Vous président, quel chef des armées serez-vous ? La chronique d’Apolline de Malherbe

Retrouvez la chronique d'Apolline de Malherbe.
LTD/CHRISTOPHE MEIREIS/ABACAPRESS

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Nathalie Arthaud, François Asselineau, Gabriel Attal, Clémentine Autain, Jordan Bardella, Delphine Batho, Xavier Bertrand, Élisabeth Borne, Bernard Cazeneuve, Gérald Darmanin, Nicolas Dupont-Aignan, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, François Hollande, Marine Le Pen, David Lisnard, Benjamin Lucas, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Florian Philippot, Bruno Retailleau, Fabien Roussel, Ségolène Royal, François Ruffin, Marine Tondelier, Dominique de Villepin, Éric Zemmour…
Voilà la liste – non exhaustive – des déclarés et des presque déclarés sur la ligne de départ pour 2027, classée par ordre alphabétique en attendant de les mettre par couleur, par famille ou par primaire. Et chaque jour cette liste s’allonge. 2027, c’est la fin d’un cycle, tout le monde veut en être. Après deux quinquennats d’Emmanuel Macron, tout concourt à faire de la prochaine élection présidentielle un moment charnière.
Mais ce moment charnière n’est pas dû qu’au rythme des mandats de notre calendrier électoral français : depuis 2022, le monde a changé. La guerre en Ukraine avait certes éclaté juste avant la dernière présidentielle, en février 2022, mais désormais la guerre est là, omniprésente. Et la question n’est plus seulement : lequel de tous ces prétendants sera président de la République ?
La question est : lequel sera notre chef des armées, et quel chef des armées sera-t-il ? Cette question me semble au-dessus de toutes les autres, parce que c’est de celle-là que toutes les autres découleront : le pouvoir d’achat, les prix à la pompe, l’inflation, le narcotrafic, le terrorisme, la sécurité, l’immigration, l’écologie, notre souveraineté alimentaire, nos exportations et même notre santé.
Vous président(e), où enverriez-vous le Charles-de-Gaulle ? Serait-il à proximité du détroit d’Ormuz ? Avec quelle mission ? Développeriez-vous un second porte-avions à propulsion nucléaire ? Maintiendriez-vous la dissuasion nucléaire ?
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Vous président(e), la France garderait-elle sa place dans le commandement intégré de l’Otan ? J’ai posé la question à MLP : elle en sortirait. C’était déjà dans son programme de 2022. Mais la menace n’a-telle pas changé depuis ? Quel avantage tirerions-nous à nous retirer des décisions militaires ? C’est alors qu’elle précise : quitter le commandement intégré de l’Otan reste un objectif, mais pas tout de suite, pas en temps de guerre (heureux celui qui sait dire quand on pourra affirmer que l’on est revenu en temps de paix). Pour Jean-Luc Mélenchon, les choses sont tranchées, il l’affirme : « Moi président, la France ne sera plus membre de l’Otan. »
À tous je voudrais demander : vous président(e), qui seront vos alliés ? Resterez-vous dans l’Union européenne ? La renforcerez-vous, comment ? Relancerez le couple franco-allemand, qui n’a plus grand-chose d’un couple ? L’Italie de Meloni, amie ou ennemie ? Si le Royaume-Uni souhaite réintégrer l’UE, doit-on l’encourager à revenir en Europe ? Faut-il continuer à aider l’Ukraine ? Recevoir Trump ? Poutine, Xi Jinping ?
Soutiendrez-vous les États-Unis ? Israël ? Les Émirats arabes unis ? Quelles relations avec le Qatar, avec l’Arabie saoudite ? Quels liens avec l’Afrique ? Avec l’Algérie, quel mode de relation avec le président Tebboune ? Faut-il un nouveau traité d’amitié, comme l’a proposé Gérald Darmanin à son retour ?
Quelles seraient, avec vous, les « grandes lignes de partage du monde », comme on disait quand j’étais étudiante. Tout cela nous paraissait lointain, alors. C’est l’époque où certains de mes professeurs défendaient l’idée d’une « fin de l’Histoire », à la lecture du livre de Francis Fukuyama.
Avec la richesse, les hommes seraient devenus sages, ce serait la grande victoire de la démocratie et du libéralisme. La fin des conflits : on pouvait s’endormir et consommer tranquilles. Un peu plus tard, Samuel Huntington lui a répondu avec son « choc des civilisations », accueilli dans la controverse.
Mais tout cela restait largement théorique. Des réflexions de chercheurs et de colloques. Désormais c’est là, à proximité géographique, et avec des conséquences immédiates, palpables, pour chaque Français. Vous président(e), que pèsera la France dans les rapports de force du monde ?