Concerts, expos, films, séries, festivals… Cet été, « La Tribune Dimanche » fait son tour de France culturel. Suivez le guide !
Le réalisateur de « Titanic » se confie à Cannes
James Cameron n'est pas un habitué de Cannes, où il n'a jamais été en compétition. « Je n'y suis venu que quelques fois, et mon meilleur souvenir reste d'avoir traîné avec Quentin Tarantino lorsqu'il avait présenté Reservoir Dogs, en 1992, raconte le septuagénaire qui a fêté ses 71 ans hier. Nous nous étions soûlés et nous avions parlé cinéma. Je suis un homme simple, vous savez... »
Un homme simple qui a cependant à son actif trois des plus gros succès du box-office mondial, Titanic, Avatar et Avatar - La voie de l'eau. À défaut d'y avoir foulé le tapis rouge pour une Palme, le réalisateur fait son entrée dans le Palais des festivals dans le rôle du personnage principal d'une exposition : « L'art de James Cameron », présentée jusqu'à dimanche prochain.
Le Canadien qui a grandi dans une petite ville de l'Ontario a prêté plus de 300 archives personnelles : une maquette grandeur nature du Terminator alias Arnold Schwarzenegger, des études sur la reine alien réalisées pour Aliens -Le retour, des croquis préparatoires d'Abyss... Conçue par la Cinémathèque française à Paris, cette rétrospective voyagera dans la foulée à Istanbul. À Cannes, elle est programmée dans le cadre du musée éphémère du Cinéma, en attendant la création d'un lieu pérenne en 2029 ou 2030. James Cameron succède notamment à Georges Méliès, « une bonne compagnie, il avait lui aussi une sacrée imagination ! » glissait-il ce début de semaine depuis la Nouvelle-Zélande, où il vit.
D'Avatar - De feu et de cendres, dont la bande-annonce a été diffusée en juillet, il n'évoquera que les prémices afin de garder la primeur pour sa sortie mi-décembre. L'une des sections de l'exposition évoque son premier film, Xenogenesis, un court-métrage sorti en 1978. Entre l'exploration du cosmos et les profondeurs marines, celui-ci apparaît comme un laboratoire pour ses œuvres ultérieures.
« Ce vaisseau que j'avais créé, avec une grande torche de feu qui sort au loin, ressurgit finalement dans Avatar 2 », remarque ce maestro des effets spéciaux. La peinture d'une fille à la peau bleue se retrouve, elle aussi, trente ans plus tard transformée en image de cinéma, devenue la célèbre Neytiri d'Avatar. « Mes dessins d'enfant dévoilent un monde imaginaire très prolifique et, rassurez-vous, mon "dream-engine" [moteur à rêves] est loin d'être rouillé ! s'amuse-t-il. Je fais des rêves toutes les nuits, horribles, terrifiants ou si magnifiques que je suis parfois triste de me réveiller. Il arrive que, le matin, mes rêves m'inspirent un croquis ou quelques notes, et cela me ramène à mon adolescence, où ils étaient si puissants. »
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Il arrive que, le matin, mes rêves m'inspirent un croquis ou quelques notes
James Cameron
Au cours de l'exposition, on découvre un dessin, crayonné de sa propre main pour Titanic : le fameux portrait de Rose (Kate Winslet) alanguie et nue, attribué dans le scénario à Jack (Leonardo DiCaprio). « Ce film m'a appris que le public est désireux de ressentir les émotions du personnage à l'écran, indique-t-il, et j'espère avoir gagné assez de maturité comme réalisateur pour les retranscrire. »
Pour cet ancien résident californien qui s'est déclaré d'autant plus heureux de son exil en Nouvelle-Zélande depuis la réélection de Donald Trump, le « superpouvoir » de 2025 est l'empathie. « C'est ce qui nous rend meilleurs, ce qui peut nous sauver, assène ce père de cinq enfants. On peut s'en sortir collectivement, mais pas avec nos prétendus leaders, tous d'énormes déceptions. » Les trois grands défis auxquels l'humanité fait face, selon ce féru de sciences : le dérèglement climatique, la menace nucléaire et l'intelligence artificielle, autant de thèmes pour de futurs story-boards visionnaires... Dans les tuyaux : les quatrième et cinquième volets d'Avatar, pour boucler la saga, et Ghosts of Hiroshima, inspiré de l'histoire vraie d'un Japonais qui a survécu aux deux explosions atomiques.
ℹ️ Jusqu'au 24 août au Palais des festivals, entrée 10 euros. cannes.com
Chappell Roan, retour sur Seine
Pop star tout droit sortie d'un rêve en Technicolor, Chappell Roan débarque enfin en France. Mercredi 20 août, l'Américaine de 27 ans, cheveux rouge flamboyant et regard défiant, se produira à Rock en Seine. On la compare à Stevie Nicks ou Lady Gaga. Elle préfère quant à elle se définir comme « une drag-queen qui sait chanter ». Et quelle voix : puissante, dramatique, capable de passer en trois mesures de la country de Patsy Cline au lyrisme de Kate Bush.
Kayleigh Rose Amstutz, de son vrai nom, a passé près de dix ans à bricoler son succès : reprises sur YouTube, puis contrat chez Atlantic Records, avant d'être lâchée en 2020. De retour chez ses parents dans le Missouri, elle enchaîne les petits boulots le jour et les compos le soir. Doucement, le bouche-à-oreille fait son effet : il faut huit mois pour que son premier album The Rise and Fall of a Midwest Princess s'impose. Les singles Hot to Go !, Pink Pony Club et Good Luck, Babe ! installent Chappell Roan en nouvelle reine pop. La petite tournée européenne telle que prévue (Roan devait se produire au Bataclan en septembre dernier) est annulée au profit de gros festivals américains.
Propulsée tête d'affiche, elle transforme les stades en carnavals pop avec son univers grandiloquent de sirène glam rock. TikTok s'en délecte : chaque performance devient virale et hisse cette « princesse du Midwest » au rang de modèle. Alors qu'elle vient de sortir The Subway, ballade déjà adoptée comme cri de ralliement queer, Chappell Roan fera à Rock en Seine ses grands débuts français. Le public y découvrira enfin le phénomène... pardon, le « femininomenon », du nom d'un autre de ses tubes. Et pour parfaire la fête, au programme de cette année, la rappeuse Doechii et la crooneuse à la voix de miel Jorja Smith viendront faire grimper un peu plus la température.
ℹ️ Rock en Seine se tiendra du 20 au 24 août au parc de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).