. « Dans nos métiers naissants où il n’y a que des nouveaux acteurs, c’est essentiel de nouer des partenariats de long terme pour tester nos technologies sur-mesure sur le plan technique, économique, réglementaire et environnemental », pointe Benoît Samanos, directeur des opérations de Mecaware.