Une série sur les victimes du Bataclan, une enquête so british... Notre sélection médias de la semaine

Notre sélection médias de la semaine du 3 novembre 2025.
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Notre sélection médias de la semaine du 3 novembre 2025.
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Depuis plus de vingt ans, avec une infinie finesse, Jean-Xavier de Lestrade ausculte dans chacune de ses fictions le semblant d’humanité qui subsiste quand tout vacille. Cette petite lumière qui continue de briller malgré l’indicible. Après Sambre en 2023 – consacré au violeur multirécidiviste Dino Scala –, le réalisateur se saisit avec Des vivants d’un traumatisme national : les attentats du 13 novembre 2015.
Dans cette série en huit épisodes diffusée à partir de lundi soir sur France 2, on retient son souffle en découvrant l’histoire vraie de Marie (jouée par Alix Poisson), Arnaud (Benjamin Lavernhe), Caroline (Anne Steffens), Sébastien (Félix Moati), Grégory (Antoine Reinartz), Stéphane (Cédric Eeckhout) et David (Thomas Goldberg), dont les prénoms ont été conservés dans le scénario. Des amateurs de riffs venus assister au concert des Eagles of Death Metal au Bataclan, avant d’être pris en otage par deux terroristes dans un couloir du premier étage pendant plus de deux heures. Tous miraculés, ils deviendront par la suite des amis. Plus exactement des « potages » comme ils se surnomment eux-mêmes, un néologisme né de la fusion entre « potes » et « otages ».
« Quand les producteurs Nicolas Mauvernay et Jérôme Corcos, qui étaient en contact avec eux, m’ont proposé en 2023 de réaliser cette série, ma première réaction a été de refuser car je trouvais cela trop bouleversant, confie Jean-Xavier de Lestrade. J’ai été saisi d’effroi et de sidération le 13 novembre 2015. Mais j’ai rapidement compris que la fiction serait un outil extraordinaire pour mettre de la distance et, au final, pouvoir regarder en face cette barbarie. Ce que ces otages ont vécu est inimaginable. Avant que la BRI n’intervienne, ils se sont crus condamnés, car ils savaient ce que les terroristes avaient fait juste avant dans la fosse. Quand ils sortent de ce couloir, certes, ils sont vivants. Mais comment vivre après avoir subi une telle violence ? »
L’un des aspects les plus marquants de la série – et qui en fait toute sa puissance – réside dans sa façon de retracer avec minutie le chemin de reconstruction très personnel de chacun des ex-otages. « Ils vivent tous différemment l’après-tragédie, explique le réalisateur. Dans le couple formé par Arnaud et Marie, lui s’effondre, tandis qu’elle retourne de son côté au travail dès le lundi avec une énergie dingue, en réconfortant même ses collègues. Les sept vont nouer ensemble des liens inouïs, une sorte de pacte qui les lie à jamais, et réapprennent progressivement à chanter et danser. On pleure beaucoup en regardant cette série mais ce sont des pleurs qui libèrent. On se rend compte qu’au bout du tunnel il y a une lumière qu’ils partagent collectivement. »
Tout au long du processus d’écriture, les « potages » ont été étroitement associés aux choix de Jean-Xavier de Lestrade et de son coscénariste, Antoine Lacomblez. « On s’est entretenus avec chacun d’eux pendant de longues heures, confie le réalisateur. On a très vite compris que, pour proposer quelque chose de singulier, il fallait être au plus près de leur récit et ne surtout pas créer de situations ou de personnages fictifs. »
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Autre parti pris : filmer des scènes à l’intérieur du Bataclan. « Je comprends que certains estiment que ce n’est pas la place d’une équipe de film d’aller tourner sur les lieux d’un tel massacre. Mais cette série est tellement ancrée dans le réel qu’il aurait été incongru de le faire dans une autre salle de spectacle. Les “potages” eux-mêmes y tenaient. Ils ont d’ailleurs écrit une lettre bouleversante à la direction du Bataclan qui, au départ, n’y était pas favorable. Une semaine avant le tournage, l’un des ex-otages, David Fritz Goeppinger, a organisé une visite guidée sur place pour les comédiens. Car certains, Benjamin Lavernhe en tête, avaient des craintes. C’était très important également pour moi de tourner dans la vraie salle d’audience où s’est tenu le V13 [le procès des attentats du 13 novembre 2015]. »
Autre sujet épineux : devait-on montrer les terroristes, sous les traits de comédiens ? « On a estimé que oui, car on adopte le point de vue des otages : on filme ce qu’ils voient. Ça reste des êtres humains, avec un visage. Mais il était hors de question de chercher à comprendre leurs actes, ça, ce n’est pas possible. »
Il y a quelques semaines, la série a été montrée en avant-première aux ex-otages, à l’occasion d’une projection privée organisée dans un cinéma parisien. « Ils ont été très émus, glisse Jean-Xavier de Lestrade. Après le visionnage, on est allés boire un verre. Ils ne voulaient plus se quitter et avaient envie que ça dure toute la nuit. »

On avait savouré son interprétation de femme politique populiste dans la série Years and Years, la revoilà en détective privée rock’n’roll dans Down Cemetery Road, disponible sur la plateforme Apple TV+. Emma Thompson est la tête d’affiche – et productrice – de ce thriller so british en huit épisodes, adapté d’un roman de Mick Herron, un auteur déjà à l’origine de l’excellente série Slow Horses.
Bienvenue dans la paisible banlieue d’Oxford, dont la quiétude est soudainement perturbée par l’explosion d’une maison. Bilan : un mort et une fillette de 5 ans disparue. Sarah Trafford (Ruth Wilson), une restauratrice d’art habitant le quartier, se met en tête de la retrouver. Pour cela, une seule solution, faire appel à Zoë Boehm, la Sherlock Holmes locale, une femme cabossée et rugueuse qui fait équipe avec son mari. Le point de départ d’une affaire abracadabrantesque, dans laquelle s’entremêlent tueurs à gages et secrets militaires.
Certes, tout n’est pas parfait – la faute à un scénario un peu paresseux et qui s’éparpille par moments –, mais on goûte l’humour décapant et le rythme nerveux de cette enquête portée par un duo d’actrices très complémentaires.

Tendre son micro à celles et ceux que des blessures intimes ont pu faire vaciller. C’est la mission que s’est fixée au printemps dernier Stéphanie Renouvin en lançant « Border, les failles ont la parole ». Dans ce podcast intimiste, ses invités se livrent sans fard sur ces brèches intérieures qui les ont fait tomber avant qu’ils ne parviennent à se relever.
« Je me suis toujours passionnée pour les questions de santé psychique, explique la journaliste et réalisatrice. On réagit tous de manière différente aux épreuves de la vie. Quand mon père est décédé, j’ai fait une dépression sévère, ce qui n’a pas été le cas de mon frère et ma sœur. Aujourd’hui, la parole se libère sur ces sujets et c’est salutaire. »
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Au fil des épisodes, anonymes mais également personnalités publiques – à l’image de Bruce Toussaint, qui revient sur le deuil impossible de ses parents – déroulent leur histoire dans un climat de bienveillance et d’écoute. Un cocon audio apportant la preuve qu’il est tout à fait possible de transformer ses vulnérabilités en forces.