Un solo de trompette s’échappe de son téléphone, celui du générique de Sacrée Soirée. Le maestro du direct décroche : « C’est ma fille, pardon ! » En trois notes et un sourire, tout le personnage est résumé : tendre et authentique. À 78 ans, le Marseillais n’a rien perdu de sa légèreté. Malgré deux arrêts cardiaques en avril 2023, Jean-Pierre n’a pas encore dit son dernier mot (oui, elle est facile…).
Aux côtés d’Évelyne, sa compagne depuis quarante-deux ans, il savoure une vie douce près de Marseille, à Carry-le-Rouet. Après bientôt soixante ans de radio et de télé, il cultive une certaine idée du bonheur : présenter Miss France et le Loto sur TF1… tout en sachant que les projecteurs ne resteront pas allumés pour toujours. Longtemps, sa mèche a flotté sous le souffle complice de son ventilateur de plateau. Désormais, elle se laisse porter par la brise de la Méditerranée. On ne touche pas à Jean-Pierre Foucault !
LA TRIBUNE DIMANCHE — Ce sera votre 31e cérémonie Miss France. Vous y tenez vraiment !
JEAN-PIERRE FOUCAULT — J’y tiens, oui. C’est le programme le plus décrié et le plus regardé ! Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que ceux qui le critiquent sont souvent ceux qui ne le regardent pas, ou du moins qui prétendent ne pas le regarder. Cela fait dix ans que, à chaque édition, certains de vos confrères annoncent que c’est ma dernière ! C’est archi-faux, on ne m’a jamais rien demandé. J’ai 80 moins deux ans. Tant que je peux monter et surtout descendre les grands escaliers du plateau, ça va ! Je sais qu’arrivera le jour où TF1 me dira : « Merci Jean-Pierre, mais on en reste là. »