Créée en 1850, au cœur de la Grasse industrielle du XIXe siècle, l’entreprise est devenue, en étant parfois à contre-courant, numéro un mondial des ingrédients naturels.Grasse, ville escarpée qui s'étend au nord de Cannes, semble avoir été construite pour protéger ceux qui lui ont donné une aura internationale : les parfumeurs. Car le secteur, extrêmement dynamique si l’on considère ne serait-ce que les derniers chiffres du commerce extérieur, cultive la discrétion autant qu’il cultive les plantes à parfums.
Lorsque la filière s’industrialise, au firmament des années 1800, certaines petites entreprises profitent de l’émergence d’une demande, venue notamment de la capitale, pour se faire une place. Robertet est de celles-ci. En 1875, elle s’appelle encore « À la confiance », et c’est une entreprise artisanale qui traite des fleurs et plantes provençales grâce à l’expertise du jeune parfumeur-distilleur Jean-Baptiste Maubert, lorsque Paul Robertet en fait l’acquisition. Le virage industriel qu’il lui fera prendre sera décisif.
175 ans et quatre générations plus tard, la petite entreprise familiale s’est mue en grand groupe, emploie 2.500 personnes dans le monde, dont 1.000 à Grasse, et génère 807 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pour durer dans un secteur aussi disputé que les parfums et les arômes, il faut, évidemment, – sans jeu de mots – avoir du nez, de l’intuition et de la créativité. Et nourrir ses spécificités.
Ainsi, Robertet est la seule entreprise, aujourd’hui, à intégrer entièrement l’ensemble de la chaîne de valeur, des matières premières jusqu’au parfum – ou arôme – final. Mais c’est surtout son parti pris du naturel qui la distingue. Pourtant, il y a bien eu des périodes de l’Histoire où le naturel n’était pas à la mode… Depuis quelques années, en revanche, la demande est indiscutablement là et contribue à renforcer le groupe qui, lui, n’a jamais changé de vision.