« Makbeth » et Manu Lanvin : un concentré de vitalité sur scène

À gauche, Louis Arene (Makbeth) et Lionel Lingelser (Lady Makbeth), et à droite, Manu Lanvin.
LTD/Fabrice Robin/Eric Martin

À gauche, Louis Arene (Makbeth) et Lionel Lingelser (Lady Makbeth), et à droite, Manu Lanvin.
LTD/Fabrice Robin/Eric Martin
Ce sera donc Makbeth, écrit avec un k pour rappeler les détours kafkaïens ayant toujours inspiré le Munstrum Théâtre, ruades punk et pirouettes kitsch à la clé. Depuis Le Chien, la nuit et le couteau, d’après Marius von Mayenburg, découvert à Avignon en 2017 avec ses personnages monstrueusement défigurés par des masques à même la peau, jusqu’aux réjouissants 40° sous zéro d’après Copi et Le Mariage forcé d’après Molière, deux pépites de drôlerie et d’étrangeté, Louis Arène et ses compagnons ne cessent de surprendre et joliment battre le rappel.
Glaçants, hilarants, extravagants, poétiques, leurs spectacles bien ficelés, habités par la folie du jeu et du masque, déroutent à souhait et divaguent de bon cœur. Conjuguant le rire et l’effroi sans renier la fantaisie, le Munstrum Théâtre se devait, un jour ou l’autre, d’en passer par Shakespeare et sa pièce la plus maudite : Macbeth. Ici réduit à l’essentiel par Lucas Samain (traduction et adaptation), ce récit de guerre imbibé de folie contagieuse et de paranoïa funeste ne paraît pas tant verbeux que sulfureux.
Transposé sur scène tambour battant à la façon d’une farce guerrière et féroce où l’action mène le bal, cet enfer conté devient, contre toute attente, explosion de joie. La fable de Macbeth trouve, ici, l’avantage d’être parfaitement limpide, accessible, souvent comique avec ses acrobaties bouffonnes et sa Lady Macbeth queer sur les bords (Lionel Lingelser).
« La joie, plaide Louis Arène, c’est notre fer de lance. Pour nous, elle est ce qu’il y a de plus politique aujourd’hui. Nous voulons convoquer cette vitalité, cette flamme, transmettre cette force primordiale dans la génération qui nous suit malgré le monde qui s’effondre et qui, par cet effondrement, comme un vampire, cherche à aspirer notre vitalité. »
ℹ️ Makbeth, du 20 novembre au 13 décembre au théâtre du Rond-Point. Complet
Fils de l’acteur Gérard Lanvin et de l’ex-star du disco Jennifer, Manu Lanvin trace depuis vingt ans sa route, loin des paillettes et des compromis. Chanteur, guitariste, auteur-compositeur, il s’est imposé comme l’une des figures majeures du blues-rock français. Son nouvel album, Man on a Mission, salué par la critique spécialisée, vient confirmer ce statut : il s’est hissé à la 14e place des ventes mondiales d’albums blues, une performance rare pour un artiste francophone.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

À lire également
Le 21 novembre, il se produira au Bataclan, un lieu qu’il a choisi en toute conscience. « J’avais envie de faire vivre la musique là où elle a été blessée », confie-t-il. Un acte fort, presque militant, dans une époque où l’on préfère souvent la prudence à la passion. Avec sa voix éraillée, ses riffs brûlants et son énergie brute, Manu Lanvin reste fidèle à sa mission : faire vibrer les guitares et les cœurs, défendre le blues comme une langue vivante et universelle.
ℹ️ Manu Lanvin & The Devil Blues, au Bataclan, le 21 novembre, puis en tournée dans toute la France.