Sa première rencontre avec Philippe Katerine a eu lieu au cœur des années 1980. Pas franchement glamour, se marre Gaëtan Chataigner : « C’était lors d’une fête adolescente dans le bocage vendéen, nous avions 18 ans. Un mec bourré venait de me vomir dessus et Philippe s’est avancé vers moi pour me prêter sa veste. »
Un coup de foudre amical, point de départ d’un long compagnonnage : les Beaux-Arts ensemble à Rennes, des tournées – Gaëtan l’a accompagné à la basse avec son groupe The Little Rabbits – et la réalisation de ses clips les plus déjantés. Le 26 juillet 2024, jour de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris, quand Gaëtan Chataigner découvre à la télévision son pote peint en bleu et nu comme un ver, l’envie lui vient de lui tirer le portrait.
« En le voyant apparaître devant le monde entier sous sa cloche au milieu des drag-queens, j’ai voulu raconter comment le garçon si timide que j’ai connu à ses débuts a pu en arriver là. Lui qui rougissait dès qu’un inconnu lui adressait la parole. Lui qui était si fragile, si attendrissant, qui avait la phobie des oiseaux et se recroquevillait sur lui-même en poussant des cris dès qu’on croisait un pigeon dans la rue. » À la clé, un documentaire d’une très grande sensibilité, diffusé demain sur France 4 et émaillé de nombreuses images d’archives personnelles.
« Cela fait trente ans que je le filme dans son quotidien, explique Gaëtan Chataigner. J’ai essayé de retranscrire l’intensité qu’il dégage. Elle me bouleverse, c’est celle d’un enfant qui vient de naître et ne veut pas mourir. Il partage son émerveillement en permanence avec les autres. » Tout au long de ce film qui se savoure au rythme de sa discographie, on part à la rencontre de son cercle familial, dont sa fille Edie.