La classe moyenne pénalisée par la loi spéciale
Fanny Guinochet
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L'adoption de la loi spéciale entraîne l'entrée de 400 000 nouveaux foyers dans l'impôt.
LTD/Quentin de Groeve/Hans Lucas via Reuters
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L'adoption de la loi spéciale entraîne l'entrée de 400 000 nouveaux foyers dans l'impôt.
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Alors que François Bayrou planche sur la composition de son gouvernement, l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) identifie les gagnants et les perdants de l'absence de budget. Pour ce faire, l'institut a passé en revue l'ensemble des différentes mesures du projet de loi de finances (PLF) 2025 abandonnées avec la censure du gouvernement Barnier (hausse de la fiscalité sur les plus hauts revenus, indexation du barème de l'impôt sur le revenu, surtaxe sur l'électricité, etc.) mais aussi celles qui découlent plus ou moins directement de la loi de finances spéciale, promulguée vendredi (notamment l'indexation de toutes les pensions sur l'inflation).
Et le premier constat est sans appel : l'abandon du texte profite d'emblée beaucoup plus aux retraités qu'aux actifs, puisque toutes les pensions seront revalorisées de 2,2% dès le 1er janvier, quel que soit le niveau de vie de l'allocataire. Autres grands gagnants : les 75 000 foyers fiscaux les plus aisés (au-delà de 250 000 euros annuels pour une personne seule et 500 000 euros pour un couple) qui échappent, de fait, à la contribution exceptionnelle inscrite dans le budget 2025. Mais l'intérêt de l'étude de l'OFCE est d'aller un cran plus loin et de pointer les disparités entre les contribuables.
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Certes, même sans révision du barème de l'impôt sur l'inflation, la grande majorité des ménages reste moins impactée par cette loi spéciale que par le PLF tant le budget Barnier demandait, sur de nombreux plans, d'importants efforts aux Français (sur les médicaments, l'électricité, etc.). Pourtant, 400 000 nouveaux foyers entrent dans l'impôt et 18 millions de ménages vont payer davantage. Mais les plus touchés sont « les ménages qui se situent entre 2 500 euros de revenus mensuels net par mois pour une personne seule et grosso modo 3 500 euros, c'est‑à-dire le haut de la classe moyenne en activité », souligne Mathieu Plane, directeur adjoint de l'OFCE et coauteur de l'étude. Soit un tiers des foyers.
Fanny Guinochet