Une atmosphère ouatée, des serveurs tirés à quatre épingles et un café à 14,50 euros (à ce prix-là, il est allongé). C’est dans un palace so chic niché à quelques encablures de la place Vendôme que Philippine Leroy-Beaulieu nous a donné rendez-vous pour lui tirer le portrait. Un décor « digne d’un épisode d’Emily in Paris », plaisante-t-on avec la comédienne, qui sera au -casting de la cinquième saison de la série phénomène, disponible jeudi sur Netflix.
Toujours dans les habits de Sylvie Grateau, l’implacable patronne d’Emily Cooper (Lily Collins), jeune Américaine fraîchement débarquée à Paris. C’est peu dire que ce personnage d’Anna Wintour à la française dont le public raffole a donné un second souffle à sa carrière, démarrée en trombe au cœur des années 1980. « Le succès est venu trop vite, glisse Philippine Leroy-Beaulieu. J’avais seulement 23 ans quand j’ai été nommée en 1986 pour le césar du meilleur espoir féminin dans Trois Hommes et un couffin. J’étais une gamine, pas du tout structurée. »
Dans la foulée, la jeune femme tourne avec les plus grands, comme le réalisateur polonais Andrzej Wajda. Sur les planches, elle donne la réplique à Michel Serrault dans une version de L’Avare mise en scène par Roger Planchon. N’en jetez plus. Mais dans les années 1990, sa carrière s’étiole. « Puis le désert, la forêt, esquisse-t-elle. Je n’ai pas su creuser mon trou dans ce milieu. J’ai failli fermer boutique. »