La série « Les Saisons » sur Arte.tv, le podcast « Mon école, mes profs et moi », la vidéo « J’ai infiltré l’algorithme de PørnHub » sur YouTube : découvrez notre sélection médias de la semaine du 1er décembre 2025.
Les quatre saisons de Nicolas Maury (4⭐/5)
« Les Saisons » (4 × 52 min.), série cocréée par Hélène Duchateau et réalisée par Nicolas Maury. Sur la plateforme Arte.tv à partir de jeudi. Sur l’antenne d’Arte le 18 décembre à 20h55. (Crédits : LTD/Windy Production)
Le comédien à fleur de peau signe sa première série pour Arte, « Les Saisons », mettant en scène un triangle amoureux sur plusieurs décennies.
Ce lundi après-midi, au téléphone, il se confond en excuses pour ses cinq minutes – à peine – de retard. On a connu pire impolitesse, s’apprête-t-on à lui répondre. Pas le temps, Nicolas Maury embraie, de sa voix chétive : « Je suis tout chamboulé. Car ce soir a lieu l’avant-première de ma série au Louxor [un cinéma du 18e arrondissement]. Ma famille est montée à Paris du Limousin, c’est comme une journée de mariage, pour moi. »
Cette série dont il nous parle avec tant d’émotion, c’est Les Saisons, à découvrir dès jeudi sur la plateforme Arte.tv, avant sa diffusion à l’antenne la semaine suivante. Sa première réalisation télé, après un passage derrière la caméra pour le film – partiellement autobiographique – Garçon chiffon, sorti en salles en 2020. « Les Saisons raconte un chassé-croisé amoureux entre Camille [Stéphane Caillard], Alexandre [Lucas Bravo] et Martin [Abraham Wapler], qui se sont rencontrés un été aux Sables d’Olonne lorsqu’ils étaient adolescents, résume Nicolas Maury. Camille va devoir choisir entre les deux hommes, ou ne pas choisir, et devenir romancière de sa vie. »
La particularité – et la grande réussite – de cette série est de s’étendre sur trente ans, avec une décennie d’ellipse séparant chaque fois les quatre épisodes, qui correspondent à une saison. Libre à l’imagination du spectateur de combler le vide entre ces « retrouvailles » dont le centre de gravité est la vieille maison de famille vendéenne. Une flânerie contemplative à l’image de son réalisateur : poétique, intense – les non-dits s’accumulent au fil des années – et sensible.
« Chaque épisode se déroule sur une unité de temps très courte, explique Nicolas Maury, qui interprète également à l’écran le père de Camille. J’ai tenu à glisser des références à l’actualité dans chacun d’entre eux : la guerre du Golfe dans le premier, le World Trade Center dans le deuxième, la tempête Xynthia dans le troisième. Le dernier, qui se déroule en 2022, reflète quant à lui la société contemporaine post-Covid. »
Lorsque vous évoquez avec Nicolas Maury sa casquette de réalisateur, ne lui parlez surtout pas de « direction d’acteurs ». Donner des ordres, ce n’est pas franchement son truc : « Je me vois davantage comme un documentariste animalier qui prendrait une barque la nuit pour s’approcher doucement d’oiseaux migrateurs très sauvages. Pour faire le film, j’ai besoin qu’ils ne s’envolent pas, donc je leur explique que le tournage ne sera pas un lieu hostile pour eux. Un acteur donne beaucoup plus dans l’abandon que dans le contrôle ou la peur, je suis bien placé pour le savoir. »
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Après la diffusion de cette série, Nicolas Maury continuera de déployer ses ailes à 360 degrés : la réalisation d’un nouveau long-métrage, l’enregistrement d’un deuxième album de chansons – après La Porcelaine de Limoges, sorti en 2023 – la fin de la tournée de Phèdre au théâtre, mis en scène par Muriel Mayette-Holtz, mais également la sortie en 2026 sur Netflix du film Dix pour cent. « On a terminé le tournage jeudi dernier, raconte l’acteur. Ces retrouvailles étaient bouleversantes. J’avais peur qu’Hervé, mon personnage, se soit évaporé dans la nature et que je peine à le reconvoquer. Eh bien non, comme dans le spiritisme, il est revenu et on s’est retrouvés avec beaucoup d’amour. »
Au tableau ! (4⭐/5)
« Mon école, mes profs et moi », podcast disponible sur le site et l’application de RMC (propriété, comme La Tribune Dimanche, de CMA Média). (Crédits : LTD/RMC)
Comment ça, Sandrine Rousseau n’a eu que 6 au bac philo ? Dans le podcast « Mon école, mes profs et moi », des personnalités se replongent chaque semaine dans leurs souvenirs de classe. Un voyage scolaire vivifiant d’une trentaine de minutes animé par la journaliste de RMC Bérengère Bocquillon.
« Mes invités se livrent sur les professeurs qui les ont le plus marqués, explique-t-elle. C’est pour moi le métier le plus courageux du monde, et pourtant l’un des moins considérés. Je les fais parler également de leurs parents et de la façon dont ils se sont impliqués dans leur scolarité, des punitions, des récrés ou des amitiés qui se sont nouées à cette époque. »
Le ministre de l’éducation nationale Édouard Geffray, Yves Camdeborde ou encore Vincent Moscato se sont déjà prêtés à son « interro ». « Les cancres sont les meilleurs clients, avoue-t-elle. Mon rêve est de recevoir Fabrice Luchini. » L’appel est lancé.
Charlie Danger, exploratrice 2.0
Charlie Danger dans « J’ai infiltré l’algorithme de PørnHub », vidéo mise en ligne le 9 novembre. Mise en ligne le 9 nov. 2025 (Crédits : LTD/Capture d'écran Les Revues du Monde/Youtube)
Sa chaîne « Les revues du monde » affole les compteurs sur YouTube, avec plus de 1 million d’abonnés. Des vidéos dans lesquelles Charlie Danger joue les vulgarisatrices en matière d’histoire, d’archéologie, d’anthropologie ou encore de sciences. Le spectre est très large, on vous le concède, mais le résultat décapant. Au menu : des longs formats où la jeune femme de 29 ans répond face caméra à des questions existentielles : « Qui a créé notre univers (et pourquoi ?) », « Pourquoi toutes les civilisations finissent par s’effondrer ? » ou encore « Pourquoi vous ne vous trouvez pas assez joli(e) ».
Une curiosité que cette autodidacte – elle a très vite arrêté ses études d’histoire de l’art et d’archéologie – a héritée de ses parents, antiquaires de profession. Dans sa dernière vidéo, baptisée « J’ai infiltré l’algorithme de PørnHub », elle nous propose une enquête très documentée, réalisée main dans la main avec le CNRS - sur l’industrie du porno, et en particulier la plateforme PornHub. Passionnant.