À tout juste 63 ans qu’elle ne fait pas, Jodie Foster rayonne. Sourire en coin, regard bleu en alerte, l’actrice, réalisatrice et productrice américaine enchaîne les interviews pour défendre Vie privée, comédie freudienne qui la ravit et scelle ses retrouvailles en tant qu’actrice avec la France, son deuxième pays, dont elle parle la langue sans difficulté et où sa sœur a fait sa vie. Un retour qu’on n’imaginait pas – ou plus.
LA TRIBUNE DIMANCHE – Il y a longtemps qu’on ne vous avait pas vue dans un film français. Cela vous avait-il manqué ?
JODIE FOSTER – C’est vrai, j’attendais ce moment avec impatience. Mon dernier film ici remonte déjà à Un long dimanche de fiançailles, en 2004, et je ne jouais qu’un petit rôle. Auparavant, j’avais surtout joué dans Le Sang des autres [1984] de Claude Chabrol et, encore avant, je n’avais que 14 ou 15 ans, un film oublié qui s’appelait Moi, fleur bleue [1978]… Ce sont de bons souvenirs. Un grand rôle en français dans un film d’auteur plutôt que dans une grosse production, bien sûr que j’en ai toujours eu envie.
Vous n’aviez pas trouvé d’occasions plus tôt ? On peine à le croire…
Il fallait que ce soit parfait et le bon style. Avec le scénario de Vie privée, j’ai eu le sentiment de le trouver. Ce n’est qu’après coup que je me suis interrogée sur les précédents films de Rebecca [Zlotowski]. Je me suis donc fait un mini-festival Zlotowski chez moi, à Los Angeles. J’ai beaucoup aimé Une Fille facile, Les Enfants des autres… et Planetarium aussi, qui est plus ambitieux, différent. On a alors commencé à échanger avec Rebecca… Dans une sorte de chimie parfaite, je dois dire.