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« Top Gun », « Mi amor », « Billie Eilish : Hit Me Hard And Soft – Tour (3D) »... Nos critiques cinéma de la semaine

Photo de La Tribune Dimanche - Rédaction

Aurélien Cabrol, Marc-Aurèle Garreau

Publié le 06 mai 2026 à 04:00

Découvrez nos critiques cinéma pour la semaine du 4 mai 2026.

Découvrez nos critiques cinéma pour la semaine du 4 mai 2026.

LTD / Indiana Production - Henry Hwu - Prosodie Films - Les Films Du Kiosque

La Tribune Dimanche

N146 ● 19 juillet 2026

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L'incontournable « Top Gun » ressort en salles, la musique mène le tempo du nouveau film de Guillaume Nicloux et plongée en 3D dans la dernière tournée de Billie Eilish, découvrez nos critiques cinéma de la semaine du 4 mai.

Cauchemar aux Canaries (3⭐️/5)

Avec « Mi amor », le très éclectique Guillaume Nicloux signe un film baigné de musique et sublimé par un Benoît Magimel tout en retenue.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Guillaume Nicloux n’est jamais là où on l’attend. Avec 21 films depuis 1990, il a arpenté les terres du polar très noir (Cette femme-là avec Balasko), celles, multiples, des adaptations littéraires (de Diderot à Grangé) et des rencontres au sommet (Huppert et Depardieu dans Valley of Love, Gardin et Houellebecq pour Dans la peau de Blanche Houellebecq), sans oublier Sarah Bernhardt, la divine, il y a deux ans à peine, avec Sandrine Kiberlain dans le rôle-titre. On aura du mal à trouver un univers commun à ces films si différents.

Un lien cependant les unit de façon évidente : l’amour que porte Nicloux à ses acteurs, lesquels bien souvent portent ses films sur leurs épaules, à travers des rôles en forme d’étonnantes performances. Et c’est assurément le cas de ce nouvel opus, Mi amor, qui a pour protagonistes Pom Klementieff, laquelle revient ainsi en Europe après une décennie hollywoodienne consacrée aux productions Marvel notamment, et plus encore Benoît Magimel.

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La première incarne Romy, une DJ invitée par un club aux Canaries et dont l’amie, Chloé, se volatilise mystérieusement. Le second joue le rôle de Vincent, patron du club, qui aide la jeune femme dans son enquête. Techno et disparition, on songe inévitablement à Sirât d’Oliver Laxe, le film à sensations fortes de l’an passé.

Mais Nicloux nous emmène ailleurs, dans l’univers des sectes qui pullulent manifestement sur l’île. Et c’est bien la musique qui mène le tempo du film. Raffinée, omniprésente et incisive, elle a été composée par le percussionniste Sizo Del Givry et par la musicienne et productrice Irène Drésel, première femme sacrée par un césar de la meilleure musique originale en 2023 pour la BO du film d’Éric Gravel À plein temps.

Leur partition façonne un véritable paysage sonore qui colle à la peau des personnages, entre pulsations sourdes, techno tranchante et nappes anxiogènes bigrement efficaces. Au beau milieu de ce déluge sonore, Benoît Magimel confirme la puissance que sa seule présence confère à toute scène. Face au personnage de Romy, nerveuse, instable, agitée et qui ne cesse de bouger, il est comme un bloc de granit, statique, hiératique. On sait qu’il excelle dans ce type de rôles comme il le faisait déjà dans Pacifiction d’Albert Serra. Magimel sauve tout, même un film mineur de Guillaume Nicloux. 

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🎬 Mi amor, de Guillaume Nicloux, avec Pom Klementieff, Benoît Magimel, Astrid Bergès-Frisbey, Freya Mavor. 1 h 55. Sortie le 6 mai.

Top Gun plus jeune que jamais (4⭐️/5)

N’allez pas dire à Tom « Maverick » Cruise que le cinéma est mort. En 2022, alors que les conséquences de la pandémie épuisent l’industrie hollywoodienne et les salles de cinéma, son retour avec Top Gun : Maverick dans la combinaison du légendaire pilote de chasse de l’US Navy, crée l’événement avec un box-office mondial dépassant 1,5 milliard de dollars de recettes et plus de 6,6 millions de spectateurs en France.

Top Gun : Maverick fait l’unanimité aussi bien auprès des critiques et du public, composé des fans historiques du Top Gun originel et d’une jeune génération fascinée par la superstar, que de l’industrie elle-même, Steven Spielberg remerciant personnellement Tom Cruise d’avoir ainsi « sauvé le cinéma ».

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Le premier film, devenu depuis sa sortie en 1986 un monument de la culture populaire, fête ses 40 ans et profite pour l’occasion d’une ressortie exceptionnelle dans les salles françaises du 13 au 19 mai, accompagné de sa prestigieuse suite. Cette double programmation célèbre l’impact culturel et le brio technique de ces films avec la manière : ils seront visibles dans différents formats, du classique à l’Ice Immersive en passant par l’IMAX et la 4DX.

À noter que le Top Gun originel profite pour la première fois de ces technologies de projection. Le retour dans les salles de ce diptyque spectaculaire n’a rien d’une tournée d’adieu : le 16 avril dernier, au CinemaCon de Las Vegas, rassemblement annuel des exploitants de salles au cours duquel les studios annoncent leurs projets, la Paramount a officialisé la production de Top Gun 3 et la présence de l’inaltérable Tom Cruise à la tête de son casting.

🎬 Top Gun et Top Gun : Maverick, de Tony Scott et Joseph Kosinski, avec Tom Cruise. 1 h 49 et 2 h 10. Dans les salles du 13 au 19 mai.

Billie Eilish, les yeux dans les yeux (4⭐️/5)

À l’été 2025, la chanteuse américaine Billie Eilish concluait sa tournée mondiale de concerts Hit me hard and soft : The Tour. À 24 ans seulement, avec déjà dix Grammy Awards remportés ainsi que deux Oscars de la Meilleure chanson originale pour No Time to Die et Barbie, Billie Eilish est une artiste à part.

Logiquement, le film sur sa tournée l’est aussi. Si Billie Eilish : Hit Me Hard And Soft – Tour (3D), réalisé le temps des quatre concerts donnés à Manchester, suit sans surprise le set list de la tournée, alternant morceaux récents et tubes iconiques comme Ocean Eyes et Bad Guy, il se distingue par son usage magistral de la 3D. Une technologie qui n’est pas inédite pour un film-concert, mais qui est ici assurée par son plus grand spécialiste : James Cameron.

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Une fois n’est pas coutume, l’auteur de la saga Avatar co-signe humblement avec Billie Eilish la réalisation de ces deux heures d’extase visuelle et sonore. Ses caméras, légères et dynamiques, passent avec fluidité de la chanteuse à son public ravi et se glissent dans les coulisses pour une immersion totale du spectateur, au plus proche de la chanteuse. La performance technique est remarquable, d’autant plus qu’elle matérialise aussi la volonté de Billie Eilish.

Lorsqu’on quitte la scène où la chanteuse enchaîne ses succès, c’est en effet pour l’entendre dire combien elle souhaite se donner, seule, directement et entièrement, à ses fans. Icône d’une génération adolescente meurtrie par la solitude que la pandémie a engendrée, elle tient à signifier qu’elle est bien là pour eux, en chansons et lumières, mais surtout en chair et en os.

🎬 Billie Eilish : Hit Me Hard And Soft – Tour (3D), de Billie Eilish et James Cameron. 1 h 54. Les 7 et 10 mai en salles.

Révélation touarègue (5⭐️/5)

Écrivain, réalisateur, enfant du Sahara issu d’une illustre tribu nomade du nord du Mali, Intagrist El Ansari a fait ses classes de cinéaste en collaborant, entre autres, avec Yann Arthus-Bertrand. Il vit aujourd’hui en Mauritanie, premier pays d’accueil des Touaregs maliens forcés à l’exil. Sans insister sur l’enchevêtrement des violences à l’origine de cette situation (islamisme, mercenaires de Wagner), son récit documentaire part d’une lettre adressée à son jeune fils.

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Chemin faisant, direction Tombouctou en passant par le camp de Mbera – où il fut lui-même réfugié à l’âge de 14 ans –, El Ansari témoigne d’une histoire mouvementée où il est question de colonisation, de sédentarisation, de sécheresses, de rébellions, de cycles d’exil. Mais aussi de résistance et de culture millénaire, au gré d’interviews qui font de ce film personnel un document unique en plus d’une expérience poétique rare, traversée de paysages grandioses et de présences bouleversantes.

On y rencontre diverses figures touareg inspirées et inspirantes, patriarches, rebelles repentis, griots et musiciens, à l’instar d’Abdallah ag Alhousseïni, membre du groupe blues-rock mondialement reconnu Tinariwen, par ailleurs en tournée cette semaine à Paris (les 8 et 9 mai au Cirque d’Hiver). Essentiel.

🎬 Ressacs – Une histoire touarègue, d’Intagrist El Ansari, 2 heures. Sortie le 6 mai.

Renaissances italiennes (3⭐️/5)

Valerio (Adriano Sereni), avocat de renom écrasé par une tragédie familiale indicible, s’est isolé dans une villa délabrée de la campagne toscane. Taciturne et renfrogné, il doit contre son gré composer avec ses nouveaux voisins, une communauté d’étudiants libertaires menée par la jeune et opiniâtre Matilde (Galatéa Bellugi), venus redonner vie à des vignobles abandonnés.

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Ces prémisses de Cinque Secondi, nouveau film du cinéaste italien Paolo Virzi, tiennent longtemps à distance la terrible réalité de Valerio. Le dévoilement de celle-ci, très progressif et dans une remarquable photographie qui fait la part belle au clair-obscur, arrive alors par les échanges d’abord amers puis plus doux de Valerio avec son amie et associée Giuliana (Valeria Bruni-Tedeschi), et ceux avec Matilde, enceinte et qu’il va prendre sous son aile.

Qu’est-il arrivé exactement à Valerio, et pourquoi se préoccupe-t-il donc autant de Matilde ? Si la narration prend excessivement son temps pour en rendre compte, c’est sans doute que la brutalité et la complexité morale au cœur du drame de Cinque Secondi imposaient patience et recul pour embrasser enfin, lovés à son éblouissant casting, sa déchirante mélancolie.

🎬 Cinque Secondi, de Paolo Virzi, avec Adriano Sereni, Galatéa Bellugi, Valeria Bruni-Tedeschi et Ilaria Spada. 1 h 45. Sortie le 6 mai.

Aurélien Cabrol, Marc-Aurèle Garreau

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